La revoilà pour un nouvel album intitulé « La Pieva », du serbe « la chanteuse », écho à ses souvenirs d’enfance. Barbara Pravi se confie sur ses plus beaux souvenirs azuréens et explique son cheminement artistique de son nouvel album.
Quel lien particulier entretiens-tu avec la Côte d’Azur ? Y a-t-il des lieux ou des souvenirs ici qui ont marqué ton parcours artistique ?
Mon grand-père vit à Saint-Raphaël et je connais bien Nice aussi. J’y ai passé tous mes étés quand j’étais plus jeune, jusqu’à mes 18 ans. J’adore le Sud. D’ailleurs, j’ai joué à Nice lors de ma précédente tournée, aux Arènes de Cimiez. J’aime beaucoup les roches rouges après le port de Santa Lucia, à Saint-Raphaël. Ce sont des rochers magnifiques falaises qui s’élancent vers les flots et de là, on peut apercevoir le Dramont !
Dans cet album, on sent une envie de légèreté, de faire danser, un contraste avec tes précédentes chansons, souvent plus calmes et introspectives. Qu’aimerais-tu que les auditeurs retiennent de cette évolution musicale et de cette nouvelle énergie ?
En fait, j’ai abordé ce disque de façon très différente, car je l’ai conçu dès le départ pour le live. Je me suis projetée en train de le chanter devant les gens, et même avec eux. Ce n’était pas le cas du premier album qui est beaucoup plus lent, plus intime dans les sonorités, et plus complexe aussi. En live, je me suis rendue compte que j’avais besoin de le transformer un peu pour m’amuser. Sinon, au bout d’une heure, je m’ennuyais. Je suis quelqu’un qui a énormément d’énergie. Finalement, ça a été une super expérience : je me suis amusée à réinventer mon album, à le rendre plus vivant.
Même si l’un de tes morceaux (« Voilà ») est déjà entré dans le patrimoine musical français grâce à l’Eurovision, quel(s) titre(s) conseillerais-tu à quelqu’un qui découvre ton univers musical pour la première fois ?
« Qui j’étais » et « La Pieva » !! Disons que l’album est conçu avec une diversité d’ambiances. Par exemple, une chanson comme « La Pieva », c’est un titre où tout le monde va chanter ensemble. « Qui j’étais » est une chanson qui va faire danser les gens. « Maman » est une chanson plus douce. J’aime toutes ses facettes.
Tu as récemment tourné dans un film avec Claude Lelouch. Qu’est-ce que cette expérience cinématographique t’a apporté, et en quoi a-t-elle influencé ou enrichi ta démarche artistique dans le domaine de la chanson ?
Je ne sais pas si ça m’a apporté grand-chose en lien avec la musique. Ça m’a apporté autre chose. D’abord, ça m’a permis de rencontrer une équipe de tournage. Claude Lelouch, c’est quand même incroyable, c’est une expérience unique. En termes de musique, je ne pense pas que ça m’ait influencée directement. Ça m’a plutôt ouverte à d’autres horizons.
Chez toi, le texte dans tes chansons semble venir avant la mélodie. Dans ce cas-là, comment sens-tu que le texte devient qualitatif au premier abord ?
En fait, tu le sens. Je ne peux pas mieux l’expliquer. C’est quelque chose de très intime, très instinctif. Je retravaille énormément mes textes, mais le premier jet, lui, contient toujours l’essence de quelque chose. Une fois que j’ai ce premier jet, je commence à composer autour de lui. La mélodie vient transformer le texte, mais disons que je construis ma mélodie en fonction des mots. Normalement, les mots et les notes s’accordent parfaitement, puisqu’ils sont faits pour aller ensemble. Et ensuite, je retravaille jusqu’à ce que je sois totalement satisfaite du texte. Je sais quand un texte est terminé.
La pochette de l’album dégage une part de mystère. Quelle était ton intention artistique derrière ce visuel ?
Sur mon précédent album, j’étais très éloignée. J’étais dans un univers de ciel bleu et blanc, avec la tête tournée, et on ne voyait pas mes yeux, etc. Je trouve que ce nouveau disque est tellement plus proche. Pas plus proche de moi qu’avant, car l’autre album me correspondait totalement à l’époque, il y a trois ans. En revanche, aujourd’hui, « La Pieva », c’est l’album actuel. Il est complètement en phase avec ce que je suis aujourd’hui. Pour ce nouvel album, je voulais quelque chose qui soit très proche de moi, un portrait vraiment intime, pour créer un contraste, quelque chose qui soit aussi proche que les mots que j’ai mis dans ce projet.
Tu as plusieurs émotions dans ton travail et tu aimes bien rappeler que tu es une « comédienne dans l’âme ». Explique-nous comment tu perçois cela dans ton travail.
Je me sens à l’aise dans tout. C’est un peu comme si j’avais un jeu de cartes ou une palette de couleurs, tu vois, comme un peintre. En fait, tu as un pinceau et tu choisis ce que tu veux appliquer, tu colores un peu les choses. Il y a plein de nuances de vert, de bleu, de rouge… et c’est un peu ça que je ressens. Le défi, c’est d’apprendre à utiliser les bonnes couleurs au bon moment. J’ai comme l’impression qu’on appuie sur des boutons. De toute façon, tout est inspiré de tout ce que j’ai vécu et donc ce sont des émotions que je sais convoquer. De la même façon, vu c’est mes mots je sais ce que je mets derrière ce qui ne rend pas difficile pour moi l’interprétation des chansons. Ce serait peut-être plus compliqué si c’était des chansons de quelqu’un d’autre. J’aurais d’autres choses à aller chercher. Là, tout est très instinctif en fait.
Clémentine Nacache
Le 18/10/2024 au Théâtre Lino Ventura – Nice (06), le 07/12/2024 à Paloma – Nîmes (30) et le 14/03/2025 au Mas des Escaravatiers – Puget-sur-Argens (83).
Photo : Lisa Boostani.
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