Révélé par des riffs incandescents et une alchimie magnétique, le duo lyonnais bouscule les codes du genre avec une insolence salvatrice. Il se livre ici sur le processus créatif et l’énergie viscérale qui anime son dernier projet “Cavalcades : ce que la nuit ne dit pas”.
Pourquoi avoir choisi le nom “Cavalcades” ? Est-ce une métaphore de votre ascension fulgurante, ou plutôt une référence à une fuite en avant effrénée ?
Maëva : Pour moi, c’est effectivement plus une fuite en avant. Le titre “Cavlacades”, est venu en deux temps. Nous avions d’abord écrit une chanson qui portait ce nom-là, que nous n’avons finalement pas retenue pour l’album. “Cavlacades”, c’est la chevauchée incontrôlée dans Bandit Bandit, et de par nos caractères, ce nom me semblait à point nommé. Car, c’est très similaire de qui nous sommes Hugo et moi au quotidien, à savoir plutôt des rebelles. La prose m’a beaucoup aidé dans l’écriture de cet album.
On sent dans cet album une ouverture vers des textures plus pop et psychédéliques, tout en gardant votre ADN rock. Comment avez-vous abordé la production pour trouver cet équilibre ?
Hugo : Bandit Bandit a toujours eu ce mélange de rock et de chanson française. Après, c’est une histoire de curseur, certaines chansons vont être plus rock, d’autres plus pop. La volonté sur cet album était une production plus naturelle que sur l’album précédent. On a toujours eu la volonté d’écrire de faire des formats pop et d’y mettre des guitares.
Vous assumez de plus en plus la langue française. Est-ce que chanter dans votre langue maternelle a changé votre manière d’interpréter vos morceaux sur scène ?
M : En tant qu’interprète j’ai vraiment grandi avec la chanson française et cela m’a paru tout à fait naturel de le faire. J’écoutais en boucle Jacques Brel quand j’étais gamine et j’ai grandi avec cette culture-là donc je me sens tellement proche de ça. Aujourd’hui, ça me semblait naturel de s’inscrire dans ce qui m’a fait grandir.
H : Dans l’histoire de Bandit Bandit, l’épisode en anglais a été très court. Sur les deux premiers EP, nous avons essayé deux titres en anglais. Du coup, chanter en français pour nous c’est une force. Nous ne reviendrons donc plus en arrière. Notre musique hybride peut parfois faire peur à certaines personnes, mais nous revendiquons haut et fort, notre bannière de rock français !
Est-ce que “Cavalcades” est à voir comme la bande-originale d’un film que vous auriez imaginé ensemble ?
M : oui complètement avec le ‘sous-titre’ de l’album, il y une réelle volonté littéraire et cinématographique, de nourrir l’imaginaire.
L’album aborde des sujets forts comme le désir, l’addiction ou la désillusion. Est-ce que l’écriture a été une forme d’exutoire après ces dernières années de tournée ?
H : Depuis toujours en fait, nous avons utilisé la musique pour communiquer avec Maëva, pour défendre aussi des causes qui nous sont chères et qui nous touchent.
M : Mon rapport à l’écriture date de l’âge de mes 8 ans, et j’ai ce besoin viscéral de m’exprimer par les mots.
Entre vous deux, comment se passe la répartition ? Est-ce que l’un arrive avec un riff et l’autre avec une mélodie, ou est-ce que tout naît d’une improvisation commune en studio ?
H : Il n’y a pas vraiment de règles et nous avons testé quelque chose de nouveau pour cet album. D’habitude j’ai quelques riffs de guitare dans mes tiroirs, je faisais des démos, Maëva proposait des textes. Très vite sur cet album, nous sommes allés voir Lionnel Buzac, et nous avons travaillé avec lui sur la composition en se laissant aller.
Il y a une dualité constante dans vos morceaux. Quel titre de l’album a été le plus difficile à « dompter » pour arriver au résultat final ?
Nous dirions le texte du morceau “Opaline”, qui n’a pas été chose aisé, car il aborde le sujet de l’avortement de Maëva.
On sait que l’esthétique est capitale pour Bandit Bandit. Comment avez-vous travaillé le visuel de cette nouvelle ère pour qu’il colle à l’urgence de “Cavalcades” ?
Nous avons travaillé avec une directrice artistique : Axelle Gomila. Ce que nous avons beaucoup apprécié chez elle, c’est qu’elle ne vient pas du tout de l’esthétique rock. A l’image, ça donne des couleurs plus brutes : des roses pâles, des gris bétons, des blancs étincelants, ce qui colle au son du disque.
Si vous deviez choisir un seul mot pour définir ce que représente ce disque dans votre carrière, lequel serait-ce ?
L’intimité pour Maëva et la résilience pour Hugo.
Céline Dehédin
Le 06/11/2026, dans le cadre du festival Rade Side, au Live – Toulon (83) et le 09/12/2026 au Rockstore – Montpellier (34).
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Site officiel de l’artiste : banditbanditband.com
📸 Bandit Bandit par Margot Berard.
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