BRUCE SPRINGSTEEN

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Si on vous dit « Le Boss » en musique, vous répondez : Springsteen, of course. Il fait partie des artistes ayant le plus vendu de disques au monde en dépassant les 140 millions de vente, avec 21 albums studio et 23 live. Bruce incarne Springsteen à la perfection, personne ne peut rivaliser dans ce rôle. Décortiquons le personnage et le scénario musical qu’il écrit depuis un demi-siècle.

Pourquoi ce surnom ? 

Au début de sa carrière, quand il jouait dans les bars du New Jersey où il est né le 23 septembre 1949, c’est lui qui collectait l’argent à la fin des concerts et qui s’occupait de répartir la recette. Ces musiciens ont trouvé ce surnom histoire de lui passer un peu de pommade. Dans un premier temps, il détestait cette appellation. Ils seront plusieurs chefs des States à lui accorder un très grand respect, car le Boss à travers son art est tout aussi puissant et inspirant que les politiciens. En 2016, Barack Obama dit en lui remettant la plus haute décoration civile qui est la médaille présidentielle de la liberté : “Je suis le Président, mais lui, c’est Le Boss » . Le 21 mars 2023, Joe Biden, lui remet à son tour la National Medal of Art, la plus haute récompense remise à un artiste au nom du peuple des États-Unis. Depuis, heureusement qu’il l’a accepté surnom grandiose à la hauteur de l’homme qu’il est.

Le commencement

En 1964, le jeune Bruce âgé de 14 ans découvre Les Beatles, Le King Elvis Presley devant lequel sa façon de se mouvoir l’émerveille. Puis aussi Bob Dylan pour la poésie de ses textes et sa philosophie politique.C’est le déclic, il sait à ce moment précis qu’il veut faire de la musique. C’est sa maman (l’institution féminine et l’amour d’une mère) qui lui offre sa première guitare tandis que son père lui est moins convaincu (il l’a dû l’être ensuite tout de même). Il fonde son premier groupe The Castiles à 14 ans, puis Steel Mill où il devient un virtuose de la guitare. Il est repéré ensuite par le découvreur de talents John Hammond qui justement avait fait de même pour l’auteur-compositeur de “Like a Rolling Stone” et de la célèbre Aretha Franklin. “Greetings from Asbury Park, New Jersey”, son premier album, sort en 1973. David Bowie en a d’ailleurs repris deux sans les faire apparaître sur ses albums.

Le son de l’Amérique

Sur le parvis du Capitole en 2009, il chante “The Rising” (2002) pour l’investiture du premier président noir américain. Pour la symbolique, se faire accompagner d’une choral gospel fût judicieux, faisant référence aussi à l’esclavage aux USA. Cette chanson raconte l’ascension d’un pompier dans les attentats du 11 septembre 2011. Inspirant, tous les 10 ans, Bruce  sort un titre qui crée le choc des générations. Il a son actif 19 Grammy Awards, le premier en 1984 pour la meilleure performance vocale rock masculine pour “Dancing In The Dark”, en 2006 pour le meilleur album folk traditionnel avec “We Shall Overcome-The Seeger Sessions” et en 2007 pour la performance instrumentale dans “Once Upon A Time In The West”. Il rafle les récompenses dans tous les domaines qu’il occupe.

“Born in a U.S.A.” (1984)

Une chanson qui pourrait passer pour un hymne national alors que c’est l’histoire d’un malheureux soldat américain qui revenu du Vietnam, se voit délaissé par la société. C’est loin d’être un titre nationaliste. Pourtant, le Boss, qui ne cache pas son côté démocrate, a dû s’opposer à deux reprises à des candidats républicains, qui voulaient l’utiliser à des fins politiques. Cela n’a pas fonctionné et ces derniers l’ont tout de même utilisé. Ce titre est ainsi une preuve de son génie. Il arrive à créer une différence entre la mélodie et les paroles. Sa musique raconte souvent l’histoire des délaissés du pays, ceux qui pour qui être américain est loin d’être un rêve, ceux qui peuplent en masse les 50 états fédéraux. Les femmes et les hommes de toutes ethnies se retrouvent dans ces chansons.

La star

En 1972, il se fait accompagner du groupe E Street Band, ses amis musiciens. En 1974, Jon Landau dévient son manager et en 1975 l’album “Born To Run” est reconnu comme un des indispensables du rock. 1977. Ensuite, il écrit le fameux titre “Because The Night” (1978) pour Patti Smith. En 1980, l’album au titre éponyme “The River” et le tube “Hungry Heart” le propulse au sommet. La production devient de meilleure qualité. Par la suite, il se reclus loin de tous pour composer “Nebraska” (6e album et 1er solo). Plus intime et il l’enregistre sur un magnétophone de l’époque avec juste une guitare, un harmonica et un tambourin. Moment fort en 1988, avec le fameux concert à Berlin-Est pendant plus de 4 h. Son discours aurait été influant sur la chute du mur. En allemand, il prononça: « Je ne suis ici pour aucun gouvernement, je suis venu pour jouer du rock ‘n’ roll pour vous, dans l’espoir qu’un jour toutes les barrières seront abolies. » En 1985, lors de sa tournée en France, il fit un chèque de 10 000 dollars au Bureau d’aide sociale de Saint-Etienne.

En route pour l’infini 

S’il y a bien une autre chanson qui nous a tous touchée, c’est “Streets of Philadelphia” pour ce fameux film avec Tom Hanks et Denzel Washington. Un oscar en 1993 et quatre Grammy Awards en 1994 lui sont décernés à cet effet. Finalement, le E Street Band est de retour. Les albums se cumulent et il se retrouve à la tête des ventes dans de nombreux pays comme avec “The Rising” (2002), “Devil And Dust” (2005), “Magic” (2007), “Working On A Dream” (2009), “Wrecking” (2012) et “High Hopes” (2014). En 2016, dans son autobiographie, on comprend pourquoi Springsteen a mis de côté sa carrière en 1988. Il y confie qu’ il est hypocondriaque et qu’il a des tendances dépressives. Après 10 ans de balades nocturnes où il conduisait jusqu’à sa maison d’enfance afin d’y rester planter pendant des heures, il s’est dit qu’il était grand temps de consulter. 

Plus grand que la vie

On dit de lui qu’il est perfectionniste. Il est capable d’écrire plusieurs chansons pour n’en faire qu’une. Artiste aux multiples facettes, il ne lâche jamais ses convictions. Dans les années 80 pendant la tournée “Born In A USA”, lui et son groupe ont voulu aller faire un tour chez Disney à Los Angeles. Leur visite fut assez courte, à peine après avoir fait quelques mètres, ils se sont fait stopper par la sécu. Elle leur demandait d’enlever leurs bandanas. C’était la guerre des gangs entre les Crips et les Bloods dont les membres étaient couverts d’un bandana bleu pour les uns et rouge pour les autres, pour être les leaders du crack à L.A. Le risque de provoquer des bagarres dans le parc à la reconnaissance de ce signe distinctif leur fut expliqué. Steven Van Sant, le guitariste et ami d’enfance de Bruce refusa, car il est atteint de calvitie. Il ne quitte jamais ce bandana pour la cacher. Solidaires, Bruce et ses compagnons s’y opposèrent également. De ce fait, ils partirent et Mickey entendit une symphonie de noms d’oiseaux fascistes. On peut comprendre la politique zéro risque du parc, mais il ne se fout pas à genoux pour ça. Qui est Le Boss après tout ? C’est Bruce Springsteen !

Valérie Loy

Le 25/05/2024 à l’Orange Vélodrome – Marseille (13).

brucespringsteen.net

Photo : Danny Clinch.

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