MANU

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L’artiste MANU (Emmanuelle Monet) a réalisé un album à partir des poèmes du livre « Poussières d’or-rock’n’roll angels », qui illustrent les photographies de Raphaël Rinaldi. À la fois cabaret post berlinois mais aussi électro noise, cet album s’écoute en tournant les pages du livre. Ce qui permet un accès à l’onirisme et à l’intemporalité, cher à Raphaël Rinaldi. Une œuvre expérimentale et artistique, à lire et écouter. Échanges en toute intimité avec la belle Emmanuelle.

Peux-tu nous raconter la genèse de ce projet ? 

Tout est parti d’une demande de Raphaël Rinaldi. Nous nous sommes rencontrés sur un salon professionnel indépendant de labels, d’artistes etc… Il avait fait un recueil de photos de la scène indé de l’époque et je n’y étais pas. Il  m’a parlé de ce projet de faire un livre, et de photographier des artistes sur les toits de Paris, avec des ailes d’anges dans le dos, fabriquées avec des cordes de piano et d’ajouter en face de chaque photo des poèmes contemporains ou des paroles de chansons dont le thème principal serait les anges. Raphaël m’a demandé de me photographier sur les toits du Grand Rex, sans savoir qu’on aurait dû faire la première partie d’Alain Bashung (qui malheureusement est décédé peu de temps avant la date). La symbolique était donc d’autant plus forte ! Je me suis proposée pour une lecture de textes et de fil en aiguille, la collaboration est née. Le projet a été réalisé pendant le premier confinement, vu que la tournée de l’album « L’horizon » s’est arrêtée net. Ainsi, j’en ai profité pour finaliser pleinement le projet « Poussières d’or ». 

Ce projet existera t-il sur scène et du coup sous quelle forme ? 

Depuis l’arrêt de la tournée, je m’étais mis en pause « musicale », et puis il y a eu ce projet pour lequelj’ai travaillé et là de nouveau de la promo. J’avais enchaîné à la suite de « L’horizon» avec « Entre deux eaux », nous étions en train de préparer le volume 2 : la revisite de mon répertoire en version classique. Après « L’horizon », j’avais envie et besoin de cette pause, car j’étais épuisée mentalement et physiquement. Du coup, je m’accorde cette pause aujourd’hui, il n’y aura donc pas cette année de scène pour ce projet-là. Il y a des moments où il faut savoir s’écouter, je crois, pour avoir de nouveau l’inspiration. 

Ça faisait un moment qu’on ne t’avait pas vu participer à un projet artistique, as-tu composé depuis tout ce temps ? 

J’ai profité de cette période pour lire des livres, regarder des films, jouer aux jeux vidéo, je me suis enrichie de tout ça, et je me suis remise à dessiner. Je me suis intéressée à d’autres choses que la musique, pour justement mieux y revenir. Je ne mets pas un arrêt à ma carrière, c’est juste une pause. Je continue à composer de temps en temps à mon rythme, je remplis des cahiers avec plein d’idées. Niveau musique, j’en fais moins qu’avant, car j’ai besoin de m’éloigner de cette sphère. Je me suis lancée dans le bénévolat, au secours populaire à Paris, pour aider à la distribution alimentaire. Je me suis sentie utile, et ça me prend du temps et de la bonne énergie. C’est gratifiant. Je m’investis en tant que personne sans mettre en avant ma facette d’artiste et ça m’apporte beaucoup humainement. Le projet de Raphaël, me permet là aussi de me mettre au service d’autrui. Je n’avais pas la pression sur mes seules épaules et devoir porter le projet à bout de bras et seule. C’était très agréable de ne pas avoir cette charge mentale, et j’ai pu me concentrer totalement sur le projet.

Qu’est-ce qui t’inspire aujourd’hui ? (autres artistes, films, livres etc…)

C’est difficile de répondre, mais si je devais en retenir un, c’est Shere Khan d’Ici Paris, qui réalise des peintures à l’huile, c’est incroyable. Je vous invite à découvrir ! En film, j’aurai dit « Dune », le dernier qui est sorti ou en série « Ovnis ». J’ai beaucoup aimé le documentaire sur « Last train ». Beaucoup de choses m’inspirent, mais en ce moment je pose mon esprit. En musique, j’écoute des groupes comme Grand Blanc, Pepito ou Melody’s Echo Chambers. Je les écoute depuis longtemps et je ne m’en lasse pas !

Tu avais commencé à partager des plateaux avec Toybloïd et Cachemire (vous êtes tous chez Rage Tour) en 2019 il me semble, racontes-nous ?

C’était génial bien sûr, je regrette que tout se soit arrêté à cause du Covid. Je crois que nous étions à notre 4ème date. C’était ambiance « colonie de vacances », qui part sur les routes, nous nous étions liés d’amitié avec Toybloïd, j’aime beaucoup ce que fait Maddy (Madeleine) en solo au sein de « Bad Bad Bird ». Cachemire est d’une énergie rare, en plus d’être sympathique. On était tous dégouté que la tournée s’arrête…mais vraiment déçus. 

Comment as-tu vécu ce confinement et toute la période qui s’en ait suivi ? 

C’était une période compliquée et malheureusement ça l’est toujours, avec les concerts assis et masqués, c’est assez anxiogène je trouve. Au moins, en 2021, il y a eu une timide reprise c’est déjà ça.

Céline Dehédin

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