DIANA KRALL

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Le 17/07/2022 dans le cadre du festival Jazz à Juan, à la Pinède Gould – Antibes-Juan-les-Pins (06).
Diana Krall divise toujours. On peut lui reconnaître un timbre de voix qui sort de l’ordinaire et qu’elle sait utiliser pour habiter ses reprises, on peut lui reconnaître des interprétations toujours subtiles et délicates avec un jeu de piano sans fioritures et, évidemment, on peut lui reconnaître une beauté physique naturelle qui n’est, soyons honnêtes, pas étrangère à sa popularité depuis presque 30 ans.
Pour le reste, au risque de blesser les plus fans, son jeu de piano est évidemment très pro mais n’offre rien d’exceptionnel à son niveau de notoriété et elle n’offre réellement que des reprises de standards d’easy listening pas cherchés bien loin (Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, …) ou issus de sa culture folk-rock personnelle (Joni Mitchell, Tom Waits, …), le tout délivré souvent en marmonnant sans jamais esquisser l’ombre d’un sourire, conférant à ces reprises des vertus globalement soporifiques, même dans les morceaux les plus dynamiques.
On relèvera toutefois qu’elle semble avoir troqué son apparence glamour et son surjeu vocal de réinterprétation des lignes mélodiques pour un look bien plus inspiré néo-hippie et une intégrité plus consistante et fusionnelle avec les morceaux. Néanmoins, l’absence totale de compositions originales ne fait de ce quatuor visiblement très bien rodé qu’un excellent groupe de reprises magnifiquement arrangées mené par une voix au timbre distinctif, mais guère plus que cela, ce qui suffira amplement à certains mais n’apportera rien à d’autres. Son talent est indubitable mais la division krallienne subsiste.
Christopher Mathieu

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