JAMES THE PROPHET

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Zoom James The Prophet

Entrevue avec le rappeur James The Prophet, entre confidences et ambitions intimes. Le jeune Bagnolais confie à Nouvelle Vague les dessous de son nouvel opus « Unimaginable Storms » de ses origines à ses textes. Dix titres rythmés, variés, à la cohérence en titane.

Pourquoi ce nom « James The Prophet » ? 

Ça vient de l’époque du lycée, j’écoutais beaucoup de rap, je dirais assez conscient. Mes textes sont super denses, j’ai trop de choses à dire. Mon plus gros travail, c’est d’enlever des mots. L’idée de James The Prophet c’est venu un peu par hasard. Avec les potes on cherchait un blaze et puis je trouvais ça drôle. Et, puisque je m’appelle James The Prophet, je suis obligé d’être à un certain niveau, je ne peux pas faire n’importe quoi. Je suis obligé d’assumer ce blaze donc j’aime bien cette idée-là. 

Pourquoi le choix du rap ? 

J’ai découvert le rap à travers le graffiti. Quand je suis arrivé à Paris, à treize ans, je me suis intéressé au graff, à l’art urbain. A partir de ça j’ai découvert le rap quand j’avais peut-être quinze ans, c’est un truc avec lequel j’ai accroché direct. Ça m’a tellement aidé dans ma vie de pouvoir m’exprimer, me libérer de mes sentiments, de mes problèmes dans mes textes. Ça a commencé au moment de la crise d’ado, puis ça a continué. En fait, j’ai pris tout ce qui m’allait, tout ce qui m’aidait dans cet art-là. 

Vous êtes un rappeur français, pourquoi rappez-vous en anglais ? 

Le choix de rapper en anglais c’est parce que ma mère est de Londres et mon père de New York, donc c’est ma langue maternelle. J’ai appris le français à l’école. J’ai habité toute ma vie en France, mais c’est quand même un peu plus facile pour moi de m’exprimer en anglais. Du coup j’ai fait ce choix là et maintenant je rappe qu’en anglais. 

Avez-vous une référence ? Un artiste favori ? 

Je dirais un rappeur qui s’appelle Smino. 

Quelle a été votre source d’inspiration pour votre nouvel opus « Unimaginable Storms » ? 

Le titre de l’album vient d’un livre que mon grand-père a écrit dans les années 90. Il était psychanalyste. Je n’ai pas trop regardé le sujet du livre parce qu’il est assez indigeste, très médical. Pour moi « Unimaginable Storms », en français « tempête inimaginable », c’est l’idée de ne pas savoir ce que la personne en face de nous vit au quotidien. On met tous un masque, on peut tous en mettre un et ne pas être ouvert avec ses sentiments. J’ai fait le choix de ce titre-là car je trouve que l’idée est assez intéressante. En plus, dans l’album, je fais un peu le contraire au final. J’essaie de me libérer de mes sentiments, de tout ce qui ne va pas trop bien. Donc voilà, « Unimaginable Storms ». 

Un morceau favori ? 

C’est « Power On », le numéro sept. 

Quelle serait votre scène rêvée ? 

Je dirais quelque chose de « cheap ». Je suis née dans le sud à côté d’Avignon, dans le Gard à Bagnols-sur-Cèze. Pour moi, mon rêve, ça serait de retourner là-bas puisque j’ai quitté cette petite ville quand j’avais treize ans. J’aimerais faire un show où toute la ville viendrait, où je reverrais tous mes potes d’enfance, tous les amis de la famille. Donc je dirais que ma scène rêvée c’est Bagnols-sur-Cèze. 

Vos projets et collaborations à l’avenir ? Envisagez-vous la scène : seul, en groupe, juste un DJ ? 

Avec le confinement, les seules représentations que j’ai pu réaliser sont des résidences, des lives. Ça m’agace un petit peu de ne pas avoir fait de concerts, j’ai peur d’avoir perdu du niveau. En contrepartie on a vraiment continué à composer, aussi bien avec un DJ qu’avec tout un band : batteurs, bassistes, guitares et pianos. Pour les lives à l’avenir, je pense que je serai avec les deux [groupe et DJ]. Maintenant que l’album est sorti, je suis en train de travailler pas mal de collaborations. Je vais aussi faire un EP [extended play] avec mon ami qui est dans le même label que moi : Pad The Kid. Je suis à Madrid en ce moment justement pour travailler sur ce projet. Donc beaucoup de collaborations et un nouvel album j’imagine avant la fin de l’année parce qu’il faut occuper le terrain ! 

Pauline Jarzynka

www.facebook.com/jamesxprophet

 

 

 

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