NICE JAZZ FESTIVAL – vendredi

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Le 15/07/22 au Théâtre de Verdure – Nice (06)

Assez naturellement, le festival commence par son inauguration. En présence de Robert Roux, adjoint au maire de Nice, Sébastien Vidal, Directeur Artistique et Frederica Randrianome, directrice du Festival. C’est aussi l’occasion pour Nicolas Arbibe, président de la Maison Ferret de remettre un bijou créé spécialement pour la chanteuse Lady Blackbird.

Place à la musique, avec le quartet du pianiste sud-Africain Nduduzo Makhathini. A ses cotés le saxophoniste étasunien Logan Richardson. On notera que Ndududzo est aussi enseignant, chercheur et shaman. Pas étonnant alors que l’on passe assez vite d’un jazz de facture classique à un jazz plus « Spiritual », à la façon dont Coltrane le concevait. Et là, Logan Richardson fait merveille. Sa sonorité, son phrasé tout en retenue vient compléter à la perfection les parties de piano qui bientôt font place à une transe, renforcée la voix du pianiste. Des musiques qui proviennent essentiellement de leur dernier CD, “Modes of Communication : Letters from the Underworlds”, le premier à paraitre sur le mythique label Blue Note. Alors qu’il annonce un dernier morceau, inspiré par les émeutes de Soweto, Nduduzo Makhathini est contraint par le temps et doit laisser la place au staff technique qui s’affaire pour préparer le prochain concert.

Celui du sextet italo-franco-américain d’Emile Parisien venu nous présenter son dernier projet chez ACT Music « Louise ».  Et c’est d’ailleurs par ce titre qu’il commence leur set. Aux côtés du saxophoniste, deux amis fidèles, le pianiste italien Roberto Negro et le guitariste Manu Codjia. Soutenus par une paire rythmique de la scène New-Yorkaise, Joe Martin à la contrebasse et Nasheet Waits à la batterie. En invité spécial, le trompettiste nommé aux Grammy Awards en 2020, Theo Crocker. Nouveau groupe, nouvelle musique, Emile Parisien n’est jamais las de chercher de nouvelles voies pour raconter les sons qu’il a dans la tête. Chez lui, la virtuosité est un moyen jamais une fin, il installe des dialogues parfois à l’unisson avec la trompette. Les morceaux prennent toujours le temps de se construire à l’écoute des autres. Le swing est toujours à portée de notes même si la musique exigeante de Parisien peut en laisser pantois certains. Memento que Parisien a écrit pour sa maman permet à Roberto Negro quelques stavaganza à même les cordes de son piano et un somptueux solo en esprit rock de Manu Codjia. Ils finissent par Madagascar, une reprise d’un thème de Joe Zawinul qui signe une filiation musicale.

La soirée s’achève avec Christian McBride & Inside Straight. Le contrebassite qui est un fidèle du Nice Jazz nous dit qu’il a l’impression de jouer à la maison en montant sur cette scène du Théâtre de Verdure. Certains spectateurs, un peu échaudé par « Louise » retrouve ici un jazz des plus classiques. Piano, saxophone et vibraphone sur le devant, la contrebasse du maestro et la batterie en arrière.

On entend moins les vibraphones sur les plateaux des festivals de jazz. C’est donc un immense plaisir de voir les mailloches de Warren Wolf frapper les lames de métal. Piano ou saxophone prennent le relais pour jouer les mélodies. Le swing guette la moindre occasion pour faire un tour sur scène et le public l’accompagne d’un léger balancement de la tête, du torse ou des jambes. Le blues est lui aussi en embuscade et permet à McBride quelques belles envolées sur ces quatre cordes. Du jazz, messieurs, dames, du vrai, nous dit-on!

Jacques Lerognon

 

 

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