Connue pour son rôle de bassiste compositrice au sein d’Hyphen Hyphen, avec une Victoire de la musique à la clé, Line continue de travailler avec Santa qu’elle accompagne sur scène dans sa tournée des Zéniths. En parallèle, elle lance Kid Sophie, son projet solo.
Tu lances ton projet solo, Kid Sophie. Tu as déjà sorti deux singles. Est-ce que ça répond à un besoin de vivre par soi-même, de s’exprimer, une quête de liberté ?
Avec Hyphen Hyphen, nous nous sommes rencontrés à 15 ans et nous n’avons connu que ça parce que le projet a rapidement pris. Nous avons tellement appris et vécu beaucoup de choses à trois. Voir Santa lancer son projet m’a donné envie. Elle était bien dedans. Elle avait pris sa liberté. Pendant la tournée de notre troisième album « C’est la vie », j’avais commencé à écrire différemment, à composer avec ma voix en mélodie, à écrire des paroles sur des thèmes qui me touchaient personnellement. C’était très intime. Je me suis dit que ça devait passer par moi mais ça a mis du temps à se concrétiser. J’avais un dossier sur mon ordinateur avec plein de bouts de chansons. « Love Again » est arrivé comme ça, il y a trois ans. J’avais juste le couplet et le refrain. Il m’a fallu du temps pour prendre confiance en moi. J’avais envie de me lancer mais ça me faisait un peu peur. Santa m’a poussée, Adam (guitariste d’Hyphen Hyphen) aussi. Ils m’ont aidée et je me suis dit que c’était le bon moment.
Tes textes sont torturés et intimes. En quoi était-ce différent d’écrire avec Hyphen Hyphen ?
En réalité, c’est hyper intéressant d’écrire à trois. Il y a des phrases qui ne veulent pas dire la même chose pour chacun ou chacune d’entre nous. C’était un peu un jeu. Je pense que ça me permettait un peu de me cacher. Et je crois que j’étais arrivée à un stade de ma vie où je n’avais plus envie de cacher des choses. Je n’avais pas envie non plus de faire dire ces choses à Santa, parce que c’est elle qui chante en lead dans Hyphen Hyphen. J’avais envie que ça passe par ma voix. Je crois que ce projet est un peu un journal intime et ça fait du bien.
Ta voix, qu’on reconnait puisque tu faisais les chœurs dans Hyphen Hyphen, est éthérée et vaporeuse dans Kid Sophie. Tu as choisi l’autoproduction. Pourrais-tu en dire plus ?
Je ne me suis pas vraiment posé la question. J’aime bien tout faire. J’aime bien geeker. J’adore les prods et c’est vrai que j’aime bien la place que j’ai mis à ma voix. J’ai eu beaucoup de soucis avec ma voix. Je suis quelqu’un de très gêné et, de la laisser parler et chanter, ça a été un long processus. J’aime bien qu’elle soit à l’intérieur des instrus. Je trouve que ça traduit bien ce que racontent les morceaux. Je dis que je suis un peu perdue et je trouve que la voix un peu noyée dans plein de nappes permet de ressentir ça.
Tes deux premiers singles sont en anglais. Comptes-tu t’essayer au chant en français ?
Oui, je suis d’abord allée naturellement vers l’anglais parce que j’aime bien écrire en anglais. J’adore la sonorité. Une fois, je suis rentrée super tard chez moi. J’ai pris ma guitare et j’ai commencé à écrire un morceau qui s’appelle « Mes Nuits ». Il est en français et sera sur mon EP. C’est arrivé par surprise. J’ai trouvé cet exercice différent. Je me sens plus vulnérable quand je chante en français mais j’adore le chanter sur scène. Je l’ai déjà fait plusieurs fois et je me sens maintenant assez à l’aise et confiante. En tout cas, je ne veux pas chanter en français parce que c’est plus pratique pour passer à la radio, ce genre de trucs. Je pense que s’il y a une démarche artistique, il faut la suivre et s’écouter. Je n’ai pas envie de forcer les choses. C’est sorti comme ça et j’ai trouvé ça beau. Je me suis dit : « Oh dingue, j’ai fait ça. OK, cool ».
Tu as mentionné un EP à venir. C’est pour bientôt ?
J’aimerais bien. Après, vu que je fais tout un peu solo au niveau de la prod, je n’ai pas envie de me presser. Je veux que ça soit bien. Je veux être fière de mes chansons.
Sylvain Falcou
Site officiel de l’artiste : facebook.com/KidSophie
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