Ancien du collectif Colombine, Lujipeka signe avec “Brûler Paris” un album intime de rupture et de reconstruction. Entre pop, rap et influences multiples, il affirme ainsi une nouvelle liberté artistique et une identité plus personnelle.
Tout d’abord, tu es un ancien membre du collectif Columbine, avec un look un peu métalleux, mais quelles sont tes références et goûts musicaux ?
Même si le côté métalleux ne se résume pas qu’aux cheveux longs j’ai effectivement écouté beaucoup de choses plus jeune. Pas mal de rock mais pas forcément du métal, plus de la musique électronique. J’ai toujours écouté beaucoup de choses afin de pouvoir m’en inspirer et mélanger tout ça dans ma musique. Que ce soit depuis Columbine et aussi sur “Brûler Paris” qui s’éloigne pas mal du rap.
C’est un album de sortie de virage social et humain, de rupture et de reconstruction. Tu l’as écrit suite à une rupture amoureuse, une fracture du bras et une rupture avec la vie parisienne. Un album charnière dont tu dis que c’est ton véritable premier album personnel.
Exactement. Il y a quelque chose de très cohérent dans l’histoire, qui marque une période importante de vie. Et faire cet album m’a aidé à traverser ce moment, à raconter vraiment ce que j’avais sur le cœur. C’est vrai que c’est sans doute mon album le plus construit en tant qu’album. Il y a quelque chose de très symbolique pour moi.
En grande partie autobiographique, tu as même créé un alter égo, Antonio, histoire de te dévoiler un peu plus sans le faire véritablement. D’ailleurs, le titre “La vie d’Antonio” est forcément très personnel et très marqué de références musicales, cinématographiques et littéraires qui montrent que tu te nourris de plein de choses.
Oui complètement, toujours. J’aime beaucoup le cinéma, je lis beaucoup et je me nourris de beaucoup de musique comme je te le disais en début d’interview afin de mettre le tout dans mon disque. Et ainsi pouvoir effectivement créer ce personnage, comme un double maléfique qui injecte une part de colère dans la création.
Tu as pensé à tout lâcher avant la création de cet album, est ce que tu penses que se perdre est la meilleure façon de se trouver ?
C’est une belle phrase. Oui je pense qu’il y a de ça. Après il faut aussi savoir mettre des limites. Quand j’ai commencé à m’éloigner un peu, cela m’a ouvert d’autres portes qui ont fini par m’inspirer et m’ont donné de vite retourner en studio et de comprendre que ma vie c’est la musique. Ce qui est cool là dedans c’est de sortir d’idées trop établies pour revenir avec un autre état d’esprit.
Tu as vécu donc pas mal de montagnes russes pendant la création de cet album (question clin d’œil au précédent album de Lujipeka vous l’aurez deviné) une pause à la fois voulue et forcée. Écrit-on mieux quand ça ne va pas ?
Globalement je pense que oui. Il y a un truc plus inspirant dans la mélancolie. Pour moi les plus belles chansons qui ont été écrites sont souvent des chansons tristes.
“Brûler Paris”, c’est brûler ses illusions, c’est ce que tu dis en interview quand on te demande pourquoi ce titre. Quelles sont les illusions que tu brûlerais en premier ?
Celles sur la vie d’artiste et le succès qui va avec. Et bien sur les illusions amoureuses !
Ne serait ce pas, comme on le dit parfois, l’album de la maturité ?
(rires) Un peu finalement, ça a fini par arriver.
La pochette est très représentative de l’album, on y voit ton plâtre, qui symbolise la colère et le tatouage que tu as sur les doigts (L.O.V.E.) qui ouvre une porte positive. Une volonté de montrer une ambivalence, un équilibre insolent de la vie ?
Oui exactement, je voulais quelque chose d’assez parlant, par forcément apparaître sur la pochette. Il y a une ambiance un peu plus sombre dans cet album, c’est aussi mon premier en indépendant. J’ai voulu marquer une rupture visuelle en plus de celle de la musique, dont je trouve que cette photo symbolise tout cela et elle raconte bien l’histoire de l’album.
Comme tu viens de le dire tu es maintenant en indé, donc seul maître à bord, même si je me doute que tu as une équipe autour de toi. Est ce qu’il y a un gros changement dans la façon de travailler un album et sa projection sur scène ?
Complètement. Je me suis éloigné des codes de l’industrie musicale et de son côté « cahier des charges » pour vivre à fond mon histoire.
Et cette liberté d’action ne met pas plus de pression sur les épaules quant aux objectifs que tu te fixes ?
Beaucoup plus mais c’est très intéressant à faire. Ça correspond bien à ce projet en tout cas.
A l’avenir cela changera peut-être mais pour cet album il était important qu’il prenne naissance de cette façon.
Une tournée avec déjà pas mal de dates, avec entre autres une date importante à Paris à l’Accor Aréna, comment appréhendes-tu des grosses dates comme celle-là ? Une pression supplémentaire sur un tel événement ?
Pas tant que cela. Plus l’envie de proposer un show unique. J’ai fait quelque chose de très gros lors de mon Zénith, donc je réfléchis à comment passer un step au-dessus. C’est principalement de la réflexion de mise en scène.
Est-ce de plus en plus difficile de faire une set list idéale des chansons que tu vas chanter ?
Ce n’est pas évident, mais je pense que nous avons trouvé le bon équilibre entre les anciennes chansons et celle du nouvel album. Que ce soient les chansons en groupes ou celles en solo. Il y aura toujours des gens pour me demander des chansons un peu inévitables pour eux, mais je pense que nous avons le bon cocktail.
Un album entre musique urbaine et pop. Penses tu que ton prochain album sera dans la même veine et que tu continuera à t’éloigner de la musique urbaine ou pas du tout ?
C’est un peu au feeling, suivant mon état d’esprit. Il y a peut être des influences un peu plus rock dans ce que je fais en ce moment mais je n’ai pas pour autant prédéfini la suite.
Dans une interview radio l’animateur t’a parlé de célèbres duos mêlant musique urbaine et rock, comme Run Dmc et Aerosmith pour ne citer qu’eux. Aimerais tu toi aussi faire un titre dans le même style avec un groupe de rock ?
Carrément ! Ça serait bien cool. J’ai toujours bossé avec des gens qui viennent d’univers artistiques différents.
As tu une idée de groupe avec qui tu aimerais travailler ?
Je n’en ai pas en tête la, mais en même temps je trouve que les groupes de rock les plus intéressant sont souvent anglophones, ou français mais qui chantent en anglais. Et ce n’est pas un mariage que j’aime beaucoup sur un titre. Il va falloir que je creuse la scène rock française.
Franck Inizan
Le 15/04/2026 à l’Espace Julien – Marseille (13), le 16/04/2026 à Paloma – Nîmes (30) et le 17/04/2026 au Centre Culturel Alb’Oru – Bastia (20).
Site officiel de Lujipeka : lujipeka.store
📸 Lujipeka par Enzo Lefort.
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