CALI

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Le 25 février dernier était un jour particulier pour Cali qui lançait la première date d’une tournée acoustique et en solo : «Ne faites jamais confiance à un cow-boy». Un pari également pour le 6MIC avec cette programmation «hors les murs» et une résidence d’artiste à Rognac. Nouvelle Vague était présent pour recueillir dès la fin du spectacle les impressions d’un chanteur qu’on a senti ému et heureux.

La tournée « Cavale », une grosse machine, s’est achevée il y a 10 jours à peine et tu repars déjà… Pourquoi si vite ? Quel est l’envie qui guide ce nouveau spectacle ?

Ce qu’il s’est passé, c’est que j’ai écrit un roman qui est sorti en novembre («Voilà les anges» NDLR) dans lequel on retrouve le fil conducteur du spectacle. Et puis j’ai écrit beaucoup de chansons que j’ai enregistrées au mois de novembre, qui vont arriver cette année. Elles ont été enregistrées à la Johnny Cash ou à la Bob Dylan, c’est-à-dire très très épurées. J’avais envie de les jouer comme ça. Puis la Covid a fait qu’il y a des dates qui ont été reportées, donc la dernière de la tournée pop rock c’était il y a 5/6 jours. Mais ce n’était pas calculé ! Ce qui était plutôt pas mal à Rognac c’est qu’on a eu la chance d’avoir un accueil incroyable, je crois que c’était le bon choix de faire une résidence en famille, ça nous a permis de monter quelque chose en 4 jours seulement.

Et ce «Quelque chose», est-ce que ça mûrissait depuis un moment ?

Oui, ça a mûri, oui. Alors ce qui me trouble c’est le fait que je sois tout seul. Je peux imaginer des choses tout seul. Mais que ce soit le sonorisateur, le régisseur, l’éclairagiste ou le technicien, ils ne savent pas du tout ce que je vais faire au départ. Et ils me font confiance. C’est ce qui m’a plu. C’est-à-dire que j’avais mon fil conducteur dans la tête et j’ai appelé des amis de Valence qui étaient là ce soir et avec qui je vais faire du théâtre l’an prochain. J’ai beaucoup accroché avec eux et je leur ai dit « venez m’aider ». Et donc les deux derniers jours ils sont venus ficeler avec moi des choses, ils sont venus regarder et m’aider à y voir un peu plus clair.

Quelle est la part d’improvisation dans le spectacle, est-ce que tout est écrit ?

Non, déjà parce que par rapport à ce qu’on avait prévu j’ai oublié 2/3 choses ! Mais ce n’est pas grave, je les ferai demain ou après-demain. C’est pas ça le truc. Ce qui est pas mal, c’est que comme c’est un mélange de théâtre et de chansons, l’idée c’est que si on décide de faire quelque chose, c’est qu’il y a une raison pour la faire, d’être là, de chanter ça. Et donc c’est un parcours. Mais après, oui, il y a beaucoup de choses improvisées. Au milieu de choses écrites, c’est vraiment le mélange des deux. Et puis beaucoup de choses vraies… d’autres fausses ! D’où le «Ne faites jamais confiance à un cow-boy» de l’histoire.

C’est étonnant, on aurait plutôt pensé à un indien pour Cali ?

Oui, c’est pour ça que ma petite fille est venue déguisée en indien ! Non, c’est sûr, mais j’aime bien l’expression «Ne faites jamais confiance à un cow-boy», parce que ça veut dire « Ne faites pas confiance à un con » quelque part, à quelqu’un qui vous raconte des conneries. En gros c’est ça.

Mais il y a plein de références perso quand même : Johnny Cash, le poster de Joe Strummer et le 1er album du Clash…

Ah Joe ! J’avais fait une autre tournée solo il y a quelques années. Dans ma chambre d’adolescent il y a toujours eu ce poster de lui qui était là. Et puis une fois j’ai joué dans un temple, le temple Saint Etienne à Mulhouse. Je me souviens des gens qui étaient assis sur les bancs, et je n’avais rien d’autre que des bougies et Joe Strummer avec moi. C’est tout. Je chantais avec Joe Strummer, comme ça. Et à la fin j’ai réussi à demander au pasteur de lire du Léo Ferré pendant que je l’accompagnais. Les gens écoutaient ça et je me suis dit «Le monde est magnifique» !

Justement, ici, on a parfois senti que le public ne savait pas trop à quoi s’attendre : du théâtre, un concert ? On applaudit maintenant ou à la fin ?

L’idée c’est que quand on aime bien quelqu’un on ne se pose pas la question. Moi si j’aime bien un acteur et que je vais le voir au théâtre, c’est jamais la même pièce. Je ne connais pas la pièce. Là c’est pareil ! Il y a 95% de nouvelles chansons. Donc j’étais quand même très ému parce que quand j’en jouais une, je me disais «C’est la première fois que tu la joues devant des gens». Pour moi c’est très fort. Alors évidemment, quand on est chanteur on a envie que les gens sautent partout parce qu’ils connaissent les chansons. Mais je l’ai déjà fait ça. Donc j’ai envie d’autre chose maintenant. Et puis je vieillis et j’aime bien l’idée de me dire que… Tiens, il y a des exemples. Quand on prend les plus grands, quand on prend quelqu’un comme Bowie : il allait toujours enfoncer des portes nouvelles et nous surprendre. Donc l’idée est là. Et puis il y a un petit risque quand même, c’est ce qui m’anime aussi, qui me donne envie de continuer en fait.

C’est pour ça qu’on est sur ce format de tournée : des petites salles, peu de dates ?

Oui il y a quelques dates jusqu’en juin, mais après il y a les festivals. Et on reprend la tournée sur le format groupe rock. Puis tout l’automne, et même 2023 ! Et puis celle-ci va évoluer, le cow-boy va évoluer, je finirai en indien et puis voilà ! (rires).

Ces morceaux vont finir sur un nouvel album alors ? Dans cette épure ou ils seront ré-orchestrés ?

Non, non, il y a des petits arrangements mais les morceaux que j’ai joués seront comme ça. J’ai écrit 25/26 chansons et on verra. Par exemple, la chanson sur ma fille Micha n’est pas enregistrée parce que je l’ai écrite il y a 4/5 jours. J’avais envie de la faire parce que je savais qu’elle était dans la salle. Après il y a des chansons où mon ami Steve Wickham, le violoniste des Waterboys, est venu enregistrer quelques titres avec moi à Perpignan. Un guitariste flamenco est lui aussi venu faire quelques parties. Mais très très très épuré en fait. Quand je dis Johnny Cash… Je me suis levé un matin et je me suis dit « Mais pourquoi cette course, passer en radio et tout ça ? » Cette course effrénée contre quoi ? Pourquoi ? J’ai envie de faire quoi ? J’écoute Johnny Cash, beaucoup, j’écoute Bob Dylan, du Springsteen aussi. Alors je me suis dit « Je vais faire mon Dylan et mon Springsteen catalan maintenant ! » (rires). 

Laurent Bruguerolle

 

 

 

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