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TEMENIK ELECTRIC

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Le quintet marseillais Temenik Electric sort son quatrième album “Habibi, my love”. Une ode à l’amour hybride, vibrante et électrisante sur fond d’“arabian rock”, comme il aime à appeler son style si singulier. Rencontre avec Mehdi Haddjeri, musicien chanteur et fondateur du groupe.

Le nom de l’album comme l’intégralité des titres qu’il contient sont des odes à l’amour. Pourquoi ce thème ? 

Au moment où j’étais en phase de création, je pensais que tous les autres thèmes étaient secondaires face à l’amour, qui est inépuisable. Il était important pour moi, dans mon chemin et mon parcours de musicien, d’évoquer ce sujet comme un étendard. Je pense en tant qu’artiste et personne qu’essayer de régler les difficultés du quotidien, intimes ou universelles ne peut passer que par le sentiment d’amour. Pour les gens que nous aimons bien sûr, mais pour la vie, l’amour au sens large comme une armure ou un arme pour confronter la vie. Cela peut paraître naïf mais vu le contexte, je ne pense pas être dans le faux. Bien sûr, je me l’applique : cela me fait du bien. 

L’amour et la famille semblent intimement liés dans tes textes mais aussi tes prises de parole ou tes clips. Pourquoi était-ce important pour toi que ta famille partage ce projet, cet hymne à l’amour ? 

C’est ce qui m’a construit, en fait. Si, aujourd’hui, j’arrive à écrire de la musique, à partager, à jouer, c’est parce que cet amour familial me l’a permis. Ça m’a toujours accompagné, et encore plus fort aujourd’hui. Je suis issu d’une famille très nombreuse, et ça m’a cadré et a conditionné ma vie. Je ne peux pas faire sans et je me suis rendu compte que, parallèlement, j’ai créé une famille encore plus large par la musique, les rencontres, les projets… Cela me rassure. 

Tu parles de naïveté, mais dans certains des morceaux, comme “Be Cif”, l’amour est clamé de manière percussive, et est plutôt un combat, une persévérance. 

Exactement. “Be cif”, ça veut dire “de force”. Face à des épreuves que nous pouvons vivre, nous n’avons pas d’autre choix que de se rappeler au vivant. J’ai cet état d’esprit depuis petit et ça m’aide à me construire : nous parlons d’amour mais il ne faut rien lâcher. Pour apaiser, se relever, il n’y a rien de mieux que d’aimer la vie. 

Tu confrontes l’arabe et l’anglais, le rock et le chaâbi, la mandole et les guitares… Qu’est ce que tu aimes dans ces alliances qui semblent parfois se confronter ?

Je suis d’origine algérienne, j’ai toujours vécu avec une double culture. J’ai été baigné dans le rock anglais et la musique arabe. J’ai la chance de voyager et de rencontrer des gens et des cultures très différents. Je ne peux pas faire autrement que d’être multiple. J’ai la chance de pouvoir chanter arabe tout en parlant français, ça m’a toujours accompagné. Pour moi, c’est évident, ce n’est ni une formule ni une recette, je suis au milieu de tout ça. Quinze ans après nos débuts, nous nous rendons compte que nous ne pouvons pas faire autre chose, même si j’ai pu faire de la chanson française ou de la musique anglo-saxonne. Quand j’ai des choses à raconter je ne peux le faire qu’au travers de ma propre histoire. 

Pourquoi le choix de l’arabe, sur quasiment tous les morceaux de l’album ? 

La première chanson que j’ai écrite pour Temenik était en français. Je pense et j’écris en français mais je traduis et me fais aider par des proches, ce qui crée des moments précieux lors de la mise en paroles et en musique de mes chansons. Comme l’anglais, pour la pop rock, l’arabe sonne bien aux oreilles dans notre musique. C’est un outil artistique, cela me ramène à mes origines mais c’est avant tout une volonté artistique. Cela ne signifie pas que je ne chanterai pas à nouveau en français. 

Tu as monté le groupe en 2015 avec Jérôme Bernaudon, et tu joues désormais en quintet dans le groupe. Comment se passe le processus de création, de composition, avec cette formation ? 

Là, précisément, je suis venu avec des idées plus ou moins abouties que nous avons surtout bossées avec Florent Sallen, le batteur du groupe. L’écriture et la mélodie viennent de moi et la musique a été faite à deux. Lorsque l’ossature existe, nous arrangeons et nous dérangeons en studio avec les autres membres du groupe. Dans le processus de création, à un moment nous devons dire “c’est bon, le morceau aura cette photographie là”, sinon tu peux ne jamais t’arrêter !

“Habibi, my love” est le quatrième album studio de Temenik Electric. Quelle vision as-tu de l’évolution du projet ? 

J’ai l’impression et ça me rassure que le prochain album sera encore mieux que celui-là. Que nous sommes toujours dans une progression, dans une recherche de s’éclater et d’évoluer, d’avoir une vraie proposition artistique pour l’auditeur. Je sais déjà qu’il y a aura un cinquième album, et j’ai même trouvé le titre il y a quinze jours. Je veux continuer à raconter des histoires, et à force de rencontres, de progresser et d’affiner ton oreille et ton expérience, pour ne pas dire que tu vieillis (rires), tes envies évoluent. Je ne supporte pas la formule “c’était mieux avant” : je pense sincèrement que demain sera meilleur, pour ma vie comme la musique. Je suis heureux et fier de ces quinze ans et de ce que nous dégageons aujourd’hui. 

Vous rouvrirez la salle mythique du Moulin pour la release party, après une première date parisienne au Hasard Ludique. Ces dates annoncent-elles une tournée ? 

Oui ! Nous y travaillons, ça se dessine bien. J’ai envie de partager à l’international, parce que notre musique est de la pop rock, de la variété internationale. Elle se partage dans le monde. J’ai envie de repartir et partager notre histoire.

En tant que musicien chanteur mais aussi directeur de la structure culturelle Le Nomad’, quelle vision as-tu de l’évolution de ce secteur dans notre société ? 

J’ai l’impression que ça va tellement vite que j’essaye de m’appuyer sur une équipe qui a une vision un peu plus actuelle que la mienne. Je m’appuie sur elle, il y a tellement de bonnes choses que j’ai l’impression de me faire prendre de vitesse et elle m’aide à ne pas me sentir dépassé. Il y a beaucoup de belles choses à découvrir via internet et les réseaux sociaux à travers le monde : c’est plus facile aujourd’hui, il ne faut pas s’y perdre bien sûr mais j’ai l’impression que le rapport à la musique a changé. Il reste nécessaire de la découvrir en live, mais en termes d’inspiration et de découvertes il n’y a jamais eu autant de choses que les dernières années. 

En ce début d’année, quels seraient tes souhaits, pour toi, et pour le monde ? 

Pour rester dans la thématique et parce que ça fait la boucle avec toutes les conneries que j’ai pu raconter : l’amour, l’amour et toujours l’amour.

Lucie Ponthieux Bertram

facebook.com/temenikelectric

📸 Temenik Electric par Swann Fourmanoy.

#NVmagZoom #TemenikElectric

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