Les 29/07/2025 et 03/08/2025 au Cloître du monastère de Cimiez – Nice (06)
Deux soirées du Nice Classic Festival, dans le merveilleux cloitre du Monastère de Cimiez, une carte blanche donnée à la cheffe d’orchestre et violoniste Stéphanie-Marie Degand, le 29/07. Le 03/08, l’orchestre philharmonique de Nice investit le lieu pour nous conter de belles pages de musique.
Au piano, Jean-Baptiste Fonlupt pour entamer la première soirée par quelques préludes de Rachmaninov, clairement écrits en hommage à Chopin. Interprétation souple et délicate pour ces courts morceaux tantôt mélancoliques, plus toniques à d’autres moments. Puis, rejointe par l’instigatrice de la soirée, Stéphanie-Marie Degand, violon et piano entament une des sonates de Beethoven, « Le Printemps », primesautière et remplie d’allégresse. Les instruments s’accordent parfaitement alternant confidences susurrées par l’un ou l’autre des artistes, contretemps subtils pour terminer par un rondo du plus bel effet. Le zéphyr souffle sur scène et envahit le cloître.


Après un court entracte, où le public s’égaie dans les jardins du monastère, place aux jeux d’archets en compagnie de la Diane Française, trois violons, un alto un violoncelle, une contrebasse, accompagnés d’un clavecin pour nous faire découvrir un concerto de Jean-Marie Leclair, violoniste et compositeur baroque très connu à l’époque, un peu oublié à l’heure actuelle. Sous la direction légère mais experte de Stéphanie-Marie Degand, c’est un moment de grâce limpide, d’images sonores chatoyantes. Comment ne pas terminer ce songe d’une nuit d’été, par deux mouvements des quatre saisons de Vivaldi, le printemps puis l’incandescent Eté. Introduits par les sonnets écrits par le prêtre roux, ces standards de la musique classique concluent joyeusement cette soirée.


Une programmation éclectique mais très équilibrée pour la soirée du dimanche 03/08. Tous composés au vingtième siècle, les morceaux choisis forment une gamme variée de cette période, tout en célébrant le thème de l’année, l’eau et la nature. L’orchestre philharmonique de Nice est dirigé pour ce concert par Marc Coppey qui saura de gestes courts et précis mener solistes et l’ensemble avec une précision redoutable qui n’exclura jamais la bienveillance vis-à-vis de chacun. C’est Ravel qui est tout d’abord à l’honneur avec son Tombeau de Couperin, l’on ressent tout au long des mouvements élégance et poésie dans cette pièce dédiée à ces amis morts pendant la première guerre mondiale, musique pourtant sereine, voire enjouée. André Peyrègne, qui présente la soirée, nous narrera l’histoire du célèbre morceau suivant : Le concerto d’Aranjuez, ici arrangé pour la harpe par la soliste Marie‑Pierre Langlamet, dont les notes et les trilles évoquent à merveille l’histoire d’amour que raconte la composition de Joaquin Rodrigo. Après le traditionnel entracte, un clin d’œil au jazz puis à la musique klezmer, joyeux et ludique avec à la clarinette le niçois (André Peyreigne aime à souligner l’origine locale des solistes !) mais très international Patrick Messina. Une bonne idée que d’avoir inséré des courts morceaux de Gerschwin, « qui fit du jazz en smoking » puis « Chalom Aleichem », » Riv Feidman » de Kovács. Une introduction vive et rythmée aux cinq courts mouvements de « Ma mère l’Oye » de Maurice Ravel, composés à partir des contes de Perrault : et, en effet, à travers l’interprétation chatoyante, chaleureuse, ludique de l’ensemble de l’orchestre, dont le public apprécia la cohésion et la précision, l’on suit le petit Poucet ou la Belle et la Bête. Le temps d’entendre le rare- et magnifique- contrebasson, quelques clochettes ( un glockenspiel ) et chants d’oiseaux. De bien belles images pour terminer ce concert.
Corinne Naidet & Jacques Lerognon



📸 Diane Française par Jacques Lerognon.










