ORELSAN

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 Fan de mangas et de films de Van Damme, Aurélien Cotentin, alias Orelsan, est devenu une figure de proue du rap français. Entre albums à succès, programmes télévisés, et cinéma, l’artiste est sur tous les fronts et ne cesse d’enchainer les succès. Retour sur l’ascension du rappeur caennais.

« Changement » : de « Saint-Valentin » au disque de platine

C’est sur la toile que le jeune caennais s’est fait connaître. Après la publication, en 2006, du clip amateur « Ramen » sur Youtube, il connaît un succès avec « Saint-Valentin » qui ramène du public sur son MySpace. Il signe en 2009 chez le label Wagram et sort son le titre « Sale Pute » (qui lui vaudra une première polémique) et son premier album « Perdu d’avance ». Loin d’être prémonitoire, cet opus lui vaut un succès critique et lui permet, quelques années plus tard, de sortir « Le Chant des sirènes » où il poursuit son introspection et sa critique de la société avec une nonchalance qui devient sa marque de fabrique. En 2012, l’album est certifié disque de platine avec plus de cent mille exemplaires vendus.

« Ils sont cools » : le succès des Casseurs Flowters

En parallèle de sa carrière solo, le duo qu’il forme avec Gringe, de son vrai nom Guillaume Tranchant, est aussi une véritable réussite. Les deux lascars se connaissent depuis 2000 et ont multiplié les projets ensemble. Aidé par le beatmaker Skread, qui compose la majorité de leurs morceaux, ils sortent une première mixtape en 2004 : « Fantasy : Épisode-1 » avant de faire paraître, des années plus tard, l’album « Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters ». Les deux rappeurs y racontent une de leur journée lambda, du réveil difficile à un coucher mélancolique tout en passant par des moments de grosse flemme, à travers dix-sept morceaux. En 2015, soit deux ans plus tard, ils récidivent avec « Comment c’est loin », racontant une journée durant laquelle ils doivent impérativement composer un single pour satisfaire leur producteur. Cet album, que l’on compare volontiers à un buddy movie, donnera d’ailleurs lieu à un film du même titre.

« Des histoires à raconter » (et à filmer) : Orel à la télé et au ciné

Comme tout bon rappeur, Orelsan multiplie les casquettes. Loin de se contenter de la musique, celui qui se fait volontiers passer pour un loser est en réalité un bourreau de travail. En 2015, il rejoint Canal + avec son acolyte Gringe dans le programme court « Bloqué », co-écrit avec Kyan Khojandi et son frère Clément Cotentin. Sous forme de sketchs courts, le duo met une fois de plus en avant son côté loser et flemmard et n’hésite pas à accueillir des célébrités, comme leur pote Jonathan Cohen dans le rôle de Serge le mytho. La même année, le rappeur enfile sa casquette de réalisateur et écrit, avec Christophe Offenstein, « Comment c’est loin », fondé sur l’album du même nom et mettant en scène une journée des Casseurs Flowters. On note que le fan de mangas fait aussi des doublages pour « One Punch Man » et le long métrage « Mutafukaz » en compagnie de Gringe. Cette année 2021, nous l’avons enfin retrouvé à l’affiche de « Montre jamais ça à personne », un documentaire en six épisodes retraçant sa carrière, réalisé par son frère et Christophe Offenstein et diffusé sur Amazon Prime Video.

« Quand est-ce-que ça s’arrête » : polémiques et poursuites judiciaires

Ses textes ont valu au rappeur plusieurs polémiques et poursuites. Tout commence en 2009 avec « Sale pute » qui ne sera pas du goût des associations féministes qui le traineront en justice. Il ne sera relaxé qu’en 2016. De même, sa mini-série « Bloqués » fut accusée par les militantes féministes de véhiculer une image stéréotypée de la femme voire d’être sexiste. On lui reprocha d’ailleurs d’être misogyne. Cela n’empêcha pas le succès critique de celle-ci. En effet, pour nombre de commentateurs, cette série fut saluée pour son humour impertinent et décalé, tout à fait dans l’esprit Canal + (de l’époque).

La fête n’est jamais finie : poursuite de ses projets solo

Contrairement à ce qu’annonce le titre de son album « La fête est finie », paru en 2017, rien ne semble terminé pour Orelsan. Après nous avoir redonné les bases dans son impressionnant clip « Basique », tourné en Ukraine et s’attaquant à une intelligentsia médiatique ne donnant que des informations « simples et basiques », le rappeur sort un nouvel album « La fête est finie » qui devient double disque de platine. Il n’hésite pas à multiplier les featurings, de Stromae à Ibeyi en passant par Nekfeu offrant un album riche, plus ouvert à d’autres genres musicaux, notamment l’électro. Plus sombres que ses précédents opus, on retrouve tout le sarcasme et le cynisme du rappeur qui aborde cette mélancolie désabusée que l’on peut ressentir au moment de devenir adulte. Une manière pour Orelsan de poursuivre son introspection.

Suicide social partie II ou le succès de « Civilisation »

Cette année 2021, Orelsan revient avec « Civilisation » qui, en seulement un mois, devient triple disque de platine. À l’écoute de morceaux comme « Manifeste » ou « l’Odeur de l’essence », on ne peut s’empêcher de penser à son « Suicide social », présent sur « Le Chant des sirènes », dans lequel il se met à la place d’un personnage en dépression et énonce toute une série de clichés et de critiques à l’égard de toute les classes sociales. Dans son nouvel album très politique, on retrouve en effet cette condamnation de la sphère sociale dans un rap misanthrope qui n’épargne personne, des gouvernants aux manifestants. Une société sans nuance, violente, inégalitaire que le rappeur déplore amèrement. Mais « Civilisation » ne relève pas que de la critique sociale. Il est aussi un album d’introspection où le rappeur partage sa vie actuelle, déclare son amour à sa femme ou encore confesse ses défauts.

Note pour plus tard : et après

Aujourd’hui, est venue pour Orelsan l’heure des tournées dans toute la France. Même si la plupart de ses concerts ont dû être décalés à cause des restrictions sanitaires, on a hâte de retrouver tout l’énergie du chanteur sur scène et l’ambiance folle que provoque les spectacles de ce véritable showman. Pour l’instant, l’artiste n’a pas dévoilé de nouveaux projets. Mais une chose est sûre, on n’a pas fini d’entendre parler d’Orelsan.

Marie-Ange Galangau

Le 05/05/2022 au Dôme – Marseille (13), le 06/05/2022 au Palais Nikaïa – Nice (06), le 19/06/2022, dans le cadre du Festival de Nîmes (30) et le 21/07/2022, dans le cadre du festival Jardin Sonore, au Domaine de Fontblanche – Vitrolles (13).

www.orelsan7th.com

 

 

 

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