YCARE

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De la Nouvelle Star aux Restos du coeur, nous avons échangé avec Ycare à l’occasion de la sortie de son dernier album « Nos futurs ». L’artiste nous partage des anecdotes sur le processus de création et les choix artistiques qui ont été faits pour l’album.

« Nos futurs » est ton second opus de duos, peux-tu nous raconter comment s’est réalisé ce choix ?

Le deuxième album s’est fait très naturellement, le premier était un rêve, un effort parce que c’était pendant le covid. J’imaginais des duos parce qu’on était enfermés et ça m’éclatait de m’imaginer les duos de mes rêves. C’était laborieux de faire un album de duo. C’était assez compliqué de convaincre tout le monde et le second s’est fait vraiment naturellement, entre la promo, les tournées et finalement, ce sont les rencontres qui ont convoqué les chansons.

Peux-tu nous expliquer le choix du titre de l’album « Nos futurs » ?

La référence, elle est claire. C’est par rapport au sigle anglais punk des années 70 « no future », où la jeunesse prônait le fait qu’il n’y aurait pas de futur et que l’on était dans une espèce d’apocalypse, de fin du monde. C’est un peu comme ça que j’ai pensé pendant un moment. J’ai été dans une adolescence assez longue qui s’est éternisée jusqu’à mes 35 ans. Et finalement, sur l’absence de futurs, il y a deux « s » qui sont venus se coller et on est passé d’une absence d’avenir à une multitude de futurs possible. Parce qu’aujourd’hui je suis conscient que c’est nous qui sommes maîtres de nos vies.

Les duos sont très variés, on retrouve des artistes de la nouvelle génération comme Mentissa et Gauvains Sers, mais aussi des artistes plus confirmés comme Garou et Patrick Bruel. Comment se sont organisées ces collaborations ?

Tu as tout dit dans ta question. « Varié ». Nous sommes la variété. Et la plus grande chance du monde, c’est de faire exactement ce que l’on veut. Ce sont les chansons les reines, c’est elles qui décident. Toute ma vie, je n’ai cru qu’aux chansons. Comme si elles étaient un vêtement qu’un mannequin porterait. Il y a des mannequins qui donnent une forme aux vêtements. C’est exactement la même chose avec une chanson, l’interprète donne une forme aux mots, à la direction d’une musique. 

Peux-tu nous partager une anecdote sur le processus de création ?

Il y a quelque chose qui a été assez marquant, c’est Anne Sila et Mentissa quand elles chantent en studio, tu ne peux pas ne pas pleurer. Dans ma vie, il y a eu trois artistes avec qui j’ai ressenti quelque chose d’ incroyable : Zaz, Anne Sila et Mentissa. C’est d’une telle puissance et d’une telle pureté. Tu comprends d’ailleurs pourquoi Zaz fait le tour du monde en chantant en français. Il y a cette magie qu’elle a dans sa voix et dans son regard qui va toucher le cœur des gens. La beauté de l’instant, ça a été de devenir spectateur de quelque chose dont j’étais censé être le créateur. 

Peux-tu nous décrire la composition de la photographie de la pochette de l’album ?

Merci pour cette question, parce qu’on me le demande rarement et c’est important. Sur le premier volume « Des millions d’années », c’est une statue qui redevient humaine, donc elle jette le côté Ycare statue. On perd cette déshumanisation, on redevient humain donc on est nu. Et on arrive sur le deuxième volume après avoir traversé le désert, qui ici est matérialisé par l’océan. Tu arrives évidemment avec tout ton bagage, ton vêtement qui est ton tatouage et il se prend dans les bras. Je dis « il » parce que c’est cette histoire-là. De celui qui a pris 40 ans à arriver à se prendre lui-même dans les bras, à se dire, je te pardonne et je t’aime, à s’aimer soi-même dans l’humilité.  J’ai mis tellement de temps à me réconcilier avec moi-même et finalement, c’est comme ça que l’album se termine avec « Un costume à ma taille » où je finis seul grâce à tous ces gens qui m’ont accompagnés sur deux volumes. Sur cette photographie, je me vois comme guéri de tout et avec le souvenir de tout, puisque mes tatouages sont des moments de ma vie. C’est Yves Bottalico et on l’a fait à Nice, on a un pays fabuleux. 

Après avoir réalisé de nombreux featuring sur tes deux albums duos. Y a-t-il un duo de rêve non réalisé ?  

Cette année aux Enfoirés, un coup de foudre artistique avec Lara Fabian. J’ai vu Kendji aussi, Nolwenn, Jenifer… Je ne ferai pas de volume 3, mais ils font partie des artistes que j’apprécie beaucoup.   

Tu as débuté ta tournée « Nos futurs Tour », peux tu nous en dire un peu plus sur la setlist et la scénographie ?

C’est vraiment essayer de garder cette intimité que j’ai depuis toujours avec les gens. Je parle beaucoup entre les chansons, je raconte comme je discute avec toi. Ça ne sera jamais chronométré, millimétré à l’Américaine. Et la plupart du temps j’inverse l’ordre, donc mes musiciens veulent me tuer parce que je leur dis que je veux faire tel titre pour raconter l’histoire du morceau au public. Nous sommes vraiment dans un vrai partage avec les gens.

Tu as également écrit le dernier hymne des enfoirés 2024 « Jusqu’au dernier ». Comment s’est réalisé ce projet ?

J’étais en studio avec Patrick Bruel et il me dit, j’ai une idée de dingue. « J’ai jamais proposé de chanson pour les restos, ça serait bien qu’on la fasse ensemble ». Je rentre chez moi et je commence à écrire. Patrick est venu à la maison, on a terminé le refrain, il a co-composé la musique, mais j’avais fait le texte. Lorsqu’il m’a proposé le projet, c’est immédiatement sorti. Et on a eu l’honneur qu’elle soit chantée cette année. 

Et enfin petit clin d’oeil au titre « Nos futurs » , comment tu imagines le tien ?

Calme, et finalement, il y a la guerre un peu partout, on nous montre à la télévision des gens qui se détestent. Je ne désespère jamais de l’amour, mon futur, je l’imagine comme je l’aurais décidé. C’est-à-dire qu’au feu je n’opposerai que l’eau, et à l’eau je n’opposerai que la chaleur. Ce n’est pas parce que nous ne nous ressemblons pas que nous ne nous aimons pas. Nous sommes tous utiles à quelque chose. Moi, j’aime l’humain dans sa différence est c’est une phrase de Saint Exupéry « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ». 

Clara De Smet 

Le 27/03/2024 à l’Espace Julien – Marseille (13).

ycare.store

Photo : Yves Bottalico.

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