Les 29 et 30/10/2026 au Palais des Congrès de Juan-les-Pins (06)
Pour sa 9e édition, sur deux jours seulement cette année, Jammin Juan proposait 12 groupes dans des showcases de 35 minutes. Un compte-rendu exhaustif serait long et peut-être fastidieux. Nous évoquerons seulement les groupes que nous avons préférés, ceux qui nous ont enthousiasmés et fait vibrer. Une révélation, une confirmation et un coup de cœur pour chacun des deux jours.
La révélation du jeudi, Knobil, le trio de Louise Knobil (compostions, contrebasse et voix), Chloé Marsigny (clarinette basse) et Fabien Ghirotto (Batterie). Une formation atypique, un univers particulier. La musicienne suisse nous fait rentrer dans son petit monde, le pesto, l’amitié, les queers. Un journal intime musical en mode Jazz-Punk-Paillettes. La clarinette et ses effets enrobent la contrebasse qui sait swinguer, grincer, pizzicater. Le batteur de ses baguettes allègres maintient le trio dans un tempo pétillant.


Le guitariste Anthony Jambon est la confirmation du jour. On l’avait entendu au Jammin Juan de 2018. Il poursuit sa route avec élégance. Ils jouent seulement deux longs morceaux. Un jazz-prog très bien construit. Une belle cohésion de groupe et des duos guitare-trompette avec Camille Passeri ou guitare-basse avec Swaéli Mbappé, inventifs, virtuose mais sans affect. Un quintet à suivre absolument.


Le coup de cœur est pour le duo acoustique Chris Jennings-Pierre Perchaud. Une contrebasse, une guitare. Des dialogues ciselés, des compositions subtiles des reprises surprenantes de Brassens (le rare « Pénélope ») à Elton John (« Goodbye Yellow Brick Road ») pour un jazz enthousiasmant, gouteux, intimiste.


Passons au vendredi. La révélation est le sextet Nils Kassap & Friends. Un groupe de cinq jeunes musiciens menés par Nils Kassap. Un groupe très électrique, basse, guitare, claviers, batterie pour accompagner la clarinette basse du leader. Du jazz klezmer avec des influences balkaniques, survolté par un esprit très rock et même métal par moments. Le guitariste Valentin Gevraise manie sa Telecaster comme un guitar heroe. Et quand il se lance dans un duo à l’unisson avec la clarinette que la bassiste Ye-Eun Lee ponctue avec vigueur, le public en redemande. Un jazz hybride et un groove imparable. On attend leur album avec impatience.



La révélation est le duo « Wonderland » de Guilhem Fontès & Thomas Bourgeois. Un dialogue entre le piano, les synthés et les percussions. Les trilles du clavier et la frappe à la fois puissante et délicates sur le zarb persan. Ils évoqueront des homards qui aime le quadrille et des licornes du désert. Erik Satie nous rend visite au détour d’un blues aussi étrange que lui. Quand la mythologie rencontre le swing, le jazz se réjouit.


C’est avec Crozphonics que l’on finit cet article, une confirmation pour l’accordéoniste Charles Kieny qui nous avez enchanté avec son projet CKraft, du jazz-metal habité de chant grégorien. Il revient avec une nouvelle formation en trio où son accordéon est accompagné, modelé, enlacé, par deux violoncelles. Un concept original où musique classique, jazz et musiques improvisées cohabitent. Une narration polyrythmique, des strates qui s’accumulent jusqu’à former un conte onirique entre minimalisme et pulsation intense. On espère leur retour sur nos scènes au plus vite.



Le jazz est toujours là, bien vivant dans toutes ses formes avec toutes ses différences.
Jacques Lerognon
#NouvelleVagueMagLiveReport










