AURÉLIE SAADA

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Après son aventure au sein du groupe Brigitte, la pétillante Aurélie Saada démarre sa carrière solo avec un album nommé « Bomboloni » (beignet en italien et un clin d’oeil à ses origines tunisiennes) sorti en octobre 2022. Un album plein de tendresse, de douceur et de soleil.

Tu as l’habitude de l’exposition médiatique vécue avec Brigitte : plusieurs albums ensemble, de très belles scènes, comment as-tu appréhendé la sortie de ce premier album solo ? 

À chaque album, c’est une nouvelle histoire qui se réécrit, quelque chose qui se réinvente. On a hâte et on a un peu peur à la fois. Même si je suis tellement heureuse et excitée de retrouver la scène : le spectacle, c’est vraiment mon grand amour …

Dans ton nouvel album, tu fais une part belle à la féminité. Pourtant, quelques titres font référence à ton enfance. Peux-tu nous dire comment tu as grandi, et surtout comment la musique est venue à toi ? 

Ça a été une enfance à la fois joyeuse et douloureuse, une enfance pleine de paradoxes mais la musique a toujours été invitée. Mes parents ne sont pourtant pas du tout musiciens mais la musique était omniprésente : ils aimaient bien chanter le soir, puis des copains venaient à la maison et ça terminait en boeuf tous ensemble à la fin de la soirée… C’était l’heure où il fallait que j’aille me coucher et j’avais ce sentiment qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire à ce moment-là. Je sentais bien qu’il y avait une atmosphère géniale à laquelle je rêvais d’assister. 

Quelles choses voulais-tu en commun, et au contraire à quel niveau souhaitais-tu te distinguer dans ce projet solo par rapport à Brigitte ?

Je ne sais pas si j’avais une volonté de continuer ou de m’éloigner. Quand j’écrivais pour Brigitte, j’écrivais avec beaucoup de sincérité. J’ai continué de plus en plus à aller vers des choses plus personnelles, plus intimes. Sur cet album, j’ai pu parler de Tunisie, des violences sexuelles que j’ai vécues quand j’étais enfant, c’était peut-être plus compliqué de le chanter à deux. J’avais aussi envie de faire un disque avec un orchestre très présent comme ça se faisait à l’époque : j’avais envie de cordes, de cuivres, de quelque chose d’un peu épique qui fasse référence à de la musique de films. Aujourd’hui, ce n’est pas tellement la tendance actuelle mais c’est la musique qui m’inspire et que j’aime. C’est peut-être à contre-courant mais il faut faire les choses comme on les aime.

Il y a près d’un an, en décembre 2021, tu as sorti le film « Rose ». As-tu envie de refaire un film ? 

Oui, bien sûr, c’était une expérience extraordinaire. Je le referai mais j’avais besoin de me confronter de nouveau à la scène. La musique, ça a quelque chose de très direct. J’avais lu dans un livre, au sujet de quelqu’un qui parlait de la country, qu’il la définissait comme étant seulement « trois accords et la vérité ». C’est valable pour toutes les musiques que j’aime et que j’écris. J’adore ce rapport très brut aux choses et je trouve que la musique le permet.

Tu t’es confrontée au cinéma, à la musique, à la cuisine : quel est ton prochain domaine ? 

Je ne sais pas! (rires). Les supports sont toujours intéressants, parce que ça nous permet de découvrir un peu plus qui l’on est et ce qu’on porte. Ce qui est le plus important pour moi, c’est de raconter des histoires avec mon coeur, prendre des bouts de ma vie, les bons et les mauvais souvenirs, et en faire quelque chose. Travailler avec comme matériaux mon émotion et mon vécu. 

Le langage de la cuisine est très présent dans tes chansons. On pourrait croire que tu les écris dans ta cuisine, est-ce le cas ? 

(Rires) J’adore cuisiner, ça m’amuse et puis ça me permet de parler de mes chansons autrement. Je n’écris pas mes chansons en cuisine, ça pourrait arriver. Je les écris sur mon piano, mais un autre piano (rires). Il (le lexique) a quelque chose d’à la fois familier, familial, de l’ordre de l’amitié, du refuge, des souvenirs mais aussi il y a de la sensualité, de l’érotisme, de la peine, de la rage, de la violence dans ce même lexique. Il y a du coeur, du sang, il y a de la vie là-dedans. 

Un mot sur ta tournée ? 

Elle démarre le 18 janvier à Aix-en-Provence. Je pars en tournée avec 5 musiciens, dont 1 flûtiste (Robby Marshall). Après écoute de l’album, la flûte était essentielle. Je voulais rendre l’orchestre sur scène. Il y a aussi le bassiste de Pleymo (Benoit Julliard), et on retrouve Grégoire Mahé à la guitare, François Henri Chambon au piano et Arnaud Gavini à la batterie. 

Tu joueras d’un instrument ? 

Je pense que je vais me mettre un petit peu au piano, un petit peu à la guitare. C’est vrai que je compose tout à la guitare et au piano mais je ne me sens jamais aussi forte que mes musiciens? Malgré tout, j’aime bien de temps en temps offrir un peu de mes doutes et de ma fragilité.

Clémentine Nacache

www.aurelie-saada.boutique

Le 18/01/2023 au 6Mic – Aix-en-Provence (13).

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