PIERRE DE MAERE

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Pierre de Maere, né en Belgique, se découvre en autodidacte une passion pour la musique durant son enfance à la campagne. Son single « Un jour je marierai un ange » le propulse à la notoriété en 2021. En 2023, son premier album « Regarde-moi » confirme son talent varié, récompensé par le prix de la Révélation masculine de l’année aux Victoires de la Musique. Nous vous proposons de découvrir cette personnalité charismatique qu’est Pierre de Maere.

Bonjour Pierre, dans un premier temps peux-tu me parler de ton parcours ?

Je suis Belge, né à Bruxelles, j’ai 22 ans et je m’appelle Pierre de Maere. Je me suis mis à la musique très très tôt, en écoutant les tubes de mon enfance qui vont de Lady Gaga, qui est une icône absolue à mes yeux, à Stromae. À 7, 8 ans, j’étais fou amoureux de Lady Gaga, de l’audace, de la folie. Je me mets à faire de la musique à travers la batterie, je prends des cours quand j’ai 9 ans et je m’accompagne à la voix. J’adorais ça et puis un jour vers mes 12 ans, j’ai un ipod touch dans les mains et je me mets à utiliser une application pour m’initier à l’art de la prod et la musique. Je fais donc mes premières chansons quand j’ai 12 ans. J’écris d’abord en yaourt, puis en anglais, parce que quand on est jeune, on trouve que l’anglais, c’est hyper cool. J’avais une idée du français un peu ringarde.

Vers 18 ans, je comprends que finalement, c’est cool le français. J’écris mes premières chansons en français. La première s’appelant « Potins absurdes ». À ce moment-là, je suis aux Beaux Arts en photographie à Anvers, qui est une ville en Belgique très axée mode. Et j’y allais pour ça, pour la mode, la photo, en me disant que ça serait ça ma vie. Et puis le covid frappe et je rentre à la maison de force. C’est à ce moment-là que je me mets à réécrire en français et je publie ce morceau « Potins absurdes » en mars 2020, en plein confinement. Très vite, un mois plus tard, il y a un label qui s’appelle « Cinq7 » qui m’écrit. On échange quelques maquettes et on signe pour plusieurs albums.

Le parcours depuis, un EP en janvier 2022, un album en janvier 2023 et ce morceau « Un jour, je marierai un ange » qui explose l’été dernier grâce notamment à TikTok. Même si les salles à ce moment-là étaient déjà complètes comme par exemple la Cigale, ça a été un tremplin évident. Et maintenant la suite, on verra bien.

Tu as connu une ascension forte avec ton premier EP « Un jour, Je » et il en a été de même pour l’album. Comment vit-on ce succès montant ?

Je sais jamais trop quoi répondre, parce qu’en réalité, ça paraît très fort comme succès quand on voit les chiffres, mais moi dans ma vie il n’y a pas grand-chose qui a changé. Tu sais, dans la rue par exemple, on ne me reconnaît pas tellement. Je ne vis pas ce phénomène de « star », c’est plus « starlette » (rires).

Peux-tu me dire comment s’est passé la réalisation de ton album « Regarde-moi » ?

« Regarde-moi » ça s’est passé en intimité parce qu’il a été fait uniquement par moi-même. Je produis, j’écris, je compose et mon frère m’aide sur les productions et sur les finitions. Il est ingénieur du son, il apporte sa touche technique, scientifique quasiment pour que tout sonne parfaitement. Donc tout ça a été fait en famille, donc un album fait en famille. Il a été réalisé en 1 an, j’ai été un petit peu rushé sur la fin, car « Un jour je marierai un ange » fonctionnait très bien donc il fallait envoyer le truc pour poursuivre tout ça. Je pense que j’ai passé les deux dernières semaines en studio à faire des nuits blanches. J’ai rendu l’album le matin et le soir, j’avais une promo chez NRJ, j’ai chanté comme une merde, j’ai pleuré devant tout le monde, c’était affreux (rires). Plus jamais ça.

« Regarde-moi », c’est un morceau, mais c’est le titre de l’album aussi. Dans ce titre, je fais référence à Lady Gaga ou je dis ce soir « Je strip et je tease ». Et c’est l’histoire de Lady Gaga au départ qui chante dans des bars chantant à New York. Sous les perruches, sous les parures, personne ne la voit, personne ne l’écoute, elle en à marre, elle se fout toute nue et c’est une astuce très efficace pour être vue et donc je raconte ça. 

Quand on écoute « Regarde-moi » on découvre un Pierre de Maere romantique, passionnel, mais aussi un Pierre en quête d’attention. Aujourd’hui, quel Pierre choisit-on ?

Ah, bonne question ! Aujourd’hui, c’est un Pierre qui a besoin de rêver. En fait ce qui se passe c’est que j’ai lu Harry Potter il n’y a pas si longtemps et je suis dégoûté d’être un moldu. J’ai très envie d’ouvrir une fenêtre de rêve comme J.K Rowling l’a fait pour des millions de gens. Je pense que c’est Pierre l’enchanteur aujourd’hui. Et quand j’écris mon deuxième disque, parce que c’est en cours, pour le moment, il y a 6, 7 morceaux qui sont en cours de fabrication et que je trouve super. À chaque fois, ce sont des univers très particuliers, des ambiances. Et moi, j’ai envie d’être un créateur d’ambiance. 

Comment décrirais-tu un concert made by Pierre pour nos lecteurs ?

Ils sont de mieux en mieux déjà, c’est génial et j’en suis très fier. C’est hyper humain comme concert, on fait tout l’album quasiment, un peu d’EP. Et je chante un morceau qui n’existe pas encore. Je m’adresse pas mal au public aussi. Aujourd’hui, j’ai trouvé mon rythme et il y a une fluidité certaine. Musicalement, ça s’enchaîne. C’est un moment unique dans le sens où aucun concert ne se ressemble. 

Tu as seulement 22 ans et tu as déjà une certaine prestance très appréciable tant dans ta manière de t’exprimer que dans la manière de danser sur scène ! Extraverti en concert et introverti à la maison ou pas du tout ?  

Pas tant que ça. Je suis autant insupportable et extraverti en fait. Je suis plus calme évidemment. Sur scène, c’est un exutoire, il faut faire rêver les gens. Dans la vraie vie, généreux et abordable et très enthousiaste, mais sur scène plus que jamais.   

Si devais choisir un top 3 parmi les 12 titres de « Regarde-moi », ça serait lequel et pourquoi ?

Ah, j’adore cette question, ça me plaît ! Alors je ne sais pas si ça sera un top 3 dans l’ordre, mais 3 chansons que j’adore. J’aime beaucoup « Bel ami », pour la production du morceau, pour la mélodie du refrain que je trouve la plus étonnante, la plus créative de l’album et peut-être la plus réussie. Très original ce morceau avec des inspirations casablanquesque sur le refrain, l’accouplement synthé/voix qui font la même chose à l’unisson, c’est très beau. Donc « Bel ami » pour la production. 

« Les oiseaux » pour le texte. Ce titre ouvre l’album, autant la production, je ne trouve pas que ce soit la plus réussie, on se perd un peu, mais par contre le texte pour moi est le plus réussi de l’album. Il nous plonge dans l’ambiance tout de suite. On est sur un champ de bataille. Ces tout petits hommes, mais immenses dans leurs pouvoirs, qui choisissent le destin de millions d’autres. « Les oiseaux » c’est endosser ce rôle de soldat qui est envoyé contre son gré sur le champ de bataille qui n’est pas un soldat à la base. 

Et enfin « Enfant de », pour l’efficacité, l’originalité. Autant la production, que le refrain ou même le texte qui est très imagé. Il y a beaucoup de choses que j’aime sur ce titre. En plus, il a marché et j’en suis fier.

As-tu déjà une idée de la suite, du prochain album ?

Écoute, il y a plusieurs morceaux en cours qui racontent des choses très différentes. Il y a une cohérence musicale. J’ai beaucoup parlé d’amour sur le premier, j’en parlerai sans doute encore, mais j’aimerais bien voir d’autres choses aussi sur le second. D’abord un morceau qui s’appelle « Tokyo », c’est le tout début, il y a encore des bribes de yaourt, mais ce morceau, c’est une ode à l’évasion, c’est un mec qui n’en peut plus de tout. Il n’y a plus rien qui va dans sa vie. Il fait une sorte de suicide social et donc il s’en va à l’autre bout du monde, à Tokyo en l’occurrence, pour s’oublier. Ça paraît très léger dans le texte et dans la production, mais en réalité, il y a un fond qui est très très sombre et j’imagine même presque une sorte de mise à mort personnelle, sans le dire vraiment. 

Ensuite, il y a un titre qui s’appelle « Ivre » que j’aime beaucoup, que je suis en train d’écrire, beaucoup plus calme. J’explore les différents états d’ivresse. L’ivresse amoureuse aveuglante « ivre, je te pardonnerai tous les coups et blessures », « ivre, je repars pour un tour, je fais durer l’amour qui m’a tué 100 fois ». Ensuite, il y a l’ivresse vengeresse, violente, qui est déraisonnable, mais dans l’autre sens, c’est l’inverse. Puis, je pense que la troisième, c’est l’ivresse de l’oubli. C’est une sorte de crescendo de tension. Même la prod est ivre et c’est ce que j’aime bien. Une production déambulante. Enfin, il y a « Secret », un amour interdit, parce qu’il y a déjà quelqu’un. J’ai envie de m’immiscer dans ce couple et j’aimerais bien que l’autre meure (rires). Puis musicalement ça sera plus approfondi. 

Clara De Smet

Le 26/01/2024 au 6Mic – Aix-en-Provence (13), le 27/01/2024 à l’Opéra Théâtre Grand Avignon (84) et le 09/03/2024 au Grimaldi Forum – Monaco (98).

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Photo : Marcin Kempski.

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