Le groupe parisien entame une tournée européenne pour présenter son dernier album « Lost and Found ». Nouvelle Vague a échangé avec Loïc Fleury, cofondateur, chanteur et compositeur de Isaac Delusion.
Pour ceux qui ne vous connaîtriez pas, comment est-ce que vous définiriez votre musique?
Ma musique est un mélange de plusieurs influences diverses et variées mais elle tourne autour de la rêverie. Elle est colorée et planante permettant ainsi à certaines personnes de s’évader.
Tu es le chanteur-compositeur du groupe. Comment se passe le processus de création entre vous ?
J’écris les paroles et en grande partie la musique. A l’origine nous étions un duo avec Jules, l’autre fondateur du groupe, et nous composions à part égale. Au fur et à mesure des albums j’ai pris la main sur la partie composition. A l’heure actuelle le processus passe par moi à 90% puis je finalise les morceaux avec d’autres personnes.
Quelles sont tes inspirations ?
J’essaie de faire un mélange entre un style dream pop qui s’apparenterait à des groupes comme « Beach House » et des sons un peu soul mais aussi des influences de la musique du monde. Je garde un côté personnel avec la French Touch pour ne pas ressembler à nos voisins d’outre atlantique !
Quelle est la dernière chanson que tu as entendue et qui t’a émue ?
Je dirai que c’est « Chaki Queen » de Muddy Monk, un artiste Suisse que j’aime beaucoup.
J’ai lu dans la presse que Isaac Delusion sortait « son quatrième album, inespéré », pourquoi cet adjectif ?
Inespéré parce que notre groupe a été créé en 2012 et que la période actuelle propose un marché musical dans lequel il est difficile de perdurer. Nous sommes dans un système de consommation très rapide où les artistes disparaissent aussi vite qu’ils ont émergé. Nous avons eu la chance de garder notre public pendant 10 ans, ce qui est rare. Et puis nous avons également passé la pandémie durant laquelle beaucoup d’artistes n’ont pas survécu. C’était une période compliquée car nous avons perdu notre Label et des partenaires. J’avais déménagé en Bretagne, je travaillais seul ma musique sans voir forcément l’aboutissement mais j’ai gardé espoir et l’album est enfin sorti !
Est-ce-que la « traversée du désert » que tu décris a un lien avec le titre de l’album « Lost and found », mais aussi avec la pochette de l’album qui représente une petite île, avec une maison, au beau milieu de l’océan ?
Oui c’est assez métaphorique. Elle est inspirée de la maison de pêcheur de Saint-Cado dans le Morbihan. Posée sur un amas de pierres, elle donne l’impression de flotter sur l’océan. Nous avons trouvé que cette curiosité pouvait être un message onirique et nous en avons parlé à un peintre, Jean Mallard qui travaille l’aquarelle. Elle représente un point d’ancrage dans l’océan d’incertitudes qu’est la vie.
Peux-tu me parler de la vidéo « Tell me how » dans laquelle vous réalisez un concert dans une montgolfière ?
Nous avions eu cette idée avec Culture Box. Le tournage s’est fait il y a 3 ans au-dessus du lac d’Annecy. Nous sommes montés à 2000 m d’altitude et nous avons joué certains morceaux de plusieurs albums. C’était une expérience incroyable… et une épreuve pour moi qui souffre du vertige !
Si tu pouvez choisir un autre lieu insolite, ce serait lequel ?
J’aimerai bien sur l’océan. Une petite plate-forme sur la mer, ce serait idéal…
Vous entamez une tournée bien dense, qu’avez-vous concoctez pour votre public ?
Notre but est d’emmener les personnes dans un voyage. Nous avons tout mis en œuvre pour rendre le concert le plus immersif et le plus onirique possible. Nous avons une très belle création lumière qui rappelle la voix lactée et les étoiles et nous nous sommes attachés à l’enchaînement musical qui monte en puissance pour permettre une belle envolée !
Emeline Martinsse
Le 07/12/2024 au Stockfish – Nice (06).
Photo : Julien Mignot.









