Antre intimiste à la programmation de choix, la Caverne Jazz est nichée dans une réserve d’antiquités, non loin de la Capelette. Créée et tenue par une poignée de passionnés, elle reçoit chaque semaine des invités virtuoses et variés de la note bleue, que le public, fidèle, savoure le temps d’un dîner.
Au sein du village des puces de Fifi Turin naît, en période covidée, l’idée de fondre un projet de salle de concert au sein même d’une boutique d’antiquités grandit chez une poignée d’amis antiquaires. Accueillant sporadiquement des soirées pour les clients et amis, le magasin au décor singulier semble alors idéal à l’ouverture d’un club confidentiel, dans une période de disparition des lieux de jazz phocéens. Ainsi est créée par la dizaine de vieux amis l’association porteuse de la Caverne Jazz, avec l’ambition d’être dans tous les clous dès le début, alors même que l’envie est de tenir le lieu secret et réservé aux vrais passionnés de jazz et au bouche à oreilles. Rapidement, la programmation glisse d’artistes locaux ou régionaux à nationaux et têtes d’affiche. Si la billetterie permet de soutenir la qualité de cette programmation, la Caverne Jazz est aussi un restaurant, les soirs d’ouverture, assurant un fond de roulement. La formule séduit, et attire un public fourni de fidèles comme de découvreurs, malgré l’excentricité de la salle, un soir de semaine environ.
La programmation se veut axée sur la composition et la création, et ouverte à la multitude des branches qu’offre le jazz, afin de satisfaire un large panel de goûts. Pour exemple, en juin, la Caverne recevra le génial trio jazz-swing-blue du Julien Brunetaud en featuring avec le trompettiste Malo Mazurié, le Salma Quartet, prometteur projet aux confins du be-bop et de jazz moderne, ou le quintet Pedacito, teinté de sonorités cubaines et orientales – (Et on nous souffle que certains membres de l’organisation rêvent d’accueillir le saxophoniste québécois Alain Caron !). Bien sûr, le fonctionnement de l’association ne tiendrait pas sans une armada de bénévoles à l’énergie intarissable, qui sont une douzaine par soirée d’ouverture. Affiliée au Centre National de la Musique, l’association vise aujourd’hui à être reconnue d’utilité publique (ARUP) pour développer moyens et projets, ainsi que rénover et améliorer les locaux et développer la promotion des formations locales et régionales à travers des résidences et des tarifs adaptés à tous les publics.
Lucie Ponthieux Bertram










