Inspiré notamment par le Bassin d’Arcachon, un lieu qui nourrit sa nostalgie et sa poésie personnelle, Jérémy Frérot a choisi la musique pour exprimer ses émotions. Son album « Gamin des sables » est un témoignage intime de sa vie et de sa reconstruction, avec des collaborations choisies pour leur sens et une écriture qui mêle réflexion et partage.
Pour revenir à la base, pour ceux qui ne te connaîtraient pas, qu’est-ce qui t’a donné envie directement de te consacrer à la musique après des études dans le sport ?
Je suis parti dans la musique parce que c’est ce que je voulais faire. C’est ce qui m’a donné envie de créer, de faire de l’art. Je me suis mieux senti à faire de la musique que d’enseigner le sport.
Comment naissent les chansons chez toi ?
Ça dépend des moments. Je vis, j’ai des idées et quand je les ai, je les mets sur mon téléphone. Et après, ça dépend, soit la musique peut venir, soit les paroles peuvent venir avec de la musique. Il n’y a vraiment pas de règles.
Et quelles sont tes principales sources d’inspiration ?
C’est ce que je vis. C’est le bassin d’Arcachon sur ce troisième album avec mes amis, ma famille et tout ce que j’ai pu passer comme moment avec eux. C’est beaucoup d’analyse et de ressenti. Le bassin d’Arcachon, c’est un endroit très poétique et ça aide à écrire des chansons.
Sur ce dernier album justement, le premier extrait que tu as dévoilé, c’était « Adieu ». Comment s’est fait ce choix et pourquoi ?
Quand quelque chose se finit, c’est que quelque chose d’autre commence. J’ai donc commencé l’album avec cette chanson. Il y a eu des moments qui m’ont inspiré et celui-ci est un sujet qui était très général pour beaucoup de monde. J’avais envie d’utiliser ce sujet-là pour écrire une chanson, ça m’a inspiré. C’est vraiment le début de l’album cette chanson.
Et toi, est-ce que personnellement ça t’a aidé d’écrire cette chanson ?
Non, pas spécialement, j’utilise juste des chansons pour faire réagir les gens parce que c’est de l’art avant tout. J’essaie de m’émouvoir moi pour pouvoir émouvoir les autres, et c’est en puisant dans ce que je peux vivre que j’y arrive.
Et pour « Gamin des sables », en quoi cela reflete ton histoire personnelle ?
« Gamin des sables » parle d’un endroit, d’un restaurant, mais aussi d’un mode de vie. Le mode de vie du bassin d’Arcachon qui est une Madeleine de Proust pour moi où, quand je marche dans cet endroit-là, je revois tout ce que je pouvais faire. Je ressens tout ce qui se passait avant. C’est ça qui me plaît et que je dis dans la chanson. Tout ce que je pouvais faire quand j’étais petit et ce que je vois maintenant me rend nostalgique.
Sur l’album il y a deux collaborations, avec Claudio Capéo et Kemmler. Comment ça s’est fait, et pourquoi ces choix ?
Claudio Capéo, c’est un artiste que j’admire et que j’aime parce que nous nous entendons très bien à chaque fois que nous nous croisons. Écrire une chanson comme celle-là avec lui, ça marchait très bien. Kemmler, j’avais envie de chanter avec un rappeur. Nous nous sommes rencontrés sur un séminaire d’écriture pour Amir. Nous nous sommes bien entendus, donc je l’ai appelé pour qu’il pose des paroles sur une de mes chansons.
Est-ce qu’il y a une chanson de l’album qui marque particulièrement la période que tu as traversée entre les deux ans de pause et tout ça ?
Tout l’album parle de ça, c’est vraiment un résumé de ce que j’ai pu vivre en deux ans sur le bassin d’Arcachon.
Ainsi, est-ce que l’album en lui-même, c’est aussi une forme de transmission à tes enfants ?
Quelque part oui, indirectement, c’est un marqueur de ce que j’ai pu être à un moment donné.
Le titre « 3ème album », même si court, je l’aime beaucoup. Est-ce qu’il représente tes réflexions sur ton évolution artistique ?
Oui, c’est surtout exprimer que le troisième album, c’est un passage important pour moi, parce que je n’ai pas réussi à le faire avec Fréro Delavega. Et là, réussir à le faire en solo, ça crée un cycle dans lequel je peux évoluer et qui me plaît. J’ai voulu écrire en parlant aussi aux gens, parce que c’est un peu grâce à eux que je suis là, donc je les remercie d’être fidèles.
Tu as parlé de Fréro Delavega, comment s’est passée la transition entre le duo et le solo ?
J’ai écrit des chansons et j’ai voulu m’éloigner de ce style-là car j’avais besoin d’exprimer des choses, moi, tout seul. J’ai voulu faire ça vraiment à ma sauce, m’exprimer sur scène comme je le voulais. Et avec du travail, j’ai réussi à devenir ce que je suis en solo.
Sur la tournée de « Gamin des sables », y a-t-il des morceaux particuliers que tu aimes jouer sur scène ?
Non, pas spécialement, je vais jouer un peu tout. Je vais piocher dans tous les albums de Fréro Delavega et des miens.
Une dernière question : y a-t-il un moment qui a marqué la création de « Gamin des sables » en studio ?
C’est vraiment quand tu crées des chansons et que le soir tu les réécoutes en repartant du studio. C’est une victoire, des moments très privilégiés de pouvoir découvrir sa création et d’en être fier, c’est ça faire du studio.
En trois mots, que t’évoque « Gamin des sables » ?
Nostalgie, voyage et partage.
Maxime Martinez
Le 17/10/2025 à La Chaudronnerie – La Ciotat (13) et le 18/10/2025 à La Palestre – Le Cannet (06).
📸 Jérémy Frérot par Thomas Lodin.










