ZAHO DE SAGAZAN

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Zaho de Sagazan, jeune étoile de la chanson française, a sorti son album “La symphonie des éclairs” en  avril. Depuis elle fait beaucoup parler d’elle. Découvrez cette artiste au timbre grave, aux mots précis et au grand cœur.

Depuis la sortie de ton album, nous entendons beaucoup parler de toi : articles de presse, radios, télés… Pour reprendre tes paroles de la chanson “Tristesse”, est-ce que ça va, tu contrôles ? 

Non, mais des fois c’est bien aussi de ne pas tout contrôler. La chanson se moque d’ailleurs de la personne qui voudrait tout contrôler car ce n’est pas possible… et c’est ce que nous appelons la vie! Je veille sur moi, je contrôle mon sommeil, je reste proche de mes amis. La vie est belle, je fais ce que j’aime, je suis entourée des gens que j’aime et je fais de belles rencontres. 

Tu as débuté en postant tes chansons sur les réseaux, comment s’est passée ta première rencontre avec un public sur scène ? 

Ça dépend de ce que tu entends par public car cela peut-être ta mère, tes amis ou la première scène. Les premières fois devant mes amis, j’avais très peur de ce qu’ils allaient dire. Par contre, pour le premier véritable concert, au Trianon, j’ai un souvenir fantastique. Je me suis alors dit que j’étais vraiment à ma place, je n’ai pas eu le syndrome de l’imposteur. En revanche, je me suis rendue compte que je devais encore beaucoup travailler pour pouvoir y retourner. 

Tu as pour inspiration Brel, Barbara et comme eux tu as une forte présence sur scène. Y a-t-il un lien avec ta chanson “Mon corps” ? 

Dans cette chanson je parle de mon rapport au corps. Ma relation à lui est très compliquée, mais aussi très forte, que ce soit positivement ou négativement. Depuis très longtemps j’ai une grande obsession au corps. Je l’ai beaucoup regardé, insulté, détesté… et en même temps aujourd’hui je fais très attention à lui. La relation au corps est importante dans un concert car le public écoute mais surtout regarde. Ici la générosité du corps a toute sa place. J’ai toujours aimé la danse et pour moi le corps permet de raconter encore plus de choses. En fonction du geste que tu fais, le mot que tu dis n’a plus la même signification. Et je voudrais aller encore plus loin dans cette relation, je ne suis qu’à une étape infime. 

Ta chanson “Les dormantes” est poignante, comment peux-tu écrire une chanson qui exprime autant de vérité et de souffrance en étant si jeune ? 

Je pense que c’est surtout par l’observation. Pour parler des choses, il faut soit les avoir vécues, soit les avoir observées et avoir vraiment envie de les comprendre. La compassion permet de se mettre à la place de quelqu’un, c’est un outil riche pour comprendre les autres. Plus qu’une imitation elle permet de ressentir avec l’autre. Le deuxième élément en plus de l’observation serait l’envie de vérité. La vérité pour moi est importante et je cherche toujours à utiliser le mot juste pour décrire ce qui m’entoure.

Plusieurs de tes chansons comme “La Symphonie des éclairs”, ou “Ne te regarde pas” peuvent être interprétées comme des leçons de vie. Quel message voudrais-tu faire passer à la jeunesse d’aujourd’hui ? 

Tellement de choses ! Je dirai la gentillesse, même si beaucoup de personnes la critiquent. Je prône aussi la bienveillance : “Faites aux autres ce que vous aimeriez qu’on vous fasse”. Donc mon message pour la jeunesse : bienveillance, liberté, envie, passion ! C’est dur de résumer mais je vais écrire plusieurs albums pour faire passer les messages !

As-tu des projets avec d’autres artistes ? 

Il n’y a rien qui est en cours. J’ai eu plusieurs propositions mais pour l’instant je crois que j’ai envie de me concentrer sur moi, de finir mes clips. Je suis au tout début, je ne veux pas m’éparpiller. J’ai beaucoup d’envies mais pas encore de temps.

Comment pourrais-tu expliquer la pochette de ton album ?

Je voulais montrer un aspect électronique mais aussi le lier à une dimension spatiale. Les boutons du modulaire se transforment en étoiles. L’album est sur cet aspect métaphorique et poétique du changement d’échelle : je raconte mon intimité qui est aussi celle des autres. Mes chansons sont électroniques mais ce que j’essaie de faire surtout c’est qu’en racontant mes problèmes ou ceux des autres, je passe de l’intime à l’universel. Je pense que c’est dans nos côtés les plus sombres que nous nous ressemblons le plus et que nous pouvons nous comprendre. 

Quels sont les trois mots importants pour toi ? 

Amitié, écoute, bienveillance. 

Emeline Martinsse

Le 13/07/2023 au Palais des Festivals – Cannes (06), le 22/07/2023, dans le cadre du festival Sur le Champ, sur l’Esplanade du Champ de Mars – Valence (26), le 18/08/2023 sur le Toit Terrasse de La Friche la Belle de Mai – Marseille (13), le 05/10/2023 à La Garance – Cavaillon (84) et le 25/11/2023 à Victoire 2 – Saint-Jean-de-Védas (34).

facebook.com/zahodesagazan

Photo : Emma Picq

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