LOUANE

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Passant d’une tournée à l’autre et trouvant son équilibre entre grandes salles et moments d’intimité avec son public, Louane enchaîne les projets sans véritable pause depuis « Le Club des Sentiments ». Inspirée par l’expérience scénique, elle a conçu « Solo » comme une véritable continuité artistique, repoussant davantage ses limites tout en restant fidèle à une écriture très personnelle et sensible.

C’est peut-être moi, mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas vraiment eu de pause entre « Le Club des Sentiments » (et toutes ses déclinaisons) et « Solo », autant dans les sorties que dans les tournées.

Non, il n’y a pas vraiment eu de pause mais ce n’était pas quelque chose de réfléchi, tout est relatif, est-ce que tu considères l’été comme une pause ? Si non, alors on peut considérer que je n’ai pas fait de pause. C’est quasiment ma troisième année d’affilée où je tourne. Et franchement si je peux faire ça toute ma vie, je suis contente. J’adore ça.

Entre les deux tournées, quelles sont les principales différences et comment as-tu évolué ?

La principale différence, c’est la taille des salles. « Solo ». J’ai eu envie de l’écrire pendant la tournée du « Club des Sentiments ». C’est un album inspiré par ce qui se passait pendant cette tournée, donc c’est une continuité. Les deux shows sont différents, sinon ce serait ennuyant. Puis, le show devait s’adapter à des salles différentes. Le défi du « Solo Tour », c’était de retrouver l’intimité du « Club des Sentiments » tout en étant seule sur scène, dans de grandes salles. Il ne faut pas que ça paraisse vide.

As-tu des anecdotes sur ce début de tournée ?

Le show est difficile, très physique, surtout gérer les ordinateurs et les claviers dans un zénith. Nous avons moins le droit à l’erreur. Cela nécessite une grande concentration. La petite chose amusante, et qui avait déjà commencé sur la tournée du « Club des Sentiments », c’est que les fans font un truc super cool sur « Secret ». Lorsque la phrase « grandir parfois ça prend du temps » arrive, tout le monde le hurle dans la salle. C’est un moment que j’adore. On fait aussi plein de petites surprises dans le show.

Comment te prépares-tu pour ça ?

C’est beaucoup d’heures de piano. Je m’entraîne au clavier encore et encore, un peu moins à la guitare mais quand même beaucoup. Je travaille aussi la préparation vocale en amont et je fais beaucoup de sport. C’est un spectacle de 2 heures quand même, donc il faut tenir le coup. Généralement, j’ai toujours mal au bras après la scène. Je pense que ça ira mieux avec le temps, mais là c’est le début de la tournée et je suis très concentrée et forte dans mes mains. Au fur et à mesure des dates, je vais me détendre et donc m’économiser de cette tension supplémentaire.

Parlons maintenant de ton titre « Chiens », comment est né ce morceau ?

J’ai eu envie de repartir en studio pour bosser sur mon 6ème album. Je ne pensais pas sortir un titre aussi vite mais nous avons tellement kiffé le son. Le travail avec les garçons m’a tellement plu que nous l’avons sorti à la rentrée. L’histoire c’est que la chanson est dédiée à deux copines qui se sont séparées dans l’année. C’est une chanson pour leur dire qu’elles ne perdaient rien. En studio, nous avons beaucoup ri en écrivant. Nous sommes sortis de notre zone de confort sur ce morceau. C’est encore plus drôle sachant que je ne bosse qu’avec des mecs (Marso, Timo et Romain Botti).

Tu as aussi sorti un best-of il y a quelques mois, que représente-t-il pour toi ?

C’était drôle, tout le monde essayait de me convaincre depuis des années. Au début, je disais que j’étais trop jeune. Faut se le dire, j’ai 28 ans, sortir un best-of pour moi c’était impensable. Ce qui m’a convaincu, c’est la participation à l’Eurovision. L’équipe m’a dit, beaucoup vont t’y voir mais sans forcément savoir ce que tu avais avant. Avec ce best-of, cela donnera un aperçu au public. J’ai fini par accepter. Et finalement, nous avons fait une promo pour sa sortie, sur le fait que je ne voulais pas le sortir. C’est comme ça qu’ils m’ont eu (rires).

Justement, vu que tu en parles, comment as-tu vécu ta participation à l’Eurovision et qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Je l’ai très bien vécu. J’étais étonnée. Je pensais que ce serait chaotique, surtout pour ma santé mentale, mais ça s’est bien passé. Je me suis tellement conditionnée pour cela que cela ne pouvait que se passer bien finalement. Ça m’a appris beaucoup de choses, une charge de travail énorme, et à voir les choses différemment, à être plus ouverte dans ma façon de travailler. Maintenant, ce que je fais me paraît plus simple.

Tu es également devenue maman, qu’est-ce que ça a changé dans ta vie et ta musique ?

Ça a tout changé, c’est un raz de marée, tellement magique que je ne sais pas comment expliquer. Pour l’écriture, ça n’a pas beaucoup changé sauf quand je parle d’elle. Elle me donne souvent son avis, c’est très drôle. Je viens d’écrire une nouvelle chanson pour mon prochain album et il y avait une phrase un peu drôle dedans. Elle me regarde et elle me dit « mais maman ça veut rien dire ». Je lui ai dit « si si, mais juste tu es un peu petite pour comprendre ». Elle m’a fait, elle me fait trop rire. Elle vient parfois en concert, et quand elle est là, elle chante « maman » dans le micro en coulisses.

Sur l’album « Solo », comment as-tu réussi à trouver l’équilibre entre chansons douces et électro pop ?

Je fais ce que j’aime. Le projet était dans ma tête avant de commencer. C’est différent de mes autres albums. Par exemple, en ce moment je travaille sur le prochain album et je jette beaucoup de chansons. Alors que sur « Solo » beaucoup moins. Dans tout le travail de création, je n’en ai jeté qu’une. « Solo » était déjà prêt dans ma tête, je savais ce que je voulais dire, où aller, quelles influences mettre. C’est ça qui crée la continuité et l’équilibre entre ballades et pop électro.

Personnellement, c’est aussi ce que j’ai aimé. Je vois la continuité entre les deux albums mais en même temps la nouveauté. Puis, dans « Solo » tu parles réellement, contrairement au « Club des Sentiments » où tu avais pris le parti de choisir des thématiques plébiscitées par tes fans. Ici, tu parles de tes troubles alimentaires, des critiques que tu as subies, etc donc forcément tu avais tout en tête.

Déjà, je suis choquée, tu connais vraiment trop bien mes projets, ça me touche énormément. Et effectivement, tout est très personnel ici. Sur la tournée du « Club des Sentiments », j’ai réalisé que les gens réagissaient à mes chansons les plus intimes, celles que je pensais trop perso, trop niche. Voir que ça leur faisait du bien et qu’ils se sentaient moins seuls m’a fait sentir moins seule aussi. J’ai la sensation de faire partie d’un tout. C’est l’histoire de « Solo » : je vis des choses intenses, j’avais l’impression d’être la seule à les vivre, mais nous les partageons tous ensemble. La première version de la chanson « Solo » disait que je me sentais la plus seule au monde, mais avec le temps et l’équipe, les amis, la famille, je me rends compte que je suis tout sauf seule. Maintenant, même quand je suis seule, ça me va. C’est ça que je veux mettre en avant dans ce projet.

Dernière question, tu parlais du travail sur ton prochain album. A quoi doit-on s’attendre ?

Un album très pop, probablement le plus pop depuis mon premier.

Maxime Martinez

Le 30/01/2026 au Dôme – Marseille (13).

louane.store

📸 Louane par Damien Krisl.

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