NICE JAZZ FESTIVAL – Samedi

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Le 16/07/22 au Théâtre de Verdure – Nice (06).

Pour une fois, commençons par le dernier set, celui de Kenny Barron :
22h35, le trio pénètre sur la scène du théâtre de Verdure.

Le pianiste, lunettes sur le haut du front, a la démarche d’un homme de 80 ans mais dès qu’il s’installe à son clavier et commence les premières notes de How Deep is The Ocean, c’est le jeune homme qui jouait avec Elvin Jones ou Ron Carter que l’on retrouve. Il joue ce soir avec l’excellent contrebassiste japonais Kigashi Kitagawa et le drummer californien Willie Jones III. Entre compositions personnelles et standards revisités nous passons plus d’une heure et demi de pur jazz trio, façon club New-yorkais. Les musiciens n’ont pas besoin de se regarder, on ne sait comment ils échangent mais la cohésion du trio est parfaite. Équilibre des sons. Beauté des mélodies (tout particulièrement le 3e, emprunté à Charlie Haden). Et même quand ils jouent du chaloupé, un calypso, cela sonne encore comme du bon vieux jazz qui swingue. Et d’ailleurs, après le morceau final Song for Abdullah, il nous fait quelques notes de piano stride, comme un clin d’œil.

Plus tôt, en toute fin d’après-midi, Samy Thiébault nous présentait son nouveau projet Awé, dernier opus d’une trilogie consacrée aux musiques caribéennes. Il est entouré d’une belle équipe: Josiah Woodson (Bugle, Trompette), Felipe Cabrera (Contrebasse), Inor Sotolongo (Percussions), Arnaud Dolmen (Batterie), Leonardo Montana (Fender Rhodes, Piano). Tous habitués, experts même, des rythmes afro-cubains et des musiques latines et brésiliennes. Le jazz se nourrit des influences qu’apportent chaque instrumentiste, chaque compositeur. Et finalement la chaleur ambiante de ce Nice Jazz convient fort bien à ce programme du saxophoniste dans son surprenant costume framboise. Une musique explosive, la trompette qui secoue le sax, les percussions augmentées d’une longue tringle de clefs qui maintiennent tout ce petit monde en place et Leonardo Montana, comme toujours, aussi discret que magistral.

Jacques Lerognon

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