PEILLON JAZZ FESTIVAL: PIERRE BERTRAND 5et – HUGH COLTMAN 4et

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LIVEREPORT PEILLON JAZZ FESTIVAL

Le 03/07/21 Place Arnulf à Peillon (06).

On rejoint le village de Peillon tout en haut d’un piton rocheux, par une petite route en lacet de 2400m. Une noria de minibus monte les spectateurs jusqu’à la place où est installé la scène. Là, des bénévoles nous guident vers nos places, au pied du village dans un décor paisible d’arbres et de vieilles pierres.

Sans presque de retard, le quintet de Pierre Bertrand prend place. Il va nous décliner ses Colors, du jaune (ensoleillé) au rouge (sang) en passant par le bleu et le vert. Entre chaque morceau, Pierre Bertrand nous explique sa vision jazzy de la teinte qu’ils vont évoquer, nous donnant même la métrique du thème, (2,3 ou 5 temps). Ils jouent un jazz très écrit, à la fois sophistiqué et facile d’accès. Le piano lumineux de Pierre-Alain Goualch, la trompette ‘hubbardienne » de Anders Bergcrantz. La rythmique discrète et terriblement efficace de Christophe Walemme (contrebasse) et de Matthieu Chazarenc (batterie). Le leader décline la mélodie à la flute, au sax soprano ou ténor avant de se lancer dans quelques belles impros relayées par l’un de ses musiciens. Les duos à l’unisson trompette-ténor frise le sublime. En tout fin, Paloma Pradal, invitée surprise, vient ajouter sa voix, chaleureuse et flamenca pour une chanson toute en sensiblité.

L’entracte nous permet de nous restaurer mais aussi de découvrir ce village, ses ruelles, ses pierres et même son four à pain communal et centenaire, remis en chauffe pour cuire une excellente Socca maison tout au long du festival.

Puis l’on retrouve le chanteur Hugh Coltman, un habitué des scènes azuréennes, venu dans ce village médiéval avec un nouveau quartet. Deux fidèles musiciens l’accompagnent, Raphael Chassin, le batteur de tous ses projets et le guitariste Thomas Naïm. Fabien Marcoz complète le groupe à la contrebasse. Hugh Coltman puise ses chansons dans le répertoire de ses deux derniers albums. Il chantera donc quelques titres écrits par Nat King Cole dont une magnifique interprétation de « Mona Lisa » en duo avec Fabien Marcoz. Mais aussi quelques-unes de ses propres compositions dédiées à son père, son fils ou le très enjoué « Civvy Street » qui évoque La Nouvelle Orléans. Pour ne rien gâcher, il fera une version très sobre de « River » de Joni Mitchell et surtout, avec Thomas Naïm qui les a arrangées, deux covers d’Hendrix, « Castles Made of Sand » et le sublime « If 6 was 9 ».  La formule à quatre, donne beaucoup d’intensité, de profondeur et de sobriété à des thèmes que l’on avait connus plus explosifs.  On passe de l’intime à l’émotion en cette belle nuit d’été.

Jacques Lerognon

 

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