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NADIR BEN

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Installé à Marseille, l’artiste d’origine algérienne Nadir Ben tisse un lien musical entre ses racines, la méditerranée et ses multiples influences. Il y a quelques semaines, il sortait l’album “Maturity”, opus hautement symbolique dont l’artiste a accepté de nous parler, dans la douceur et la bonne humeur. 

Vous avez sorti à l’automne l’album “Maturity”. Que représente-t-il pour vous ? 

C’est un peu mon quatrième bébé. Le fruit de beaucoup de travail, de presque toute une vie de travail, même. Cet album me ressemble énormément : ce sont neuf titres qui parlent d’héritage, d’identité, d’appartenance, un peu de nostalgie et de réconciliation intérieure. J’aime dire que c’est une lettre musicale, qui a été écrite entre Oran et Marseille. L’album est méditerrénnéen, poétique, moderne, avec divers instruments que j’ai eu du mal à choisir ! J’aime à la fois les instruments occidentaux mais tout autant le bendir ou le guembri qui sont bien de chez nous : il est difficile de faire des choix dans la richesse.

On devine un univers nourri par diverses influences et inspirations.

En effet ! J’ai grandi dans la musique arabo-andalouse, qui est l’équivalent de la musique classique, chez nous. Je viens d’une famille de mélomanes : tous les enfants ont suivi cette formation là. À l’adolescence, je me suis un peu enfui vers le raï, le gnaoui, la musique occidentale… Du reggae, de la soul ou du rock. J’ai toujours adoré le chant. Par exemple, j’ai longtemps été fasciné par le groupe Boyz 11 Men, je trouvais ça impressionnant de faire des choses aussi harmonieuses. Voilà, c’est ce mélange qui fait ce que je suis. 

Certains titres de l’album sont inspirés du patrimoine. Pourquoi était-ce important pour vous ? 

En effet, je ne fais pas de reprises à proprement parler mais deux titres de l’album sont inspirés du patrimoine andalous et gnaoui. Cependant, je mélange ces inspirations à des compositions folk ou autre. Souvent, on me demande si je chante le raï, l’andalus ou du gnaoui : c’est tout un petit mélange ! Parfois, ces mélanges entre patrimoine et compositions sortent tellement toutes seules que je ne sais même plus si c’est moi qui ai écrit les textes ou s’ils existaient déjà. 

Vous vous entourez de beaucoup de musiciens, sur cet album. Quels souvenirs gardez-vous des enregistrements ? 

Que de bons ! J’ai enregistré quasiment tous les titres avec Bilel Mehsen, on s’est amusés et posé plein de questions. C’était un réel plaisir, d’autant plus que j’ai invité Fouad Didi, mon maître en musique arabo-andalouse. C’était un régal : il nous a offert un solo magistral. 

Vous parliez de la nostalgie : la pochette de l’album réunit votre visage d’enfant et celui d’adulte. Que gardez-vous de l’enfance ? 

J’ai eu une enfance heureuse, et quand je regarde ma photo je me dis que j’étais bien sympathique. Enfance au top ! Je faisais du sport, de la musique, avec des parents bienveillants qui m’ont inculqué tout ce que je suis maintenant. Je les remercie. 

Vous allez jouer au Théâtre régional d’Oran, votre ville d’origine. Comment vous sentez-vous à l’approche de cette date ? 

Je ne sais pas si je suis serein ou surexcité. J’ai hâte ! On l’organise de loin et c’est un bonheur de retourner dans ce théâtre qui est l‘un des plus beaux d’Algérie. C’est le théâtre où je suis né artistiquement, un lieu magique. J’en ai des frissons rien qu’en en parlant. En 2004, j’y jouais dans une opérette, j’y ai découvert le chant A Capella, le théâtre, et je me suis découvert une passion et un talent. En parallèle, j’étais dans un groupe nommé Atma, et on avait joué quelque fois là-bas. 

Quelle vision avez-vous du milieu artistique marseillais ? 

C’est grâce à la richesse de Marseille que j’ai pu faire cet album. J’ai croisé beaucoup de monde de différents bords, je considère que c’est une chance de vivre dans cette ville, et je ne pense pas en bouger, si l’avenir me le permet. 

Comment se profile l’année 2026, pour vous ? 

J’ai quelques dates dont une au Solo Théâtre, à Paris. D’autres concerts sont en cours de bouclage, je fais le maximum pour faire tourner cet album et j’ai en parallèle le projet de sortir un nouvel album, qui est presque fini de mixer ! 

Lucie Ponthieux Bertram

facebook.com/nadirbenmusic

1 COMMENTAIRE

  1. Très beau parcours accompagné de jolies chansons avec de belles paroles qui vont droit au cœur .
    Persévère et continue à faire des concessions afin de consolider ton statut d’artiste
    Bon vent .

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