Le 12/07/2024 au Palais des Congrès – Saint-Raphaël (83).
La famille Jackson est vraiment une famille incroyable qui a donné plus de stars à la black music que n’importe quelle autre et c’est sur cet exceptionnel héritage que le groupe actuel The Jacksons capitalise aujourd’hui encore. Ce groupe d’abord baptisé The Jackson 5, s’est ensuite appelé The Jacksons après une brouille avec le directeur de la Tamla Motown, un des deux labels historiques de la Soul Music aux USA. Aujourd’hui on retrouve 3 membres de la famille : Jackie, Tito et Marlon Jackson mais c’est surtout la quantité surréaliste de standards qu’ils peuvent interpréter sur scène qui attise la curiosité que ce groupe exerce sur le grand public. Ici on ne parle pas de succès d’estime mais de chansons qu’une majorité des êtres humains sur terre peut fredonner, de Stockholm à São Paulo, Lagos, New York ou encore Saint Raphaël.
Avant que le concert commence, on sait déjà qu’on va partir pour un show à l’américaine conçu pour le grand public, le funk version “La croisière s’amuse” avec l’option cabine luxe, hublot et terrasse privative. Bien sûr si vous allez voir Funkadelic, Nile Rodgers & Chic ou encore Maceo Parker, niveau funk et authenticité vous serez mieux servi avec une musique de musicien pour un public plus averti. Je dois reconnaître qu’entendre “Shake your Body”,” I want you back”, “I’ll be there”, “Blame it on the boogie” et ma préférée “Love one another” composée avec Stevie Wonder vous scotche émotionnellement, et ce, qu’on soit un curieux ou un amoureux passionné de la black music comme moi qui a déjà vu les plus grands groupes de funk en concert. Chaque spectateur ressent à chaque instant qu’il assiste à quelque chose qui touche davantage à l’histoire qu’au présent et cela valorise l’expérience. Bien sûr remplacer Michael Jackson vocalement n’est pas simple et plusieurs membres du groupe s’y essaient avec cependant beaucoup d’humilité et sans réelle assurance. Ce qui était rafraîchissant au milieu de ce show millimétré. Cela vient rappeler l’immense artiste qu’il a été et qu’il continue d’être aux côtés de Bob Marley, les deux archanges de la black music qui planent au-dessus des centaines de talents qui ont fait cette musique.
Le show est entrecoupé par une vidéo très émouvante qui raconte l’histoire de la famille Jackson, pour valoriser l’héritage déjà évoqué. Si personnellement je n’ai rien appris de cette histoire qui me berce depuis des décennies, ce n’est pas le cas du public présent ce soir-là qui est reparti des étoiles dans les yeux, avec la sensation d’avoir assisté à un voyage historique en black music, une visite au Hall of Fame de la pop célébrité.
Bien sûr, j’aurais personnellement aimé un concert plus libre, que ce soit au niveau musical ou de l’organisation même de l’événement qui le guinde un peu. Trop de policiers municipaux à chaque coin, trop de vigiles, pompiers, agents d’accueil ou autre personnel, très sympathique au demeurant, mais pesant un peu sur l’ambiance et le ressenti des spectateurs qui ont dans ces conditions un peu de mal à se lâcher pour accompagner la ferveur de cette musique funk, symbole d’extraversion et de liberté d’expression.
Vous l’aurez compris ce concert ne se destinait pas au genre de mélomane expérimenté que je suis mais à un public plus large, qui pour la majeure partie découvrait avec les yeux écarquillés une partie de cet héritage unique mais aussi la magie d’une musique funk bien interprétée par ceux qui l’ont en partie inventée. J’y ai tout de même passé une excellente soirée, c’est donc mission accomplie pour la Mairie de Saint Raphaël, qui j’espère s’appuiera sur cette réussite pour libérer un peu l’organisation et faire davantage confiance au public pour trouver sa juste place et le laisser un peu s’émanciper avec plus de liberté.
Je juge aujourd’hui la réussite d’un concert au fait que les mélodies vont vous imprégner au point de les avoir toujours en tête plusieurs jours après l’événement. Et ce matin en écrivant, je continue à être habité par l’œuvre des Jacksons, ces hymnes au plaisir de vivre qui se logent au plus profond de centaines millions d’âmes dans le monde et qui ont sûrement contribué à en faire de meilleures personnes. Merci.
Emmanuel Truchet










