DATA

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Petit havre de musique(s) expé nichée dans la Rue des Bon Enfants, Data est depuis 20 ans un de ces lieux qui ont fait de l’indépendance, de l’associatif et de la singularité passionnelle des traits d’éthique ancrés et salvateurs. Si le collectif a racheté ses murs et vu son équipe évoluer au fil des ans, l’identité du lieu, de ses choix, de son public et de ses ambitions programmatrices persistent : Data est unique.

En 2004, le petit local du centre-ville sert dans un premier temps de salle de répétition. Consécutive à l’ouverture de sa sœur de cœur l’Embobineuse, Data reçoit rapidement les projets dont les formats ne collent pas avec l’espace ou la sonorisation de cette dernière. C’est ainsi que le lieu “écrin” commence à recevoir des projets méticuleux et portés sur l’écoute, ainsi que du public. Assez vite et jusqu’à aujourd’hui, le lieu abrite également des logements. Avec le temps et les réseaux, le lieu se fait (re)connaître comme un temple des musiques expérimentales, et nombre de ses hauts représentants s’y produisent. Post-Covid, coup dur : le propriétaire veut vendre le local pour améliorer sa retraite. S’ensuit un événement aussi surprenant que formidable : l’appel à dons lancé par la salle – en cette période où les exemples d’émancipation fleurissent, à l’image de la Déviation ou de l’Embobineuse – parvient à réunir une somme suffisante au rachat de ses murs. Après cette tempête, plusieurs membres historiques laissent leur place, mission accomplie, à du sang neuf.

L’équipe actuelle compte un noyau de 5 à 6 personnes, principalement concentré sur la parité de la programmation et l’inclusivité du lieu. Tous les mois, la programmation est votée par tous les membres du collectif (à partir d’une liste de propositions ouverte à tous), ainsi que la répartition de l’équipe – une vingtaine de bénévoles – aux différents postes techniques et d’accueil nécessaires au bon déroulement des soirées de diffusion dans la petite salle. Si l’équipe a évolué, Data maintient des choix d’amplification restreinte par respect pour le voisinage, et privilégie les propositions expérimentales, singulières ou inouïes. Bidouille, rareté, encore en travail… Les projets à part sont choyés, l’écoute pour fer de lance, et l’équipe met un bon paquet d’amour dans son accueil d’artistes et de publics. À l’image de nombre de ses cousines phocéennes, le lieu a pour frein régulier les finances, et espère pouvoir effectuer des travaux de réfection nécessaires dès que possible.

Lucie Ponthieux Bertram

datamediatheque.org

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