JAZZ à RAMATUELLE : EMILE PARISIEN

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#NVmagLiveReport

Le 18/08/22 à l’espace Albert-Raphaël –Ramatuelle (83)

Le ciel est chargé en ce début de soirée, les organisateurs ont décidé délocaliser le concert au centre culturel Albert-Raphaël tout proche. Le Off, lui aussi, est impacté. Julien Dufour nous offre pourtant quelques notes de sax ténor, façon Ben Webster, avant de rejoindre le staff technique et la console lumière.

21h, Emile Parisien et ses acolytes prennent possession de la scène avec les premières notes de « Louise », titre éponyme de l’album sorti en janvier. Quelques notes de soprano vite rejoint par la trompette de Theo Crocker et la guitare de Manu Codjia. Piano, contrebasse et batterie entrent à leur tour dans une danse qui devient rapidement incandescente. Pour apaiser un peu les esprits, une ballade (enfin presque), « Jojo », dédié au pianiste allemand Joachim Kühn (il a partagé la scène avec Parisien dans le projet Sfumato). Riff à l’unisson, sax, trompette, guitare, avant les solos sur une jolie walkin bass de Joe Martin, puis une effervescence contrôlée qui mous mène au morceau suivant « Memento ». Une composition écrite par le saxophoniste pour sa maman.  Point d’orgue du set. Intensité du moment, des moments. Turbulence. Maelström de notes, d’émotions. De l’intro susurrée du soprano au chorus embrasé de Manu Codjia en passant par le fabuleux solo de Roberto Negro, sur les touches, pinçant les cordes à même le cadre, jusqu’au coude droit qui vient suppléer la main dans un final épique. C’est lui aussi qui signe le thème qui suit « Il Giorno Della Civetta » qui parait plus calme. Codjia joue du bottleneck sur un tranquille duo basse-batterie, comme une promenade faussement tranquille dans la campagne italienne. Comme Claudia Cardinale et Franco Nero dans le film portant le même titre, tiré du roman de Leonardo Sciascia. La fin du set est une reprise d’anthologie du « Madagascar » de Joe Zawinul. Là encore, la construction est parfaite. L’écoute entre les musiques est dense. L’heure tourne, il est tard mais nous avons droit à un rappel, la compo de Theo Crocker que l’on trouve dans le disque « Prayer 4 Peace ». Une prière païenne et musicale qui nous rend à la nuit.

Jacques Lerognon

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