SOCIAL DANCE

0
18

C’est l’histoire d’un trio marseillais que tout le monde s’arrache à la minute où il apparaît. Loin de cultiver un melon trop lourd à porter, Faustine, Ange et Thomas de Social Dance nous parlent de cette belle aventure avec une simplicité et un sourire inspirants.

À vos débuts, vous avez été propulsés sur scène, tout a été très vite. Aujourd’hui, qu’est ce qui a changé dans votre façon d’appréhender le milieu, les concerts, etc. ?

Faustine : Moi, je peux dire que nous nous sentons déjà plus à l’aise, étant donné que nous nous sommes un peu “fait les pattes”, en live. Nous avons créé des petits rituels qui nous confortent. Aussi, nous nous sentons bien car nous sommes ensemble !

Thomas : Oui, nous nous sommes habitués à notre mode de vie. Nous avons fait plein de rencontres super cool, ça fait du bien de savoir que la bulle que nous avions créé à nos débuts a explosé et s’est propagée. C’était le but, avec notre premier EP. Nous avons fait une pause pour digérer, prendre le temps, et ça nous a permis d’y voir plus clair ce que l’on voulait faire comme musique. Nous sommes tellement contents de tout ce qui s’est passé, c’est à peu près ça, le bilan. Un bonheur global que nous ressentons tous les trois. 

Ange : Au début, nous réalisions à peine. Maintenant, nous connaissons nos forces et nous savons qu’il faut bosser aussi plein d’autres angles. Nous sommes plus méthodiques, plus assagis.

Vous viviez initialement en colocation. Est-ce que votre façon de travailler votre musique a changé ?

T. : Nous avons eu beaucoup moins de temps pour faire de la musique chez nous. Quand nous rentrions, nous avions deux jours de repos et nous enchaînions avec une autre date. Ce qui est génial : ces expériences de concerts nous ont permis de travailler cette base là, qui est hyper importante pour le projet. Ce qui a changé aussi, c’est que nous sommes en pleine préparation d’un potentiel album. Nous réfléchissons à ce que nous voulons faire de ce projet hyper important pour nous. Nous essayons plein de choses. Nous sommes encore en phase d’expérimentation.

Votre nouveau titre, “Sometimes”, est sorti récemment, nous y retrouvons votre pâte funk pop électro très dansante, hyper joyeuse. Est-ce que c’est naturel chez vous, ce côté festif ? Vous le cultivez ? 

A. : Ça s’est un peu auto-entretenu : nous nous sommes rendu compte que la force initiale du projet était ce côté spontané. En fait, nous étions vraiment contents d’être là ! (rires). Maintenant, nous essayons de préserver cette spontanéité et de la rendre encore plus contagieuse. Nous l’avons en tête. 

F. : C’est quelque chose de très naturel, en fait, chez nous.  Nos personnalités sont comme ça : nous sortons beaucoup, nous voyons beaucoup de monde, nous ne sommes pas renfermés, nous sommes heureux de vivre ! Le naturel et le spontané font la force du projet. 

Est-ce que votre façon de composer à évolué ?

F. : À la base, je n’avais encore jamais fait de musique. Ange et Thomas m’ont tout appris. Maintenant, je passe un peu plus de temps en studio, mais pour la composition pure ce sont eux qui gèrent.

T. : Pour l’EP qui sortira bientôt comme pour le morceau “Sometimes”, nous avons fait la même chose : nous avons produit ensemble à la maison. La nouveauté, c’est que nous avons été enregistrer dans les studios de notre ami Fred Nevché, pour monter en qualité au lieu de tout faire chez nous. Nous avons ensuite travaillé avec un mixeur, toujours dans cette idée d’ouvrir notre bulle au monde normal, professionnel, et de faire évoluer le projet, de nous ouvrir des portes.

A. : Pour ce qui est de la composition, c’est un peu aléatoire mais il y a la plupart du temps une partie organique, que nous lions ensuite à une partie électronique, dans une idée de dialogue. Souvent, je m’occupe de ce qui est guitare et basse pour donner un cadre si j’y arrive, et, ensuite, c’est Thomas qui amène les textures électroniques. 

On vous a très rapidement proposé d’enregistrer un live pour KEXP, comment était cette expérience ?

A. : Nous l’avons appris entre deux dates, c’était complètement lunaire ! Le moment de l’enregistrement était le plus stressant. Tout simplement car nous ne comprenions pas vraiment la décision ! 

F. Oui ! Nous avons découvert tellement de groupes via KEXP. Lorsque nous passons de l’autre côté, c’est complètement surréaliste !

T. : En fait, quand nous le faisons, nous comprenons pourquoi : ils ont un sens de l’accueil des artistes et un respect assez impressionnants. J’en garde un souvenir de fou ! Nous ne regardons pas souvent cette vidéo mais nous sommes hyper fiers de ce que nous avons. Nous aimons montrer cette formule en groupe. Nous espérons y retourner un jour !

Dans la liste des moments marquants ou inoubliables, que citeriez-vous ?

A. : Moi, je dirais notre date à l’Art Rock de Saint-Brieuc. Nous avons pour politique de ne pas “festoyer” avant le concert. L’attente a été assez difficile jusqu’à deux heures du matin, et nous sommes arrivés devant un parterre de personnes complètement en mode “soirée” ! Nous avons fini par faire du chanter parler à la fin, et je me souviens d’un sapeur pompier qui récupérait les gens qui essayaient de monter sur scène.

T. : Évidemment, Rock en Seine ! C’était l’apogée de notre tournée. Nous nous retrouvons là bas au bout d’un an et demi ! Nous avons également un grand respect pour l’entité et la musique qu’ils défendent. Arriver comme ça devant quatre ou cinq mille personnes, c’était quelque chose ! Après, peu importe la date, nous avons toujours ce mélange de trac et d’excitation. Quand tu défends ta musique sur scène, c’est à la fois très fragilisant et très excitant. nous a appris à le gérer avec le temps. 

F. : Moi, c’est le pop-up du label à Paris ! Nous sortions de la semaine des chantiers des Francofolies, et nous étions complètement morts ! Nous étions rodés comme jamais car nous avions travaillé toute la semaine, mais nous étions épuisés. Ça s’est quand même très bien passé, donc mes sentiments étaient décuplés.

Ça ne vous met pas un peu la pression, des fois, que ce soit allé si vite, que vous ayez déjà fait autant de choses ?

T. : En fait, ça ne nous met pas la pression mais nous essaye de garder cette spontanéité. Sur le papier, ça ne change pas grand chose, nous voulons juste continuer à faire de la musique et des concerts, que le projet vive le plus longtemps possible. En fait, c’est plus la pression de devoir être toujours actif que nous ressentons. Personne n’a de réponse sur ce que c’est de faire de la bonne musique. Nous voulons profiter de la sortie du titre et de l’EP. 

Partager la scène en étant amis, ça marche ? Ça se passe bien ?

F. : Faut croire que ça se passe bien ! Nous arrivons bien à doser temps de travail et temps de fun. Ne pas rester tout le temps dans le taf dès que nous nous voyons. Nous ne vivons plus ensemble mais à quatre minutes à pied : nous sommes colocs de quartier ! C’est très pratique. 

A. : En fait, tout ça nous a donné une sorte d’ordre plutôt qu’une avalanche d’informations à traiter. Ça nous a solidifiés !

Est-ce que vous vous êtes fait “dragués” professionnellement parlant ? Est-ce que nous avons voulu vous récupérer ?

T. : Oui, plusieurs fois ! Nous, pour l’instant, nous sommes bien où nous sommes, à Marseille, à la maison. Nous ne voulons pas que ça change. Travailler avec des gens de chez nous, ça n’a pas de prix. Nous savons que c’est difficile mais nous voulons croire au fait de défendre un projet depuis Marseille. Puis, les gens avec qui nous travaillons y croient aussi [Grand Bonheur, NDLR]. Pareil pour Julien, au Canada, qui gère notre co-label Lisbon Lux Records ; nous avons pu jouer aux Franco de Montréal, ça aussi c’était marquant. Nous sommes très bien où nous sommes, nous nous sentons dans une grande famille. C’est très important pour nous.

Vous avez eu des coups de cœur, sur la route des concerts ?

T. : Nous en avons eu plein, artistiques comme humains ! Je pense à Violet Indigo, ou à Demain Rapides, gros coup de cœur rencontré au Inouïs du Printemps de Bourges. Je pense aussi à AnNie .Adaa. Ce sont des souvenirs ancrés dans des choses réelles.

Où est-ce que vous rêvez de tourner ?

T. : Globalement, nous rêvons que notre public nous fasse voyager ! Grosse scène ou pas. Le voyage, c’est notre rêve. 

F. : J’aimerais bien rester plus longtemps au Canada.

T. : Mexique ! États-Unis !

F. : Amérique du Sud, Brésil !

A. : Si nous parlons de rêve, nous ne nous arrêterons plus… Partout !

Lucie Ponthieux Bertram

facebook.com/socialdanceband

Photo : Grenade Club.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici