Figure libre et infatigable du punk français, Les Wampas reviennent avec un quinzième album enregistré en live, fidèle à leur énergie brute. Didier Wampas y cultive l’urgence, l’absurde et la proximité avec le public, sans jamais céder aux modes ni à la perfection studio.
Didier, l’album s’ouvre sur le cri “Où va nous ?”. Entre l’actualité brûlante et ce riff de basse “crado”, as-tu l’impression que ton rôle de punk ouvrier est plus nécessaire aujourd’hui qu’en 1986 ?
Je pense que tout le monde est nécessaire à la société et au monde dans lequel on vit. Chacun fait bien ce qu’il a à faire et c’est comme cela que notre société avance. Je ne pense pas être plus ou moins nécessaire, mais nous sommes content d’être là et de faire ce que nous pouvons et faire ce que nous aimons évidemment !
Vous avez choisi d’enregistrer ce disque en live. Est-ce parce que la “perfection studio” est l’ennemie mortelle de l’énergie Wampas, ou est-ce par pure urgence de cracher ces nouveaux morceaux ?
Sur les 15 albums, il y en a au moins 13 que nous avons enregistrés de cette façon, donc ce n’est pas nouveau. Nous ne faisons pas toujours en one shot, parfois il y en a deux ou trois, ça permet de garder l’énergie.
Ta voix est “placée au premier plan, guidant les opérations avec autorité”. Avec le temps, est-ce que tu te vois plus comme un général qui part à la guerre ou comme un guide spirituel pour les anarchistes intermittents ?
Ni l’un, ni l’autre, je ne suis qu’un petit punk ouvrier qui fait ses petites chansons. Je n’ai pas d’autres ambitions. Je ne me considère pas comme le roi du punk, c’est Laurent des Bérus, le roi du punk.
On trouve des titres comme “Aline à Reykjavik” ou “Kenavo my love”. Le voyage et l’absurde restent-ils tes meilleures armes pour ne pas céder à la morosité ambiante ?
Peut-être ? J’essaye simplement d’écrire de bonnes chansons. “Kenavo my love” fait référence à mes racines bretonnes. L’Islande, on m’avait demandé de faire une maquette de la chanson “Aline” de Christophe, pour un disque de reprises. J’avais oublié et à l’époque j’étais dans un hôtel à Reykjavik, donc j’ai fait un peu à l’arrache.
Le morceau “Ne cherchez pas dans les guitares” semble être une mise en garde. Si le rock n’est plus dans les instruments, où se cache-t-il aujourd’hui ? Dans les tripes ? Dans l’attitude ?
Il ne faut pas chercher plus loin le rock que dans les guitares. Ce n’est pas là que nous trouvons toutes les réponses et les solutions. Ce n’est pas en écoutant Motörhead, que vous trouverez toute l’explication à l’essence de la vie.
“Pipi au lit”, “Gaëtane”, “Jean-Luc”… Tes chansons sont souvent des portraits ou des tranches de vie très directes. Comment choisis-tu tes cibles ou tes héros en 2026 ?
Je ne les choisis pas, ça vient tout seul. Je chante sur mes envies. Jean-Luc c’était mon ami, j’ai eu envie de lui rendre hommage. “Pipi au lit”, c’est une histoire vraie.
Après 15 albums, tu chantes encore “À la guerre comme à la guerre !”. Qu’est-ce qui te met encore les nerfs au point de vouloir renverser les barrières de sécurité à chaque concert ?
Qu’est-ce que je déteste les barrières de sécurité. Plus ça va, plus elles sont loin et nous éloignent du public, notamment dans les festivals et c’est rageant. Le public a besoin de cette proximité, donc je descends voir le public dans la fosse.
Tu es le leader incontesté du punk yéyé. Avec le recul, est-ce que tu penses que c’est ce mélange d’insolence et de mélodie qui a permis aux Wampas de survivre à toutes les modes ?
Les Wampas n’ont jamais voulu arrêter. Nous nous en foutons des modes et nous faisons sincèrement notre musique.
Dans cet album, tu “ordonnes le pogo”. Est-ce que tu ressens toujours cette même connexion physique avec le public, ou est-ce que le rapport a changé avec les nouvelles générations ?
J’essaye en tout cas. J’ai besoin d’être au contact du public. Le public se renouvelle mais c’est toujours la même énergie.
L’album se termine sur “Jean-Luc”. Sans nous dire qui il est, est-ce qu’il représente cette lueur d’espoir ou une énième figure du chaos que tu affectionnes tant ?
Jean-Luc Le Ténia, c’est pour moi, le meilleur chanteur français du monde et de tous les temps. Allez écouter ! Il sortait une cassette par mois ou par semaine.
Céline Dehédin
Le 18/03/2026 à Paloma – Nîmes (30) et le 19/03/2026 au Sonambule – Gignac (34).
📸 Les Wampas par Mathieu Ezan
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