JIM BAUER

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Après avoir collaboré avec de nombreux artistes comme Florent Pagny, Slimane ou encore Barbara Pravi, Jim Bauer participe à la saison 10 de l’émission The Voice en 2021. A l’occasion de la sortie de son 1er album « BB98 », nous avons échangé avec lui sur les différentes phases de créations qui l’ont mené à créer cet opus.

Pour commencer, peux-tu nous parler de la pochette de l’album et de son titre « BB98 » ?

Alors je vais commencer par le titre « BB98 » c’est un peu un hommage à l’année 98 qui est une année qui réunit beaucoup d’éléments de pop culture qui me touchent. Comme Pokémon, Final Fantasy, les Daft Punk … Alors tout ne vient pas exactement de l’année 98, mais c’était un peu un point de rassemblement. Et en fait, en écrivant cet album, je me suis un peu reconnecté à toutes ces valeurs-là, les jeux vidéo de l’époque, la musique de l’époque, le rock britannique de l’époque. 

Ce sont ces éléments que j’ai mis dans la pochette, tout ce qui est par terre autour de moi sont des objets personnels et authentiques. C’est assez simple comme pochette au final mais ça me ressemble. 

Si tu devais décrire en quelques mots l’histoire de « BB98 » pour nos lecteurs, que leur dirais-tu ?

C’est une grande introspection, c’est comme si j’avais écrit sur moi-même, avec une nouvelle rencontre sur moi-même. J’évoque beaucoup ma fragilité dans cet album, j’avais envie d’être dans une démarche un peu à l’envers de ce que l’on peut voir aujourd’hui. Moi, j’avais envie d’être très humain et de plutôt raconter mes failles. Juste pour en faire quelque chose d’imparfait, mais un imparfait qui est important et sincère. 

Quel est ton meilleur souvenir lors de la création de « BB98 » ?

Je pense que c’est le moment où j’ai vu le soleil se lever dans le Sahara. Quand j’ai commencé à écrire l’album, je suis parti voyager dans tout un tas de pays. J’avais besoin d’être seul et de me reconnecter un peu à ce que j’étais une fois qu’il n’y avait plus toutes les fioritures de Paris, etc. Et un jour je me suis levé tout seul au Sahara pour aller dans les dunes, regarder le soleil se lever. C’est un beau souvenir pour moi parce que c’est quelque chose qui m’appartient un peu, mais quand j’étais petit, je priais « Horus » qui est un dieu égyptien. Et en voyant le soleil se lever, je comprenais pourquoi les Égyptiens considéraient le soleil comme un dieu et j’avais l’impression de rencontrer le dieu que je priais enfant. Cela a été fort pour moi. 

Justement en parlant de votre enfance, « I was child » évoque le fait de grandir trop vite, ton premier EP « The Misfit Boy » était un court-métrage sur la jeunesse et l’excès. Ton second EP « Naissance » était lui accès sur la génération 2.0. Est-ce que le temps, c’est quelque chose qui te fait peur ?

Non pas trop. Je pense que c’est juste qu’il faut vivre l’instant présent. Et un enfant qui grandit trop vite, c’est un enfant qui ne vit pas au présent. Et en fait moi, c’est quelque chose que j’ai dû apprendre à faire « vivre dans le présent ». Et j’ai appris beaucoup grâce aux voyages et en Thaïlande par exemple,  c’est qu’être heureux, c’est un peu un art, un sport, on peut passer sa vie à avoir tout ce que l’on veut et ne pas être heureux et inversement. Je pense que personnellement, j’ai passé beaucoup de temps à vivre dans le passé et dans le futur, mais pas assez dans le présent. Et donc cette chanson parle du fait que je n’étais pas beaucoup dans le présent. J’étais soi dans le futur ou dans l’imaginaire. 

Quelles ont été tes inspirations artistiques ?

J’ai quand même pas mal pris du rock alternatif des années 90 comme Radiohead, Coldplay, Jeff Buckley, Nirvana… Je suis revenu à un style musical avec lequel je suis très confortable. Je pense qu’il était temps, dans mon parcours, de faire un vrai album comme celui-ci. 

« Reverse » est le seul morceau de l’album en featuring. Comment s’est passée ta rencontre avec Craig Walker ?

Nous nous sommes vu dans un événement en hommage au chanteur Christophe. J’avais été invité à chanter « Aline » et lui « Les mots bleus » en version anglaise. Craig Walker pour moi, c’est un peu comme si je rencontrais Thom Yorke ou Jeff Buckley. C’est le chanteur d’un de mes groupes préférés de mon adolescence. Nous avons discuté pendant des heures avant de faire le concert et comme je me suis construit pas mal musicalement à travers lui, forcément il y a une part de lui qui se reconnaît un peu dans ce que je fais. C’est pour ça que ça a été assez naturel lorsqu’on a travaillé ensemble après. 

Tu abordes le thème de l’amour sous différentes formes, dans « Madrid », c’est l’attirance entre deux êtres, dans « le sentiment de verre » la question existentielle d’aimer et d’être aimé en retour ou encore dans « Je ne ferais rien » la peur de draguer. Pourquoi développer ce thème en particulier ?

En fait faut comprendre pourquoi je suis parti pour faire cet album. En réalité, je n’en pouvais plus de l’ambiance parisienne, je me sentais un peu oppressé par les différentes tendances, la mode, les réseaux sociaux, etc. Je suis donc parti en pensant que j’allais trouver de l’inspiration ailleurs par ce que j’allais voir et finalement ce qui m’a vraiment inspiré, c’est ma solitude. J’ai surtout écrit sur ce que je ressentais, sur le fait d’être seul et de me rencontrer à nouveau. Je me suis rendu compte que le monde avait beaucoup évolué, mais pas moi. J’étais toujours la même personne, super timide, un peu sensible, vite admiratif d’une rencontre. C’était intéressant de voir que j’avais toujours un peu tendance à imaginer beaucoup dans ma tête, comme quand j’étais enfant. Je n’écris pas sur le réel. Je pars du réel pour aller vers de l’imaginaire et quand j’interprète, je pars de l’imaginaire pour aller vers le réel. Je mélange les histoires, même les fantasmes. Toutes ces parts de moi qui sont dans les chansons d’amour en l’occurrence, ce sont diverses façons que j’ai d’aborder l’amour. Et, je trouvais ça intéressant parce que dans cet album, il y a beaucoup de travail sur le fait de mettre en avant la sensibilité masculine, qui est souvent noyée dans la société.  C’était bien de pouvoir faire une chanson sur le fait d’être trop timide pour aborder une fille ou sur le fait d’être le plan cul d’une fille. Ou encore être en attente qu’une relation se concrétise etc. 

Tu te produiras bientôt à la Boule Noire à Paris, peux-tu nous dire à quoi ton public doit-il s’attendre ?

On a pris un parti-pris en live qui est assez rare aujourd’hui, car on monte sur scène avec trois musiciens sans ordinateur. On mise tout sur l’humanité. Chaque concert sera unique, on ne sait pas si les morceaux durent trois ou quinze minutes. Ce n’est jamais le même concert et c’est ce qu’on aime.  

Clara De Smet 

facebook.com/jimbauerofficial

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