FESTIVAL LES ÉMOUVANTES – Vendredi

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#NVmagLiveReport
Le 24/09/21 –Conservatoire Pierre Barbizet – Marseille (13)

Vendredi 19h, on retrouve la belle salle J. Billoud du conservatoire Barbizet pour le premier concert de la soirée intitulé « Entre les terres ». Le quartet de François Corneloup (saxophone) et Jacky Molard (violon), accompagnés, entourés, par Catherine Delaunay à la clarinette et Vincent Courtois au violoncelle. Des voyageurs au cœur des musiques du monde. Le jazz qui s’aventure dans le folklorique. Violon pizzicati et clarinette nous entraînent dans leurs imaginaires, le violoncelle en « pizz » lui aussi rajoute quelques basses ponctuées par le sax. On pense aux Beatles arrangé par George Martin. Mais c’est l’heure des raconteurs d’histoires: le baryton, c’est la voix du vieux grand-père qui raconte une vieille légende médiévale, la clarinette c’est la petite fille espiègle qui écoute sans trop y croire. Le voyage continue on arrive en pays celte,
François Corneloup percussionne du pied gauche sur le parquet
alors que son sax baryton groovise le quartet.
Vincent Courtois nous offre une petite walkin’ bass sur son violoncelle au thème qui suit. Le temps de traverser l’Europe vers les Balkans pour cette « Red Gigue » qui démarre piano-piano avant d’enfler comme un ballon jusqu’à l’explosion. (Coup de chapeau au sonorisateur!). Il fallait bien, avant de finir, rejoindre la Bretagne, patrie de Jacky Molard pour une plinn armoricaine! Le bateau arrive au port, puis on danse…
Quant à nous, on va grignoter avant la deuxième partie.
On reprend place salle Billoud où l’on découvre, avec leurs maîtres à jouer, toute une série d’instruments fort peu usité dans le jazz. Judith Pacquier avec son cornet à bouquin (dans une bibliothèque!) et sa flûte à bec. Abel Rohrbach au saqueboute basse. Volny Hostiou, serpent et basse de cornet. Près de Martin Bauer, on reconnait dessus et basse de viole. Keyvan Chemirani à son Zarb et son daf. Anne Magouët est soprano mais joue aussi du violon alto. Enfin, l’initiateur de ce projet, David Chevallier enjambe puis empoigne son théorbe, laissant sa guitare baroque pour plus tard. Au programme de ce « Emotional Landscapes », les chansons de Bjork, revisitées, réarrangées pour un ensemble de musique ancienne. N’étant pas très versé dans le répertoire de la diva électro islandaise, j’envisageais avec quelques circonspections pour le fond, mais en amoureux de la musique baroque, je ne doutais point de la forme. Et je ne fus point déçu. Les cantilènes de Bjork sont réorchestrées et David Chevallier y mêle avec finesse (et un brin de malice) quelques belles œuvres du 16e et 17e siècle. On entendra ainsi Monteverdi, Purcell, et, mention spéciale, Barbara Strozzi (une des rares compositrices de l’époque). On peut noter quelques magnifiques moments, une aria voix, théorbe, cornet à bouquin puis le moment le plus « jazz » un trio viole (en guise de contrebasse), zarb (percus) et guitare baroque. Un seul petit regret, on aurait aimé plus de solo virtuose au théorbe mais David Chevallier était là plus comme chef d’orchestre, instigateur, arrangeur que comme théorbe-héro. Une autre fois peut-être.

Jacques Lerognon

Corneloup-Molard quartet « entre les terres »

David Chevallier septet « emotional landscapes »

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