LOFOFORA

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Sorti en novembre 2019, « Vanités » avait la furieuse envie de revenir aux sources du punk rock des années 90. La voix de Reuno continuait donc de résonner encore et toujours, au son des textes engagés. Onze titres puissants, plein de force et de rage, le poing levé et le cœur ouvert ! Enervé, revendicatif, Lofo n’a jamais rien perdu de son énergie, ça tombe bien pour les retardataires post covid car la réédition de Vanités sous-titrée « Omnias Vanitas », se voit donc additionnée de 6 nouveaux titres inédits : 5 compositions et une reprise de Philippe Katerine : « Borderline ». Tout simplement décoiffant ! Papotages avec Reuno en toute authenticité… entre deux dates de concerts. 

Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce moment ?

On sort du Covid là, cinq des sept membres du groupe ont été contaminés, ça nous a mis un petit coup au moral après seulement trois dates de reprise , c’est frustrant, mais nous allons repartir de plus belle ! C’est dans un état d’esprit assez boulimique, que nous voulons reprendre la route. Ça nous a manqué depuis deux ans de ne pas pouvoir rencontrer notre public, jouer fort et loin notre musique. Vu que nous l’avons quasiment tous attrapé, nous devrions pouvoir mener les prochaines dates sans soucis.

D’où est née cette volonté de ressortir “Vanités” en édition augmentée ?

Nous ne vivons pas tous près les uns des autres donc il a été très difficile de se voir pendant les périodes de confinement. A distance nous avons réussi à faire un morceau qui s’appelait « Mauvais œil », et que nous avons balancé sur la toile à l’initiative de notre label At(h)ome, qui trouvait le morceau cool, il y a eu une vidéo lyrics qui nous a permis d’envoyer une petite nouveauté sur les réseaux sociaux. Dès que nous avons pu nous réunir, nous avions la volonté de composer des nouvelles chansons d’où ces 5 nouveaux titres, le label était d’accord pour un EP, mais du coup c’est eux qui nous ont proposé de le ressortir dans le cadre d’une réédition de Vanités. Il faut savoir que “Vanités” est sorti 3 mois avant le premier confinement, donc on a eu le temps de faire 20 dates sur les 100 de prévues, pour nous c’était frustrant de ne pas avoir pu davantage le défendre. “Omnias Vanitas” a donc été enregistré dans les mêmes conditions au studio Black Box.

Vous le connaissez personnellement Philippe Katerine ?

Absolument pas ! Nous avons également fait le clip de « Borderline », on lui a envoyé un petit mot mais il ne nous a pas répondu, après c’est quelqu’un de très sollicité et très occupé, il fait une exposition en ce moment à Paris et tourne dans des films, etc., et il a aussi sa propre vie musicale. Après on l’apprécie énormément de par sa liberté créative, que je qualifierai de très punk. J’aime son attitude poétique et inspirante de s’en foutre totalement des conventions. C’est donc un hommage, et le texte correspond beaucoup à la période qu’on a vécu pendant le confinement.

«Omnias Vanitas» est donc un EP à part entière dans la discographie de Lofofora ?

L’EP 6 titres existe séparément (pour 5 euros) en version CD effectivement, car les gens qui avaient déjà “Vanités” ne voulaient peut-être pas racheter tout le disque. Notre mentalité n’est pas de pousser notre public à la consommation inutile et de vendre absolument. La réédition est d’ailleurs au même prix que la version d’origine de 2019.

Du coup à quel moment pensez-vous retourner en studio ?

Sûrement à l’automne prochain. Nous n’allons pas tarder à nous remettre à composer. Nous ne voulons pas marquer une trop grande pause, parce qu’elle a déjà été trop longue pour nous.

Le clip « Les Sirènes » est sorti fin 2021, engagé et militant, est-il voué à être vecteur de conscience ?

Nous n’avons pas cette prétention –là, le conspirationnisme c’est quelque chose dont on a beaucoup entendu parlé, et c’est un sujet qui m’intéresse. J’ai fouillé et je suis tombée sur des thèses hallucinantes, l’origine date de la révolution française et du catholicisme.

Alors comment changer tout ça d’après toi ?

Il faudrait déjà que les gens arrêtent de se cloîtrer dans leurs peurs ! Allez chez le psy et soignez vos peurs, vous verrez qu’on peut vivre sereinement avec tout le monde.

On vous disait vous les artistes non-essentiels au moment du Covid, que réponds-tu à cela ?

Tu peux vivre sans musique, sans littérature, sans cinéma, tu peux vivre physiologiquement, dans un monde en noir et blanc complètement aseptisé, sans goût, ni odorat, mais est-ce que cela vaut la peine de vivre dans un monde ou l’être humain se coupe de ses émotions, de ses ressentis et de sa nature même d’être humain ? Posez-vous bien cette question ! Nous ne sommes pas des machines ! 

Céline Dehédin

Le 13/05/2022 au Frigo 16 – Nice (06) et le 10/09/2022, dans le cadre du Bridge to Hell Festival, à Crest (26).

www.lofofora.com

 

 

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