Le 26/07/2025 au Théâtre de Verdure et sur la Place Massena – Nice (06).
La scène du Théâtre de Verdure est éclairée par un beau soleil estival quand le chanteur Tyreek McDole entre avec son groupe. Il commence par jouer quelques notes sur un synthé avant de prendre deux instruments de percussions puis le micro. Il chante des anciennes compositions d’Alice Coltrane, d’Horace Silver et, « Lonely Afternoon », un vieux blues popularisé par Ray Charles avec une voix chaude aux intonations soul et folk. Moment presque intime en piano-voix, « Lush Life » écrit par Billy Strayhorn. La fin du set est un peu moins convaincante, plus sirupeuse. Mais il n’a que 25 ans, laissons-lui le temps.


Nubya Garcia avait déjà enchanté le public lors de son premier passage, sur cette même scène, en 2019. On la retrouve avec un nouveau quartet : Mark Luthert à la contrebasse, Lyle Barton au piano et Sam Jones à la batterie. Elle a bien assimilé toutes les influences (jazz, soul, caribéen, r’n’b, musiques urbaines) et s’est créée un style personnel, original et sans artifice. Un son de ténor groovy qui aime à monter dans les aiguës. Des titres de son dernier album, « Solstice » ou « We Walk In Gold » et d’autres du précédent. Elle a une belle complicité avec Lyle Barton, pianiste expressive et volubile. Hélas, le set se finit trop vite, elle est un peu coupée dans son élan par la montre, mais, n’en doutons pas, elle reviendra vite.


21h45, Christian McBride va célébrer son mentor, l’un des plus fameux contrebassistes du 20e siècle, Ray Brown dans un trio qu’il forme avec le pianiste Benny Green et le batteur Greg Hutchinson. Une trop courte heure pour évoquer un musicien qui a enregistré plus de 200 albums et joué avec les plus grands. On a l’habitude de les voir toujours très bien habillés, ce soir ils sont en tenue casual selon l’expression de McBride, leurs valises n’ayant pris le même avion qu’eux. Cela ne les empêche nullement de nous délivrer un set impeccable d’un jazz old school qui ravive des souvenirs à une partie du public et donne à l’autre l’envie de fouiller dans la discothèque des parents. Greg Hutchinson a une frappe assez virile mais il sait aussi s’amuser avec le public. Après « That’s All » magnifique ballade ou « Captain Bill » un thème que Ray Brown avait dédié à Count (William) Basie, les voilà déjà repartis en coulisse.



Les techniciens s’affairent, il faut préparer le plateau pour The Cookers. Sept musiciens, autant de pupitres et bien plus de micros. Puis, les voilà qui rentrent sur scène, démarches légèrement traînantes mais ils tous passés les 80 ans, Billy Harper (sax), Eddie Henderson (trompette), George Cables (piano), Cecil McBee (contrebasse), Billy Hart (batterie) & Donald Harrison (sax) à l’exception du benjamin le trompettiste David Weiss qui n’en a que 60 ! Après avoir joué avec le gotha du jazz américain pendant plus de quarante ans, ils ont formé The Cookers il y a plus de 15 ans et ils tournent encore dans le monde entier. Il est assez naturel de les retrouver au Nice Jazz Fest et de profiter de leur formidable expérience. Du hard bop au cool. Un très haut niveau de musicalité. Des passages très écrits à sept puis des solos qui se succèdent pour le plus grand bonheur du public. Sagement, entre deux chorus, ils vont s’asseoir sur une des chaises placées à droite mais ils ne quittent pas des yeux leurs camarades de jeu.
Un All-Star vétéran pour un final en swing majeur.
Jacques Lerognon
📸 Nubya Garcia par Jacques Lerognon.













