MALWEEN

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L’album “Il n’est jamais trop tard” de Malween, alias Julien Buys, est un témoignage sincère de talent et de passion. Il offre dix titres actuels et intemporels, portés par des textes poétiques et une musicalité folk rock. Rencontre avec cet hypersensible qu’est Julien en toute intimité.

Le titre de ton album résonne-t-il comme un espoir ?

C’est tout à fait le propos, car il n’est jamais trop tard pour bien faire et surtout de suivre ses rêves. L’album commence par la chanson “le dernier combat” et c’est un ode à l’espérance

Que signifie ton nom d’artiste ?

J’habite en Bretagne, Malween signifie heureux et joyeux en breton, c’est donc un prénom originaire de ma région. J’aime beaucoup Saint-Malo et les habitants d’ici sont aussi des malouines, des gens heureux dans la vie. Dans mes chansons, ce sentiment est peut-être plus clairsemé, mais je trouvais que ça sonnait bien à l’oreille.

Quel est ton parcours musical ?

Je fais de la musique depuis que je suis gamin, ça doit donc faire une trentaine d’année. J’ai commencé par le violoncelle vers 1991, de manière assez traditionnelle, à une époque où le solfège était impératif pour apprendre à jouer d’un instrument. Le solfège même si c’est contraignant t’oblige à travailler ton instrument de manière très scolaire, mais cela m’a amené à de la rigueur dans mon travail, même si la musique est aussi du plaisir. Puis du piano, et de la guitare avec du chant mais plus pour imiter Kurt Cobain.

Cela fait donc partie de tes influences musicales rock ?

Ce n’est pas une influence, c’est plus le souvenir du guitariste. Toutes les personnes qui font de la guitare, depuis les années 90, ont tous commencé par apprendre les bases avec le morceau “Come as you are”, car c’est le plan le plus simple du monde à la guitare. Mon vrai coup de cœur, c’est plutôt le groupe Oasis à l’adolescence et je suis toujours leurs aventures chacun de leur côté. Il y a Liam avec son côté très rock star et puis Noël qui est un véritable technicien de la mélodie. J’aime beaucoup les deux et ça reste mon plus grand coup de foudre musical.

Donc, plutôt des influences anglo-saxonnes, mais tu chantes quand même en français ?

Quand tu fais du rock, ces influences sont inévitables. D’ailleurs j’ai déjà chanté en Anglais, mais ce n’était pas naturel. Je n’ai clairement pas envie d’imiter, et en plus j’ai l’amour des mots dans ma langue maternelle.

Peux-tu nous parler des différentes étapes de la création de ton album ?

Ça a été un chemin de croix, car la composition a été longue, il m’a fallu entre 3 et 4 ans avant de réunir une dizaine de chansons. Le processus est assez simple, même si je mets longtemps à faire un morceau, je m’exerce à la guitare tous les jours. Les suites d’accord viennent naturellement, je mets de côté puis j’y reviens. J’ai réalisé plusieurs démos de cette manière, je commence avec les accords de guitare, j’écris un texte, puis je rajoute la basse, la batterie et les arrangements. Quand le résultat est assez étoffé, je le présente au reste du groupe, puis nous passons à l’enregistrement avec mes musiciens, qui amène toute leur technicité aux morceaux. Sur la partie artistique et création, cet album c’est vraiment 100% moi, mais je m’entoure de personnes qui me poussent vers le haut. En parallèle je réalise des voix off, c’est mon activité principale.

Dans ta biographie, on peut y lire que tu viens du monde de la finance. Cette expérience professionnelle t’a-t-elle inspiré des chansons ?

La quatrième chanson de l’album ‘fourmi ou cigale’ fait référence à ce passé professionnel ? C’était une forme de schizophrénie, entre ce que je faisais dans la journée dans le milieu bancaire, et mon côté artiste. Il y avait souvent des conflits de principe et de valeurs, car même si tu essayes d’apporter des conseils, tu es très rapidement rattrapé par les chiffres car il faut vendre. Tout cet aspect relationnel était en conflit avec les intérêts financiers  de la banque. Et puis, il y avait aussi une forme de pression. J’ai donc décidé de partir, mais même quand j’étais en poste, je développais ma carrière d’artiste en parallèle à travers les concerts.

Tu es en autoproduction, penses-tu que c’est l’avenir des artistes ?

Honnêtement, je ne sais pas, mais il y a aujourd’hui beaucoup de possibilités. Si tu as une bonne carte son, que tu as dans ton entourage une personne qui maîtrise bien l’aspect technique, avec un entourage de musiciens professionnel, je pense que tu peux faire beaucoup de choses avec les réseaux sociaux. Aujourd’hui, les maisons de disques vont venir te chercher, à partir du moment où tu as déjà fait ton trou. De mon point de vue, le nerf de la guerre quand tu es un artiste émergent c’est la visibilité et non la notoriété. Autoproduction ne signifie pas que tu es seul, mais juste que tu n’es pas accompagné par une grosse structure. Sur mon album, je travaille avec Xéna Prod qui est un label associatif, en Gironde, qui est venu après la réalisation, et j’ai également un bookeur qui s’appelle Acouphène Production. On se retrouve avec des partenaires à taille humaine et respectueux des artistes.

Il y a une polémique autour de l’intelligence artificielle qui est au cœur de la création aujourd’hui. La Sacem y a d’ailleurs mis un droit de véto, pour protéger les œuvres musicales, des descendants des artistes ou des artistes eux-mêmes. Quel est ton regard sur tout ça ?

Si l’avenir de la musique, c’est la machine, je ne peux pas m’en réjouir. Lorsque tu vois la somme de travail que ça représente, une IA qui viendrait te voler ou t’imiter pour faire telle ou telle chose, c’est un petit peu l’apocalypse. Je ne suis pas anti progrès, mais dans ce cas précis, j’ai du mal à voir l’intérêt pour qui que ce soit, d’un tel progrès. Si tu mets une IA dans une application scientifique pour affiner un diagnostic pour un médecin par exemple, ça peut être utile. En revanche, remplacer l’humain dans la création mais quelle horreur ! C’est l’aliénation totale de nos aspirations profondes et émotionnelles. Je le vois dans mon activité de voix-off, où dans des vidéos, on entend très bien que c’est une IA qui parle et ça représente du travail en moins pour les artistes, comédiens, les acteurs etc … Heureusement qu’il y a des garde-fous ! Aujourd’hui de toute façon l’IA n’a pas la possibilité de remplacer le spectacle vivant.

Céline Dehédin

facebook.com/malweenmusic

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