MARIE-FLORE

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Auteure, compositrice, interprète et multi-instrumentiste, Marie-Flore est une amatrice de pop sous toutes ses formes. Dans sa musique, elle semble prendre un malin plaisir à dévoiler des textes percutants, avec un subtil mélange de violence verbale et d’amour. Une dualité qui plaît et qui fait d’elle une star montante de la pop. 

Pouvez-vous nous parler plus en détail de « Je ne sais pas si ça va », que voulez-vous raconter ou bien transmettre avec ce nouvel album ? 

J’ai essayé de faire un album qui me ressemblait encore plus cette fois-ci. Un album qui parle beaucoup du ressenti que j’ai pu avoir sur moi-même ou sur ce que j’observais dans ma vie de tous les jours. Je parle des relations, des gens autour de moi, de l’âge qui avance et je parle encore aussi beaucoup d’amour dans ce disque bien entendu. 

Le titre de l’album peut paraître assez personnel et évocateur, pouvez-vous nous expliquer ce choix ? 

J’ai commencé à écrire cet album un an après la crise du Covid 19. A ce moment-là, j’étais dans un état un peu flottant. C’est pour cela que j’ai choisi de l’appeler « Je ne sais pas si ça va », en réponse à l’injonction qu’on a, à toujours être un peu dans le paraître, à toujours devoir sourire. En effet, lorsque l’on nous pose la question « Ça va ? », on répond toujours oui, même si ce n’est pas toujours le cas. Pour moi, on doit assumer nos moments un peu plus difficiles. 

Sur ce nouvel album, si vous ne deviez choisir qu’une seule chanson, laquelle serait-ce ? 

Je les aime toutes beaucoup bien sûr. Après, là tout de suite, si je dois en choisir une seule, je dirais que c’est un titre qui s’appelle « Je sais qu’il est tard ». C’est une balade et c’est surtout le titre premier titre que j’ai écrit pour ce disque. Il est particulier, car j’avoue qu’il a un peu changé ma petite vie. J’étais dans une période où je ne savais pas si j’allais pouvoir réécrire, donc ce titre-là me tient particulièrement à cœur et a une signification particulière. 

Ou trouvez-vous l’inspiration pour écrire vos chansons ? 

Ce n’est pas vraiment moi qui trouve les inspirations, mais c’est plutôt elles qui me trouvent ! Je parle majoritairement d’amour et je m’inspire beaucoup de choses que je traverse. En effet, c’est vrai que c’est assez « autofictionnel » ce que je raconte dans mes chansons. Les morceaux sont ainsi beaucoup axés sur moi et ma vie, mais c’est parce que justement l’inspiration provient de tout cela. Après, bien sûr qu’il y a aussi une part de rêve et de « fantasmes », donc je peux aussi raconter ce que j’aimerais qu’il se passe. J’essaie aussi de penser à ce qui ne s’est pas encore passé ou même à ce qui ne se passera peut-être jamais. C’est comme cela que se créent et se forment mes chansons. 

De manière plus précise, y a-t-il des artistes dont vous vous inspirez ? 

Dans la génération actuelle, je dirais que ce sont plutôt des hommes comme Benjamin Biolay ou Julien Doré. Après, plus globalement je dois dire que j’écoute majoritairement des vieux messieurs (rires). Je suis en effet très fan de gens comme Neil Young ou bien Léonard Cohen. Je m’inspire donc plus des chanteurs plutôt folk années 60, que de ce qui peut se faire de nos jours. 

Vous nous avez dit que vos chansons s’inspirer principalement de votre vie personnelle, mais quels messages souhaitez-vous donc faire passer à travers elles ? 

Je dirais la « transformation ». C’est-à-dire que quand ça ne va pas très bien on peut, et on doit toujours se renouveler. Il est important de pouvoir se relever et avancer, quoi qu’il advienne. Malgré les déceptions que l’on peut subir, on doit sans cesse se relever, quitte à justement se transformer, dans le sens évoluer, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. 

La promotion de votre précédent album « Braquage » a été stoppée par la pandémie de Covid 19. Comment l’avez-vous vécue ? 

Je dois le dire, cela a été un peu compliqué. Avec cette annonce de confinement, on était tous un peu sidérés. Les tournées ont été arrêtées et j’avoue que pour moi ça n’a pas été une période où j’ai été ultra créative. Cela m’a en fait plutôt vraiment assommé. Je n’ai pas trop réussi à écrire et j’ai mis plus d’un an à reprendre le piano. A la fois c’était comme une pause, mais moi j’ai aussi besoin d’émotions et de vie pour composer. Et comme tout s’était arrêté, c’était difficile pour moi de puiser de l’inspiration quelque part, étant donné que l’on ne pouvait plus faire grand-chose de notre temps. 

De ce fait, est-ce que « Je ne savais pas si ça va » est donc une sorte d’album de la seconde chance pour vous ? 

(Rires) D’habitude, on nous parle plutôt d’album de la maturité, mais c’est vrai que dans ce cas la oui c’est aussi une deuxième chance. 

Vous ne parlez presque qu’exclusivement du sentiment amoureux dans vos chansons, il y a-t-il une raison particulière ? 

En réalité, je ne me suis jamais trop posé la question de savoir sur quoi écrire. Le thème de l’amour s’est un peu imposé à moi je dirais. Comme je le disais tout à l’heure, c’est l’inspiration qui vient à moi, plutôt que l’inverse. J’adore parler de l’amour. J’adore décrypter les relations entre les gens, les sentiments et tout ce qui tourne autour du sentiment amoureux. De plus, c’est vrai que ce thème-là est assez inépuisable. Tout le monde tombe amoureux au moins une fois dans sa vie, et même souvent plusieurs fois. Cela génère forcément de multiples histoires différentes, donc cela laisse clairement le champ libre à pas mal de possibilités. 

Dans votre œuvre et sur le titre « 20 ans » précisément, vous parlez aussi du temps qui passe. Pour vous l’âge a une importance dans le milieu de la musique ? 

C’est vrai que l’âge a une importance dans plus ou moins tous les milieux, mais la musique privilégie pour moi le jeunisme, c’est sûr. Avant d’écrire ce morceau je n’avais aucun problème avec mon âge qui avançait. C’est en écrivant le titre, que la phrase « moi j’ai plus 20 ans », m’est venue toute seule. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que c’était finalement un vrai sujet pour moi. Je ne m’étais pas vraiment interrogé là-dessus avant de commencer ce morceau. 

Même si vous nous avez confié ne pas vraiment décider des thématiques abordées dans vos titres, de quoi d’autre auriez-vous envie de parler dans le futur ? 

Je pense que je parlerai encore et toujours de l’amour. Je n’ai pas dit mon dernier mot à ce sujet (rires) ! Sinon, je parlerai aussi sûrement de sujets un peu plus généraux, mais je n’ai pas trop d’idées encore. Je verrai avec le temps, ce qui me parlera ou non. 

Justement, quels sont vos projets pour la suite ? 

En premier les concerts. On clôturera tout ça par un Olympia à Paris. J’ai déjà très hâte. Sinon, il y a pas mal de choses en préparation, comme quelques duos à venir. Je n’en dis pas plus tout de suite pour garder la surprise ! Enfin, j’espère avoir aussi un petit peu de temps pour me remettre à l’écriture bien sûr. 

Pour finir, que pouvons-nous vous souhaiter pour l’avenir ? 

Des salles de concert remplies ! Je crois que c’est le plus beau. Partager sur scène tous ces morceaux avec les gens c’est ça le plus gros cadeau du métier. 

Laurie Marinacce 

Le 20/10/2022 au Portail Coucou Café-Musique – Salon De Provence (13), le 21/10/2022 au Stockfish – Nice (06), et le 04/03/2023 au Train Théâtre – Portes-lès-Valence (26). 

www.marie-flore.com

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