Découvrez le compte rendu du Peillon Jazz Festival.
Les 05 et 06/07/2026 sur la Place Arnulf – Peillon (06).
Dimanche 05/07/2026
Quatre sets par soirée pour ce 6ème PJF. Le premier commence peu après 17h30 sous un chaud soleil qui convient fort bien au nouveau projet Mano Figa du trompettiste Nicolas Gardel qu’au Timba a la Americana du pianiste cubain Harold López-Nussa qui le suivra. Nicolas Gardel accompagné de ses acolytes Arthur Guyard : Piano, Thomas Boude : Contrebasse et Julien Garin : Percussions décline quelques titres de son dernier album. Une musique chatoyante caliente inspirée par ses voyages en Amérique du sud où il a retrouvé les origines de sa famille.

Une partie du voyage est déjà faite pour arriver à Cuba où nous attendent Harold López-Nussa. Les pieds frétillent dès les premières notes des los dos hermanos Harold (une main sur le Rhodes, l’autre sur le piano) et Ruis Adrion aux baguettes. Thibaud Soulas assure un tempo aussi précis que chaloupé derrière sa contrebasse. Mais le plus surprenant est la présence de l’harmoniciste suisse et virtuose Grégoire Maret. Son harmonica chromatique, souvent survolté, donne des tonalités surprenantes dans ce jazz cubano. Pas de nostalgie mais beaucoup d’émotion dans le dernier thème Tierra mia. Nicolas Gardel remonte sur scène pour ce final.



On en aurait voulu plus mais déjà les techniciens préparent la scène pour celui que tout le monde attend Kyle Eastwood. Un concert en mode cinéma, Eastwood by Eastwood, des musiques de films de Clint jouées par Kyle et ses quatre compères anglais. « Cool Blues » de Charlie Parker, extrait de « Bird » puis un thème de John Williams dans la « Sanction ». Puis vient le tour de Lalo Shiffrin, « Dirty Harry » et « Magnum Force ». On apprécie tout particulièrement les battles des soufflants : Quentin Collins au bugle et trompette contre ou avec Brandon Allen aux saxophones. La nuit est maintenant tombée, c’est l’heure de la ballade langoureuse avec le thème de « Gran Torino » co-écrit par le père et le fils. On change de compositeur avec le Maestro Ennio Morricone, pour le final avec le thème de Pour quelques Dollars de plus et la fameuse intro à la contrebasse. Mais, tonight only, Kyle Eastwood est en duo avec les cigales qui se tairont quand après le piano et la batterie, les deux cuivres entrent en jeu. Le rappel est encore du Morricone et du Sergio Leone : « Le Bon, la brute et le truand ». Le fameux riff finement exécuté par la trompette suivie du ténor. Kyle a troqué la contrebasse pour une électrique à cinq cordes. Puis, après cette longue séquence de cinéma, Kyle Eastwood passe derrière le rideau.



Les techniciens s’affairent de nouveau, le piano reste en place pour Rolando Luna mais il faut installer l’orgue de Laurent Coulondre et les cymbales d’Arnaud Dolmen. The Getdown peut prendre place. Un super groupe original à deux claviers, une batterie. Une heure de rythme, de fun, d’échange. Des compositions venues de La Guadeloupe, de La Havane mais aussi du blues. Et même du classique, le pianiste avec sa fantaisie habituelle nous offre quelques intermèdes à sa manière issues de partitions de la grande musique, mais vite du bout des pieds sur le pédalier Laurent Coulondre relance la machine à groove. Puis, comme on l’espérait, les deux frères Lopez-Nussa rejoignent le trio pour une jam pur sucre de canne fermentée. Quatre baguettes, Rhodes, piano, orgue, la nuit promet d’être chaude mais déjà les navettes redescendent les premiers festivaliers vers la plaine.



Lundi 06/07/2026
Parmi les quatre groupes de cette soirée de clôture, trois auront un accordéon et trois auront des musiciens niçois. Le parrain André Ceccarelli sera de la fête et présentera son nouveau quartet. Les cigales sont également invitées. Honneur aux dames, c’est le Aurore Voilqué Balkan Ladies Connexion qui débute la soirée. Six instrumentistes et chanteuses Aurore Voilqué (violon – France) – Eleftheria Daoultzi (Qanun – Grèce) – Debi Botos (guitare – Hongrie) – Julia Hornung (contrebasse – Allemagne) – Ezgi Elkirmis (percussions – Turquie) – Maryll Abbas (Accordéon – France). Du jazz dans l’esprit de Django avec des influences de méditerranée, des Balkans et de bien ailleurs. Le groupe est tout jeune mais déjà il swingue d’une étonnante façon. Une musique dynamique, entraînante qui abolit les frontières et redonne espoir en la fraternité.



Habitué du festival (il en est l’un des organisateurs) Thomas Layrac nous présente depuis quelques années son trio et ses compositions. Thierry Chausse est à la batterie, Gilles Triquenot à la contrebasse et en invité Thierry Faure à l’accordéon sur quelques titres. Le répertoire du pianiste est assez mélancolique sur des tempos plutôt lents. On voit le sourire poindre quand il évoque sur son clavier sa petite fille qui grandit. Le rythme s’accélère pour le dernier thème, ironiquement intitulé « Pressé de ne pas en finir ».



Il laisse la scène à André Ceccarelli et ses amis. Un nouveau quartet où Adrien Moignard est à la guitare, Rémi Vignolo à la contrebasse et le fidèle Stéphane Belmondo à la trompette et bugle. Dédé qui s’approchait de sa batterie (celle de son père nous dit-il) avec précaution, semble être un autre homme (lui-même !) dès qu’il a les baguettes (et balais) en mains. Des reprises de thèmes connus, de standards qui le sont moins. Dès l’intro du deuxième morceau, André Ceccarelli nous gratifie de l’un de ses solos aussi magiques qu’époustouflants que ses trois complices du soir n’osent interrompre. Petit moment de grâce, d’intimité alors que Dédé quitte la scène un moment : « Amersky » interprété en duo par Rémi Vignolo et Stéphane Belmondo, dédié à la mémoire de Sylvain Luc. Mais la joie de jouer reprend le dessus jusqu’à la fin du set où le parrain recevra un gros gâteau de petits choux pour fêter dignement ses 80 ans.




Puis vient l’heure du final, le dernier set du festival avec celui que l’on espérait depuis la 1ère édition, Vincent Peirani, son accordéon et son Living Being IV au grand complet. Tony Paeleman au Rhodes et piano ; Emile Parisien au soprano ; Julien Herné à la basse et Yoann Serra à la batterie. Cela commence en très basse lumière, on distingue à peine les silhouettes des musiciens. Puis quelques notes émergent du Rhodes bientôt rejoints par le sax soprano puis la basse. Les baguettes sur les cymbales donnent le La à l’accordéon. Ils enchainent « Le Cabinet des Enigmes » avec « Physical Attraction » puis « L.L ». et son riff de basse colossal. « Clessidra » nous permet d’entendre de très belles parties de Tony Paeleman sur le magnifique Bösendorfer. Vincent Peirani aime faire des reprises qu’il met à sa sauce. Trois d’un coup : « Under Pressure » (Bowie/Queen), « Glory Box » (Portished) et « I Want You » (The Beatles) qui deviennent une entité à part du pur Living Being. Ils finissent avec une longue suite en 3 parties « Time Reflections » qui semble vouloir durer jusqu’au bout de la nuit
Rendez-vous pour le 7ème puisque Jean Marc Rancurel, Monsieur le maire a déjà acté de celui-ci à l’entracte !




Jacques Lerognon
facebook.com/PeillonJazzFestival
#NVmagLiveReport










