FESTIVAL LES ÉMOUVANTES – Jeudi

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Le 23/09/21 –Conservatoire Pierre Barbizet –Marseille (13)

#NVmagLiveReport

Le premier concert du jeudi dans ce 9e festival Les Émouvantes, une petite salle hors du temps du conservatoire Barbizet de Marseille. Le projet Majakka ( Phare en finnois) du pianiste Jean-Marie Machado. A ses côtés, le celliste Vincent Ségal, le saxophoniste Jean-Charles Richard et le percussionniste Keyvan Chemirani. Leur musique, comme le précise le directeur artistique Claude Tchamitchian, en présentant le concert, est déjà en nous, même si on ne le sait pas encore. Sax baryton et violoncelle joignent leurs harmonies dès les premières mesures vite rejoint par les frappes sur les peaux tendues du zarb ou sur les petites cymbales. Le piano, un peu agrémenté, sonne métallique, comme une cithare pour nous embarquer vers une Bretagne houleuse, « Pierres Noires ». Le voyage continuera ainsi en passant par « La lune dans la lumière » et son superbe solo de cello à l’archet. Baryton et percussions assurent une rythmique sur laquelle le pianiste peut se laisser aller à quelques courtes improvisations avant de nous offrir un duo piano-zarb effervescent, « Galop Impulse ». Ils finissent le set avec un « Emocao de alegria » pas si joyeux que ça avant un rappel mélancolique « Outra Terra ». Et pourtant, on quittera la salle un grand sourire aux lèvres.
Suivait à 21h précise, l’organisation y tient, la fantasque et érudite « Petite histoire de l’opéra, opus 2 » proposée par le saxophoniste Laurent Dehors et son sextet. Des airs lyriques, fameux ou pas, revisités pour un groupe de jazz. On a changé de salle, (la salle Henri Tomasi ) il fallait ça pour faire tenir sur scène, un marimba-basse, un vibraphone, un xylophone, un glockenspiel, tout cela rien que pour Jean-Marc Quillet, le premier à s’installer. Puis arriverons de gauche à droite, Matthew Bourne derrière son piano, Laurent Dehors et sa guimbarde (mais aussi avec ses saxophones, clarinettes et musette), Michel Massot, maître du tuba et du trombone. Le guitariste Gabriel Gosse, accorde sa guitare mais rejoint le marimba, baguettes en mains. Enfin, au centre, devant, point d’opéra sans chanteuse, la soprano belge Tineke Van Ingelgem. Le répertoire va de Monteverdi à Bizet en passant par un compositeur flamand dont ils interpréteront le « Songe d’une nuit d’hiver » (Winternachtsdroom ) façon rap. On ne saurait raconter tout le spectacle (car s’en fut bel et bien un!). Du mambo, du Vivaldi. Chaque musicien amène beaucoup de fantaisie et autant de sérieux, on verra Gabriel Goose jouer en même temps de la guitare et… de la batterie. A la voix impeccable de la soprano, se rajoute les chœurs, souvent burlesques, des instrumentistes. Le final ne pouvait être que « la danse des sauvages » de Rameau avec un banjo enjoué et un trombone désopilant. Pas de bis mais un rappel avec un brin de guitare métal pour conclure en beauté.

Jacques Lerognon

Jean-Marie Machado « Majakka »

Laurent Dehors Sextet

1 COMMENTAIRE

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