SELENE SAINT-AIME

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#NVmagLiveReport

Le 03/03/22 au théâtre Alexandre III –Cannes (06)

La pluie de l’après-midi a malicieusement cessé afin de permettre aux amateurs de musique de se rendre, sans se mouiller, à ce nouveau Jeudi du Jazz cannois.
La chanteuse et contrebassiste Sélène Saint-Aimé est accompagnée ce soir, sur sa gauche par le saxophoniste cubain Irving Acao, le percussionniste martiniquais Boris Reine-Adélaïde assis sur son tambour bèlé et, sur sa droite, par les quatre cordes du violon de Mathias Levy et celles du violoncelliste Guillaume Latil. Contrebasse et cello en pizzicati, voix qui psalmodie presque. Puis la frappe des mains sur le tambour, enfin rejoint par les deux autres musiciens. Dès les premières mesures on est pris dans l’ambiance si spéciale de la musique de la chanteuse. Une grande douceur! Ils poursuivent le set par le titre éponyme de l’album paru en 2020, « Mare Undanum ». Mer des ondes, (l’un des cratères de la lune) quel beau titre pour un spectacle musical. Sélène Saint-Aimé prend le temps de nous présenter chaque morceau ou presque. Ainsi, celui qui suit « Moves », est écrit par un batteur américain quelle affectionne particulièrement, Doug Hammond. Un long passage à cappella pour finir, avant d’enchaîner sur un « Valsa-Choro », un thème écrit par Villa Lobos qu’elle a adapté pour un trio à cordes. Elle nous présente en avant-première, un titre du prochain CD, « Ezili », divinité vaudou haïtienne, déesse de la féminité. Magnifique air, lancinant qui se transforme un peu plus tard en duo scat-percussion de toute beauté. Etonnant tambour traditionnel que Boris Reine-Adélaïde joue avec les mains, ou les mailloches tout en modulant, de temps à autre, la frappe avec les pieds. Le set se terminera par une composition de Mussorgsky qu’elle a arrangée pour le groupe et qui part dans une belle impro free où la main gauche de Guillaume Latil descend tout en bas, au-delà même du manche, sous l’œil amusé de Mathias Levy qui ne s’en laisse pas compter. Un double rappel avant de quitter la salle. et de venir échanger quelques mots avec le public dans l’entrée du théâtre qui peu à peu se vide.

Merveilleuse découverte d’une artiste qui mêle avec passion, jazz, musique traditionnelle, improvisée à la poésie. Et quelle voix, en anglais, en français ou en créole.

Jacques Lerognon

 

 

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