Elle a grandi au Japon, rêvait de Broadway, chantait Mozart avant d’envahir les charts américains et français. Zoom sur une voix qui efface les frontières, une âme qui tend la main à l’Ukraine, une étoile qui trace sa route en douceur : Sena Kana.
Tu es née à Tokyo, mais ta voix et ton style ne connaissent pas de frontières. D’où vient ce goût pour l’ailleurs ?
Très jeune, je regardais les comédies musicales américaines, surtout “Mary Poppins”, “The Sound of Music”, “My Fair Lady”… Je ne comprenais pas l’anglais, mais la musique me parlait. Je sentais que ces chansons pouvaient transporter, apaiser, élever. Je me suis dit : « Je veux faire ça. »
Tu as étudié le chant classique, un détour surprenant pour une artiste pop…
C’est vrai. J’ai intégré une école de musique classique à Tokyo. J’ai appris la rigueur, la technique, mais aussi l’émotion à transmettre sans artifice. Ça a façonné mon approche de la pop : j’ai décidé de transmettre des émotions en mêlant la pop moderne et ma base classique.
Ton premier succès en Europe, « Live Your Dreams », a cartonné en France. Tu sembles entretenir un lien spécial avec ce pays ?
Oui, et c’est une histoire que j’aime raconter. Lors d’un séjour au Mont Saint Michel, j’ai chanté, un peu en japonais, dans un petit café. Les clients sont restés. Ils ont écouté, en silence. J’ai senti une connexion. Plus tard, quand mes chansons ont commencé à passer en France, j’ai pensé à ce moment. C’était comme un signe.
D’où te viens l’inspiration quand tu composes un morceau ?
Elle me vient au quotidien. Quand je marche dans la rue, j’aime écouter les bruits qui m’entoure. J’écoute le bruit de la nature quand je me promène, j’écoute aussi les nouvelles chansons qui peuvent m’orienter dans ma création.
Justement, tu as récemment collaboré avec des artistes ukrainiens. Quel est le sens de cet engagement ?
Mon succès international à débuter en Ukraine, de plus, j’ai des amis ukrainiens. Quand la guerre a éclaté, j’ai voulu faire quelque chose. J’ai contacté le duo ukrainien Probass Hardi. Nous avons coécrit “Afraid”. Dans cette chanson, il y a la peur, oui, mais surtout la lumière qui résiste. Nous y avons inclus une chorale locale. C’était bouleversant. Pour les enfants déplacés, nous avons envoyé des friandises japonaises et des produits pour les tenir au chaud. Ma musique enveloppe les cœurs et les réchauffe comme un câlin.
Une dernière chose : que veux-tu que les gens retiennent de toi ?
Que je chante pour relier. Pour apaiser. Que ma voix enveloppe comme Mary Poppins le ferait. Pas seulement avec une mélodie mais avec une étreinte musicale.
Maxime Massonneau










