JAZZ à JUNAS : YOM/ JASSEF – GOGO PENGUIN

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#NVmagLiveReport

Le 23/07/22 – Carrières de Junas (30)

 

18 heures, la place de l’Avenir porte bien son nom: en effet ce sont les stagiaires du Mini-Camp Musical, âgés de 6 à 16 ans, encadrés de bien belle manière par Elsa Scapicchi, Samuel Silvan et Bozo, qui nous font voir le jazz en couleurs : ils nous font ainsi voyager en bicyclette (belle version française de Bicycle Race de Queen) jusqu’à un certain sous-marin jaune aux accents « beatlessiens ». Entre temps, des poèmes, slamés, récités, des solos, duos, trios, de flûtes, percussions, clavier, un astral jazz à Junas, des chœurs, une cheffe d’orchestre encore toute petiote qui nous rassurent pleinement : la relève est assurée !

21h, une surprise, et quelle surprise, attend les spectateurs (les musiciens de Nubiyan Twist n’ayant pu se déplacer), les Carrières accueillent Yom et Léo Jassef, tout de noirs vêtus :  il est temps de voyager loin, en compagnie du clarinettiste et du pianiste. « Mon enfant ma sœur, songe à la douceur d’aller là-bas vivre ensemble ». Loin, haut dans le ciel grâce à la clarinette, qui boucle, virevolte, en des sons éthérés qui vont flirter avec des flûtes indiennes. Léo Jassef, dont l’écoute, l’attention portées à son partenaire est impressionnante, semble le ramener, encore et toujours sur terre, grâce à des accords de piano plaqués avec autorité et délicatesse. La clarinette, semble cent fois partir loin, en une transe charnelle, et le piano qui inlassablement l’ancre au sol. Une heure d’un dialogue ininterrompu, tout à la fois lourd de sens et léger comme un souffle, qui va chercher dans nos imaginaires, nos histoires personnelles. Quelques invitées se joignent au duo. Des cigales improvisant une section rythmique inattendue.  Et le public, étonné, conquis, sous le charme, se lève pour honorer en une belle standing ovation, le duo de musiciens. Une jolie balade en rappel et Yom et Léo Jassef s’éclipsent. Sur la pointe d’un son final.

Pour clôturer la soirée et le festival, le fameux trio mancunien GoGo Penguin.
Le pianiste Chris Illingworth et le bassiste Nick Blacka accompagné de leur nouveau batteur Jon Scott. Chris installe une boucle du piano, ad libitum qui s’étire en d’infimes variations sur lesquelles se posent les deux autres musiciens. Du Steve Reich avec batterie. Du Philip Glass avec contrebasse amplifiée et piano filtré.  Ils puisent leur répertoire dans le dernier CD et dans le nouvel EP « Between Two Waves » paru début juillet. Tout particulièrement « Ascent » où l’on peut apprécier un jeu à la contrebasse d’une très grande finesse. Nick Blacka fait toujours, tant dans son solo que dans sa ligne rythmique, une ou deux petites notes en plus auxquelles on ne s’attend pas. Il nous gratifiera en fin de set, comme pour finir le voyage, d’un magnifique chorus à l’archet, tout en bas du manche, à la façon de ses confrères guitaristes Steve Vai et consorts.

Sur un dernier rappel, les lumières du 29e Jazz à Junas s’éteignent dans les Carrières. Celles du bar restent allumées pour un bon moment encore.

Jacques Lerognon

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