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SINCE CHARLES

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Dans la deuxième partie de son album “Portamento”, Since Charles questionne l’adolescence, ses lieux et expériences, en studio comme à la scène. À la ville, Charles Sinz multiplie les projets en tant que programmateur et organisateur. Rencontre. 

Ton album Portamento est sorti en deux temps. Pourquoi ce choix ?

À la base, je ne voulais sortir qu’un seul album. Je n’en avais jamais sorti tout seul, c’était donc un peu un challenge, pour moi. Pour rendre la chose plus accessible, je l’ai scindée en deux. Cela permet en plus de raconter une histoire et d’avoir une dichotomie en termes de style. J’y suis allé un peu comme en “entonnoir” : j’ai d’abord abordé l’adolescence au sens large, dans la première partie, puis me suis concentré sur des souvenirs précis, dans celle-ci. C’est un dialogue, une discussion entre ce que j’étais enfant et ce que je suis aujourd’hui. Il y a d’ailleurs un morceau que j’avais imaginé comme ça, en question réponse, et qui s’est transformé en featuring avec Mackenzie Leighton.

Pourquoi l’adolescence ?

Ce qui m’a mis le pied à l’étrier, à l’époque, c’était de bosser mes compositions dans une maison de famille en Ardèche, pleine de souvenirs, de photos, d’objets, de lieux… J’ai également passé du temps en Camargue, où j’allais beaucoup enfant. De plus, je parle aussi dans cet EP de mon rapport à la ville, aux vacances, à la chambre d’adolescent,aux premières fois…

Au-delà du travail de composition, on sent une application particulière portée sur le son, les textures, l’habillage électro. Comment as-tu travaillé ce deuxième EP ?

Petit à petit, je me suis éloigné de tout ce qui est ordinateur pour me rapprocher des machines. L’expérience du live m’a également beaucoup influencée : sur scène, j’ai toujours voulu avoir une proposition plus électronique, plus dansante et tranchée. Finalement, j’ai quasiment construit tout l’EP avec les machines qui m’accompagnent sur scène. Il y a même des morceaux faits uniquement avec une seule machine, accompagnée d’une guitare et de ma voix. J’utilise des machines qui sont typées, en termes de sons. Plus électroniques, voire indus ou parfois rave. Mon côté club revient en force. J’avais également envie d’aller vers quelque chose de plus minimaliste, moins dans l’arrangement. Je m’efforce de composer comme ça, maintenant : d’avoir une idée de morceau et d’arrangement assez précis dès la première session, ainsi qu’un premier jet de paroles.

Tu sors d’une tournée en première partie de French 79. Comment as-tu jonglé entre le live et la compo, entre les morceaux de la première partie de “Portamento” et la seconde ?

J’ai adapté mes morceaux d’avant. les machines ont fait la jonction, car elles me limitent en termes de sons. Ce qui est cool, c’est que je jouais quarante minutes en première partie de French, je n’étais pas expédié, j’avais le temps de jouer huit morceaux répartis entre mes trois premiers EP. La tournée était géniale. Je me suis senti membre de l’équipe à part entière. Ils sont attentifs et m’ont fait plein de retours, ça m’a permis de progresser au fil des dates. Le public était assez réceptif à ma musique malgré la présence de texte. Je suis plus extraverti que Simon sur scène, j’aime aller chercher le public, le faire chanter. Ça m’a également permis de découvrir la géographie des publics : à Toulouse les gens sont beaucoup plus chauds qu’à Grenoble, par exemple (rires). Il y a de grosses différences en fonction des régions.

Quels sont tes projets pour cette année ?

Quelques releases party, à Paris, Marseille bien sûr. Je me concentre également sur de nouveaux projets, notamment un duo en live machines – Pristine Pit. J’ai très envie de retourner sur le réseau club, underground… J’adore jouer dans les plus belles salles mais ça me manque de jouer tard, de mettre la danse au centre de mes projets. On relance une édition de notre festival Oh Plateau ! cet été, en Ardèche. Je suis impatient, on a fait carton plein lors de l’annonce de la programmation, début mars.

En tant que programmateur du Parcours Chanson du festival Avec le temps, tu as une visibilité élargie des talents locaux et nationaux. Quels artistes as-tu récemment découverts et appréciés ?

Sur le parcours chanson, la grosse claque, cette année, c’était pour moi le groupe Belvoir. J’ai également adoré le nouveau projet solo de Louise O’sman, hyper maîtrisé, et aux arrangements magnifiques. Sur Avec le temps, mon coup de cœur, c’est Clara Ysé, comme beaucoup de monde. J’ai aussi adoré Walter Astral et Peet ! Je programme désormais pour les soirées l’EJ c’est le S, à l’Espace Julien, où je bosse avec des collectifs, des radios, je découvre plein de choses de la scène locale.

Le tout cumulé doit t’imposer un rythme intense !

Je ne m’ennuie jamais !

Lucie Ponthieux Bertram

facebook.com/since.charles

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