Découvrez le compte rendu du concert de Emile Parisien
Le 21/07/2026, dans le cadre du Festival de Saint-Paul-de-Vence, sur la Place de la Courtine – Saint Paul de Vence (06).
Des cigales volubiles accompagnent l’entrée sur scène du quartet « Floating » d’Emile Parisien. Un nouveau groupe pour le saxophoniste, il est entouré par la contrebassiste australienne native de Malaisie Linda May Han Oh, le pianiste israélien Yaron Herman et le percussionniste franco-indien Prabhu Edouard. Une grande diversité de cultures et d’origine qui va donner une atmosphère originale à ce concert. Emile Parisien présente ses musiciens puis avec malice annonce qu’ils vont commencer par le premier morceau ! Piano et soprano entament le thème, tempo lent, les tablas et la contrebasse viennent ponctuer la mélodie. Mais vite le saxophoniste commence sa danse, les pieds sautillent, se posent sur la baffle, s’égaille dans l’espace et le sax voltige littéralement dans les airs sans pourtant quitter les mains du musicien. On aura – en quasi exclusivité – une grande partie du répertoire de l’album « Floating » dont la sortie est prévue en septembre sur le label Act Music. Un titre enjoué « Bonbon » précède une ballade orientale, un hymne à la paix « Olive Branch ». Emile Parisien a toujours un jeu très habité, avec les tablas et les vocalises (tacata tacaticata) de Prabhu Edouard, une transe s’installe très vite. Très discrète mais omniprésente, Linda May Han Oh fait claquer ses cordes dans l’intro du morceau suivant. Ils reprennent aussi une mélopée du Gurdjieff Ensemble « Asian Songs & Rhythms, No. 40 », on passe du Moyen Orient à l’Asie. L’heure du morceau final arrive, on n’a pas vu le temps passer, un hommage à Michel Portal qui nous a quittés récemment ; mentor de Parisien, il lui dédie toujours un moment dans ses concerts, une composition hybride, issue d’un thème de Parisien et d’un autre de Herman.
Bien sûr, ils ne pouvaient finir comme cela, ils reviennent pour deux rappels, « Badhra » initialement joué par Anouar Brahem et John Surman. Yaron Herman reprenant au piano la partition de oud (sublime). Le voyage se termine avec « Nusrat », en mode qawwalî, la musique du Penjab.
Le public debout tape des mains, « I do the groove, You do the move” lance Prabhu Edouard. Un jazz subtil, enjoué, vibrant. Plus que simples spectateurs, on a partagé un moment entre amis. Les cigales, elles, continuent imperturbables leurs polyrythmies.
Jacques Lerognon




Festival de Saint Paul de Vence
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