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ZUCCHERO

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Des racines de l’Émilie-Romagne aux projecteurs des stades mondiaux, Zucchero a sculpté un blues transalpin sans frontières. Entre soul organique, gospel méditerranéen et duos de légende, le Maestro a imposé son groove rauque au panthéon du rock. En 2026, porté par le souffle d’« Overdose d’Amore », cet éternel pionnier de 70 ans prouve qu’il reste le trait d’union vital entre l’âme de l’Italie et l’énergie universelle du blues.

Des racines blues dans la Toscane ouvrière

Adelmo Fornaciari, dit Zucchero (« sucre » en dialecte émilien), voit le jour le 25/09/1955 à Roncocesi, un hameau de Reggiolo en Emilie-Romagne, au sein d’une famille de paysans et d’ouvriers du tabac. Cinquième d’une fratrie de six, il grandit entre les champs de tabac et les usines, bercé par les 45 tours de blues américain que son frère passe en boucle : B.B. King, Otis Redding, Aretha Franklin, mais aussi Elvis et les Beatles, qui forgent son oreille précoce. Dès l’adolescence, il s’échappe dans la musique : harmonica en poche, il chante dans les églises et les fêtes locales, influencé par le gospel et le rhythm’n’blues qui irriguent déjà son timbre rauque et expressif. Études de vétérinaire abandonnées, il monte ses premiers groupes en Toscane – Le Nuove Luci, Sugar & Daniels, Sugar & Candies –, mélangeant R&B, funk et rock, et remporte un premier prix à Castrocaro en 1981 avec la chanson « Dame amore ». Ces années de forgeage, loin des projecteurs, posent les bases d’un blues italien teinté de soul méditerranéenne, qui le distinguera bientôt dans un pays dominé par la pop italophone.

Premiers albums et percée nationale

En 1983, Zucchero lance sa carrière solo avec « Un po’ di Zucchero », un disque blues-rock produit par son frère Polo, qui passe inaperçu mais révèle un chanteur charismatique. L’année suivante, il file à San Francisco, rencontre le producteur Corrado Rustici et le bassiste Randy Jackson (futur juré d’American Idol), pour un second opus « Zucchero & Randy Jackson Band » qui cartonne en Italie avec des titres comme « Donne » et « Forever Blues ». De retour, 1987 marque le tournant : « Blue’s », album blues-soul certifié platine x9 en Italie, s’écoule à 1,5 million d’exemplaires, porté par « Blue », reprise bluesy qui le propulse sur scène avec Joe Cocker, son idole. La révélation européenne arrive en 1989 avec « Oro Incenso & Birra » (8 millions de ventes mondiales), hymne rock-blues à la bière et à la vie, et « Diavolo in me », tube inspiré de Cocker qui le fait exploser au festival de Sanremo. Ces succès posent Zucchero comme le roi du blues italien, capable de chanter en dialecte ou en anglais avec une voix rocailleuse, reconnaissable entre mille.

« Senza una donna » et la gloire mondiale

1991 : « Senza una donna », du duo avec Paul Young, devient un méga-hit mondial (5 millions de ventes), propulsant Zucchero dans les charts anglais, français et allemands, et lui ouvrant les portes de Wembley avec un show devant 75 000 fans. L’album « Miserere » (1992) confirme : ballade gospel avec Luciano Pavarotti, blues rock et soul, certifié diamant en Italie, il enchaîne les collaborations – Sting, Miles Davis, Eric Clapton – et les tournées planétaires. « Spirito nel buio » et « Terra promessa » dominent les ondes, tandis que « Spirito Santo » (1993) explore le gospel avec un chœur de 100 voix, renforçant son image de crooner blues transgénérationnel. Ces années 90, avec 20 millions d’albums vendus, font de Zucchero l’Italien le plus exporté depuis Pavarotti, un bluesman capable de remplir l’Olympia ou le Royal Albert Hall.

Les hauts de « Fly » et les bas des années 2000

Le sommet commercial arrive avec « Fly » (2006), 2 millions de ventes, diamant en Italie, porté par « Occhi », tube pop-rock estival, et des duos avec Van Morrison et John Fogerty. Mais les années 2000 sont contrastées : « Zu & Co » (2004), album de duos (Pavarotti, Macy Gray, Sting), cartonne mais est critiqué pour son format commercial ; « Chocabeck » (2010) et « La Sesión Cubana » (2012), imprégnés de blues cubain, reçoivent des éloges mais peinent à égaler les sommets des 90’s, avec des ventes en baisse malgré des platinums italiens. Échecs relatifs comme « Black Cat » (2016), jugé trop américain, ou les critiques sur une voix parfois éraillée par l’âge, n’entament pas sa popularité live : Zucchero remplit toujours les stades, fidèle à un blues personnel qui refuse les modes.

Discographie : blues, soul et expérimentations

Zucchero compte 17 albums studio, du blues pur (« Blue’s », « Oro Incenso & Birra ») à des virages pop-gospel (« Miserere », « Fly »), en passant par des hommages cubains (« La Sesión Cubana ») et africains (« Discover » en 2001, disque pour l’ONU). Hits indémodables : « Baila (Sexy Thing) », « X Colpa di chi », « Everybody’s Got to Learn Sometime », et des best-of comme « The Best of » (1997, 5 millions). Collaborations mythiques avec Eros Ramazzotti, Laura Pausini, U2, et son rôle de producteur pour des jeunes talents italiens complètent un catalogue éclectique, certifié 60 millions de ventes mondiales. Des live albums comme « Live at the Royal Albert Hall » (2008) capturent son énergie scénique, tandis que « D.O.C. » (2019) et « Discover » revisitent ses racines avec maturité. Chaque disque porte sa marque : une voix rauque qui transcende les genres, mêlant dialecte toscan, anglais bluesy et italien lyrique, pour un univers où le blues reste ancré dans la terre italienne tout en conquérant le monde.

Engagements humanitaires et causes chères

Engagé depuis les années 90, Zucchero soutient Amnesty International, Greenpeace et l’ONU contre la faim, avec des concerts caritatifs comme « Pavarotti & Friends » pour les enfants du Guatemala. Ambassadeur FAO, il reverse des royalties d’albums à l’aide alimentaire, et se mobilise pour les réfugiés et l’environnement, chantant « Voci for Bosnia » en 1994. En Italie, il défend les migrants et la paix, avec des lives pour la Croix-Rouge et des messages anti-guerre en Ukraine en 2022. Au-delà de la musique : producteur, auteur, humaniste Zucchero produit pour Eros Ramazzotti et Vanessa Carlton, écrit pour les films (« Il Postino »), et joue dans des séries TV italiennes. Passionné de moto et de foot, il possède une ferme bio en Toscane et défend l’agriculture durable. Écrivain, il publie « Il Suono della Solitudine » (2006), recueil de poèmes blues.

« Overdose d’Amore » et tournée triomphale

La tournée « Overdose d’Amore », démarrée en 2024, marque un retour aux sources blues-soul, avec des ballades italiennes. Zucchero y déploie une setlist généreuse : « Senza una donna », « Baila », « Miserere », revisités, alternant intimité acoustique et explosions rock. Critiques unanimes saluent une voix intacte et une présence magnétique, tandis que des dates en Europe de l’Est et Amérique Latine prolongent cette odyssée scénique. À 70 ans, Zucchero, voix éternelle du blues italien, continue de conquérir, fidèle à son surnom sucré, prouvant que son « overdose d’amour » est loin d’être finie.

Maxime Martinez

Le 23/06/2026 au Palais Nikaïa – Nice (06) et le 24/06/2026 à l’Aréna du Pays-d’Aix – Aix-en-Provence (13).

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Site officiel de l’artiste : zucchero.it

📸 Zucchero par Daniele Barraco.

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