CROSS CURRENT TRIO / GILBERTO GIL & FAMILY

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Le 16/07/2022 dans le cadre du Festival Jazz à Juan, à la Pinède Gould – Antibes-Juan-les-Pins (06).

Ce soir-là, à Juan-les-Pins, ils rendirent la nuit plus brillante que le jour… Tout, absolument tout était au rendez-vous pour chrysalider ce qui, somme toute, n’était sur l’affiche qu’un bon festival de musique, en un véritable moment d’état de grâce culturel. Qu’on se le dise, l’équipe au complet (et rarement la notion de “Grande Famille de la Musique” n’en aura aussi bien embellit ses propres lettres) du festival Jazz à Juan mérite amplement tous les compliments qu’ils leurs auront été adressés et bien plus encore ! Mettant les petits plats dans les grands, l’organisation irréprochable de l’ensemble de l’événement n’a souffert d’aucun écueil. Presse bienvenue et choyée, public accueilli par les mêmes sourires, du simple curieux de passage pour l’occasion à son altesse le Prince Albert de Monaco en personne, service d’ordre discret et bienveillant, qualité surréaliste de la programmation, le tout dans un cadre si aérien qu’il en fit oublier, le temps d’une soirée, la température caniculaire enveloppant notre belle Côte d’Azur.

Deux groupes aux commandes d’une bande son accompagnant un coucher de soleil amplifié par le prisme d’une scène incroyablement lumineuse. Un grand bravo à l’équipe technique, que ce soit du point de vue du son, au réglage irréprochable et des lumières en passant par les preneurs d’images diffusées sur les deux grands écrans géants disposés de chaque côté du plateau, tout était idéalement réglé.

Première partie : Cross Current Trio composé du contrebassiste hollandais Dave Holland, du saxophoniste Chris Potter et Zakir Hussain, tablatiste indien. Trois mélomanes escortant le public à travers une exploration de l’univers du jazz et des ragas indiens. Un trio efficace, trois musiciens hors pairs dont la parfaite dextérité n’aura eu d’égale que l’absence de limite concernant l’art et l’imagination. Un show simple et transcendant à la fois, magique, technique et facétieux. Les trois comparses, très à l’aise, connaissent déjà bien le festival puisque Dave Holland y joua en 1963, accompagnant le grand maestro Miles Davis, et en 1990 avec le groupe Gateway. Quant à Zakir Hussain, sa dernière venue datait de 1999 avec la formation Shakti (NDLR : composé notamment de John McLaughlin à la guitare). Les morceaux défilent comme autant d’oiseaux transportant un auditoire conquis et c’est avec énormément de chaleur que la formation conclut son set par un morceau extrait de leur dernier album : “Good Hope”.

En seconde partie, c’est le Brésil tout entier qui amerrit sur une scène ultra colorée. Gilberto Gil & Family, comprenez, au centre de l’espace, le maître incontesté de la bossa nova et du tropicalisme, Gilberto Gil, quatre vingts ans, né à Salvador de Bahia, et, gravitant avec majesté autour du chanteur, compositeur, interprète, pas moins de dix-sept musiciens, tous membres directs de la famille de Monsieur Gil. Enfants, petits enfants et arrières petits enfants, tous venus accompagnés ce talentueux patriarche aux accents colorés et si mélodieux. Un début de set en douceur pour une mise en place de cette dimension si caractéristique de la musique du soleil. Un public qui se régale et ouvre tout grands ses yeux et ses oreilles. Un public sage qui apprécie, assis, un spectacle aux allures de tournesol multicolore. Assis… Sage… Enfin jusqu’à 22h45 exactement… Quinze minutes! C’est tout ce qu’il aura fallu aux nombreux membres de la communauté brésilienne et portugaise pour infiltrer les espaces libres faisant face à la scène. Et lorsque, dans un soubresaut inattendu, Gilberto et ses musiciens profitèrent d’une montée en puissance d’un morceau joué pour élever simultanément les mains vers la lune, c’est toute l’assemblée, galvanisée par le déchaînement de ces véritables « aficionados » de la joie et de la bonne ambiance, qui se leva, emportée par la vague d’émotion et l’explosion de bonheur qui éclata au milieu du festival. Gilberto Gil n’était pas simplement là pour chanter et nous faire danser. L’artiste allait également profiter de l’occasion pour nous présenter les étoiles montantes des différentes générations marchant dans ses pas. La plupart des membres de sa bienheureuse et talentueuse famille allaient être invités à chanter au centre de la scène. De l’ensemble, les festivaliers purent, notamment, découvrir la voix magique de sa petite fille interprétant plusieurs titres, dont, en duo avec le chef de famille, le fameux morceau “The Girl from Ipanema », un véritable moment de rêverie… Le concert, d’un dynamisme unanimement reconnu, se conclut sur la chanson “Toda Menina Bahiana”, laquelle allait rester dans les cœurs des personnes présentes ce soir-là, bien au-delà des frontières de cette fin de soirée idyllique.

Aurélie Kula

www.jazzajuan.com

© Festival Jazz à Juan – RivieraKris

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Aurélie rejoint l'équipe de Nouvelle Vague en 2013, en tant que rédactrice. Après plusieurs contributions, elle intègre le bureau du journal au sein duquel elle effectuera les missions liées à sa nouvelle fonction de secrétaire de rédaction pendant plusieurs années, ce qui l'amènera à couvrir beaucoup de concerts et de festivals, comptes rendus et interviews d'artistes de renoms et internationaux. Aurélie est en charge du "Son du jour" sur la page Facebook de Nouvelle Vague, publié tous les jours à 13h. Amatrice de jazz, IDM, dream pop, néo classique et de punk rock (en gros FIP), elle est aussi une grande collectionneuse de vinyles. Ses autres passions sont, à ce jour, la photographie, la littérature, la basse, les arts martiaux et le yoga. A présent, elle travaille en tant qu'assistante de production pour l'influenceur Nota Bene, youtuber spécialisé dans la vulgarisation de l'Histoire et le Gaming.

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