MATHIEU MICHON

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Programmateur de Bruit Blanc et Altitude Jazz Festival (Briançon / 05)

www.altitudejazz.com

Questions/réponses

Ta personnalité, ton parcours ? 

J’ai 45 ans et viens d’une petite ville du nord de la France. Sans contexte familial particulier, j’écoute beaucoup, beaucoup de musique depuis l’âge de 10 ans, où je forme mon premier groupe en CM2 avec une batterie bricolée en cartons et boîtes de conserves. Je suis tout de suite très sensible aux nouveaux courants qui débarquent régulièrement en France et à l’époque, The Cure constituent ma première énorme claque musicale qui résume tout ce que j’aime dans la musique : sensibilité, émotions, mélancolie et beauté mais aussi une redoutable originalité au fil de tous leurs albums.

A 16 ans j’offre des compiles en K7 à tous les ami(es) et à 18 ans je compte déjà une bonne centaine de concerts à mon actif en tant que spectateur, grâce à la proximité de Reims et Paris. Je brasse toutes les variantes du rock indé, post-rock, trip-hop, hip-hop, electro, punk mais commence aussi à lorgner sur le jazz et les musiques de film.

Et à 19h je largue les amarres, prends un virage à 90°, pars m’installer à la montagne et deviens professionnel de la montagne. Je découvre la notion de « désert musical ».

En 2010 et un an après sa création je rejoins l’aventure de l’Altitude Jazz Festival qui fête aujourd’hui sa 17eme année. Je deviens au fil des années le pilier des co-programmateurs. C’est un festival de montagnes et en montagne, avec cette année, 35 concerts dans 21 lieux différents, des salles équipées aux pistes de ski en passant par les refuges de montagne. Notre ligne artistique est centrée sur l’émergence, l’innovation et nous aimons les jazz qui continuent de s’inventer en flirtant avec les autres musiques actuelles; le tout dans un esprit assez indé.

Parallèlement, et depuis 2011, j’édite et diffuse chaque mois la Sélection Du Mois, une sélection personnelle des nouveautés que je glane au fil de mes recherches. On y trouve beaucoup de choses : rock indé, post punk, post jazz, electronica, hip-hop et surtout beaucoup de choses inclassables.

Ta playlist:

Disque: Impossible ! Chaque année m’apporte au moins des dizaines de nouveaux groupes qui, selon moi, continuent d’apporter une énorme pierre à l’édifice. Je mets ici quelques coups de coeur de ces dernières années : Agar Agar, Aggregat, Aquaserge, Autobahn, Balladur, Badbadnotgood, Baxter Dury, Beak>, Big Thief, Bol, C.A.R, Camilla Sparks, Chloé, Chassol, Cavern Of Anti-Matter, Crack Cloud, Daïda, Domotic, Dry Cleaning, Explosions In The Sky, Floating Points, Fontaines DC, Fujiya & Miyagi, Grandbrothers, Gogo Penguin, Glauque, Homeboy Sandman, Julia Jacklin, Kate Tempest, Lucie Antunes, Mammal Hands, Max Cooper, Meule, Mount Kimbie, Monolithe Noir, NCY Milky Band, Peter Kernel, Pixvae, Portico Quartet, Protomartyr, Rank-O, Rival Console, Ropoporose, Sinead O Brien, Sons Of Kemet, Squid, Stuffed Foxes, The Cool Greenhouse, Thurston Moore, Vanishing Twin, Vulfpeck, Weval, Yin Yin…

Film : J’adore le cinéma mais n’y consacre malheureusement pas assez de temps. J’adore les films de Wes Anderson et de Xavier Dolan.

Livre : J’adore lire mais je me sens déconnecté de la littérature actuelle. Je lis l’actualité : Revue 21; La revue dessinée, Le Monde, Mediapart, Le Monde Diplomatique.

Concert : un vieux souvenir c’est les Beastie Boys en février 1995 pour l’album “Ill Communication” à Paris. J’en ai savouré chaque seconde et je n’ai jamais revu un public autant en transe. Un souvenir récent c’est Squid au Hop Pop Hop Festival à Orléans. Où on voit bien que quand les jazzeux font du rock ça donne des trucs complètement géniaux. Et puis ces anglais ont toujours cette fraîcheur éternelle en eux.

Ta plus grande émotion musicale ?

Sûrement voir enfin Jeff Buckley en concert après avoir écouté son album “Grace” absolument tous les jours pendant des mois. Et apprendre son décès quelques mois après.

Ton espoir pour le futur ? 

J’ai espoir que la grande dynamique associative française ne se tarisse pas. Que les gens continuent de s’investir dans des associations et peu importe ce qu’ils y organisent : soirées, festivals, labels, lieux de diffusions. Je ne nourris plus aucun espoir pour la musique mainstream depuis longtemps mais j’espère que la musique indé continuera à produire des pépites comme elle a toujours fait, avec des petits lieux de diffusion à la clé. Les petits lieux font les grands concerts…

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