GOJIRA

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D’un petit village au bord de l’océan, jusqu’à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris, Gojira est le premier groupe à hisser le métal à un tel niveau. Depuis leurs débuts en 1996, les landais n’ont eu de cesse à force de travail et de talent de repousser les limites du genre.

Des Landes au JO de Paris

Il n’aurait jamais osé en rêver, encore moins à ses débuts dans le sud-ouest de la France. Premier groupe de métal, de death métal même, bon progressif ok, mais death quand même, à faire l’ouverture des JO. Consécration pour bon nombre d’artistes, faire l’ouverture d’un évènement mondial aussi important, est un privilège. Même si sans aucun doute pas d’objectif de carrière de Gojira, c’est bien devant 5 milliards de téléspectateurs, record historique, qu’il a déroulé ses titres, inédits à l’époque,  » Ah ça ira !  » en duo avec la cantatrice lyrique franco-suisse Marina Viotti. Personne n’a pu échapper à cette prestation hors norme sur la façade de la conciergerie de Paris. Grandiose ! Des gros riffs, de la double grosse caisse, des flammes, tous les codes du métal étaient là. Et les voilà révélés au monde entier avec une prestation fidèle aux racines du groupe, sacré par un Grammy Award en 2025. Gojira a marqué les esprits et son nom résonne désormais bien au-delà des frontières du métal.

De Orion à Godzilla

Mario et Joe Duplantier, deux frères originaires d’Ondres dans les Landes, près de Bayonne, découvrent le métal à l’adolescence pendant la première moitié des années 90. En avril 2021, lors d’une interview pour l’émission « Boomerang » sur France Inter, le cadet de la fratrie, Mario, déclare : « J’ai vécu un véritable choc à 12 ans. Je ne m’intéressais qu’au sport, et Joe m’a fait écouter Orion de Metallica : j’ai senti des vibrations dans tout mon corps. C’est ce qui m’a fait comprendre que je voulais faire du métal dans ma vie. ». L’étincelle était là, et le plongeon dans cet univers aussi vaste que riche les emmènent jusqu’au death métal, un sous-genre plus rapide, plus sombre et plus lourd. Et c’est avec ça qu’en 1996, à respectivement 19 et 14 ans, que Joe (guitare et chant) et Mario (batterie) décident de former un groupe en recrutant le guitariste Christian Andreu, 19 ans, et son ami Alex Cornillon à la basse. Ce dernier est rapidement remplacé par Jean-Michel Labadie en 1998.

De Godzilla à Gojira

Godzilla est né, nom choisi en référence à la créature radioactive du film fantastique japonais du même nom. C’est aussi la première référence à l’écologie pour le jeune groupe, thème prépondérant dans sa future carrière. Le film de 1954, réalisé par Yoshimitsu Banno met en lumière la destruction environnementale causée par la pollution et véhiculant un message poignant sur la responsabilité de l’humanité envers la planète. Pour des raisons de droits d’auteur, il est contraint de changer pour Gojira, qui est tout simplement la prononciation japonaise de Godzilla. Après quelques années ponctuées de démos, de petites scènes, et de premières parties remarquées, le premier album de la formation  » Terra Incognita est enregistré en 10 jours au studio Impulse en Belgique. Sorti en 2001, il est déjà forgé du métal brut qui fera l’identité du groupe. Des riffs ciselés, une batterie puissante, une technique impeccable et déjà une volonté de repousser les limites et les standards du genre.

 » From Mars to Sirius « , de l’anonymat au succès

Bien que ce ne soit pas un succès fulgurant, le premier album a marqué les esprits dans le petit milieu du death métal. Après un an et demi de tournée, les 4 musiciens retournent en studio pour travailler sur leur prochain album. Composé à la hâte en 3 mois, il laisse entrevoir le futur style plus marqué qu’ils façonneront plus tard. Il paraît en avril 2003. En juillet 2004,  » The Link  » se sera vendu à 8 000 exemplaires en France. Ce n’est pas encore la gloire, mais ils font beaucoup parler d’eux, surtout pour leurs prestations scéniques d’une qualité et d’une précision remarquables. L’enregistrement live au Rock School Barbey de Bordeaux en mai 2004 en est la parfaite illustration. C’est le troisième album de la formation qui fait véritablement basculer le groupe dans une autre dimension, marquant un tournant important dans la vie des quatre musiciens. Dès sa sortie en septembre 2005, il est salué par la critique et le public, fan de la première heure et nouveaux auditeurs. 

Du death au métal progressif

Plus travaillé,  » From Mars to Sirius  » implique plus Jean-Michel Abadie et Christophe Andreux dans la composition. C’est un véritable album concept tournant autour de la nécessité de prendre conscience des problèmes environnementaux, illustrée par les superbes titres  » Ocean Planet  » et  » Global Warming « . Il marque aussi un virage artistique pour les Landais. S’il ne renie pas les racines du groupe, il s’ouvre à quelque chose de plus expérimental, plus progressif. De nouvelles sonorités sont explorées, le chant se fait plus clair sur certains morceaux, les compositions sont plus complexes. Tout comme les deux albums suivants  » The Way of All Flesh  » (2008) et  » L’enfant Sauvage  » (2012), qui sont dans la même lignée avec les influences du métal progressif américain. Gojira est alors considéré comme l’un des meilleurs groupes de métal français. Mario Duplantier est reconnu comme étant le meilleur batteur de métal moderne, et les riffs de Joe Duplantier comme particulièrement novateurs.

De la France aux Etats-Unis

Cette notoriété acquise, lui ouvre de nouvelles portes, notamment aux Etats-Unis. Il tourne avec les mastodontes du genre, entre Europe et Etats-Unis : Metallica, Amon Amarth, Lamb of God, Machine Head, Trivium, pour ne citer qu’eux. Les plus grands festivals de métal du monde lui ouvrent les main stages : Hellfest, Wacken, Graspop, et bien d’autres. Son nom circule en Amérique du Nord où les albums se vendent maintenant plus qu’en Europe. Il se produit dans des salles combles, des stades. C’est le premier groupe à atteindre un statut international, avec 2 nominations aux Grammy Awards en 2017. Joe s’installe alors à New-York, bientôt rejoint par son frère, et se lance dans la construction d’un studio d’enregistrement. Le groupe se lance dans la création de son sixième album  » Magma « . Sorti en 2016, il se hisse en tête du Billboard Hard Rock Albums, et Gojira devient le premier groupe français à occuper la première place de ce classement, s’élèvant au rang de tête d’affiche.

De  » Fortitude  » à … l’avenir

En 2021, Gojira fait paraître  » Fortitude « , album qui renforce l’engagement du groupe envers la protection de la planète en dénonçant, entre autres, la déforestation avec le titre  » Amazonia « . Entre morceaux puissants, et d’autres plus mélodiques, le groupe explore encore un peu plus le style métal progressif, avec même un premier solo de guitare, absent des précédents albums et singularité du groupe. Cet album se place rapidement parmi les meilleures ventes du genre, plaçant définitivement Gojira parmi les plus grands groupes de métal du monde. La légende continue. Un nouvel album est en préparation.  » On revient à de gros riffs de guitare et à un son plus métal, mais plus moderne. (…). On a voulu aller vite, mais on n’a pas réussi. On y a tellement réfléchi qu’on s’est presque perdu. C’est plus difficile d’accorder nos goûts que quand on avait 20 ans, et c’est normal.  » (Mario). L’actuelle tournée française nous permet de patienter en attendant la sortie du, très attendu, prochain opus en 2026.

Matthieu Léger

Le 06/12/2025 au Dôme – Marseille (13) et le 08/12/2025 au Palais Nikaïa – Nice (06).

gojira-music.com

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