Responsable de la programmation culturelle à la Fnac pour la région Sud-Est (Nice – 06)
Ta personnalité, ton parcours ?
Petite, j’étais très introvertie. Aujourd’hui, je suis à l’opposé : je vais facilement vers les autres. C’est une liberté que j’ai acquise grâce à mon parcours et à mon métier. De manière générale, j’accorde beaucoup d’importance à l’humain. J’ai fait mes études à Nice, d’abord en langues étrangères appliquées (anglais et chinois), ce qui m’a permis de vivre un voyage mémorable à Pékin. Puis, j’ai bifurqué vers les sciences de l’information et de la communication. À l’époque, j’ai été stagiaire pour Nouvelle Vague, une expérience dont je garde d’excellents souvenirs. J’ai terminé mon master en communication au musée d’Histoire de Montréal, entourée d’équipes formidables qui m’ont initié à la médiation culturelle. En rentrant à Nice, j’ai rejoint la Fnac d’abord comme libraire puis comme responsable de la programmation culturelle. Je participe à la promotion d’œuvres littéraires, musicales ou théâtrales, et je choisis la programmation en fonction des opportunités dans chaque ville de mon périmètre.
Ta playlist:
– Album : Probablement un album des Beatles ou de Radiohead… Si je dois choisir celui que j’ai le plus écouté, qui m’a accompagnée dans des moments aussi mélancoliques qu’euphoriques, ce serait “OK Computer” de Radiohead. C’est peut-être le choix le plus consensuel pour les fans, mais c’est celui qui revient toujours à mes oreilles.
– Film : Difficile d’en choisir un seul ! J’apprécie particulièrement la patte des réalisateurs. J’aime beaucoup le cinéma des frères Coen et leur humour : “The Big Lebowski” est, pour moi, un chef-d’œuvre. J’adore aussi la filmographie de Quentin Tarantino, David Fincher et Denis Villeneuve. Après “Incendies” et “Prisoners”, “Dune” m’a époustouflée. Ah, et je suis une grande fan de la saga James Bond : j’ai hâte de découvrir le prochain volet, surtout s’il est réalisé par Villeneuve !
– Livre : Ce n’est pas très original mais “L’Écume des jours” de Boris Vian. Je l’ai lu pour la première fois à la fin du collège, et je ne pensais pas qu’on pouvait s’octroyer autant de liberté dans une fiction. J’ai eu un véritable choc littéraire : l’histoire est poignante et inattendue. C’est un conte surréaliste sur l’amour et la mort, une critique de la société moderne, tout en restant inventif et enchanteur. On ne peut trouver cela que dans un livre. C’est d’une cruauté ravissante.
– Concert : J’ai vu Nick Cave cet été au Palais des Festivals à Cannes, accompagné par Colin Greenwood. J’adorerais le voir cette fois avec les Bad Seeds aux Arènes de Nîmes en juillet 2026.
Ta plus grande émotion musicale ?
Ennio Morricone aux Arènes de Nîmes en 2018 : c’était magnifique. Nous avons eu une chance incroyable : après le concert, une dizaine de musiciens s’est attablée sur la même terrasse que nous, et a continué à jouer pour le plaisir de tous. Je pense qu’on était beaucoup à avoir les yeux mouillés. Une soirée vraiment inoubliable en amoureux.
Ton espoir pour le futur ?
Comme beaucoup, j’espère un monde plus apaisé. Nous vivons une époque très anxiogène, et j’aimerais que le bon sens reprenne sa place dans le débat public, notamment grâce à la génération montante. On ne leur donne pas assez la parole, alors que le vieux monde s’écroule et que le futur est à eux. J’ai la chance de travailler pour une enseigne qui œuvre pour la démocratisation de la culture et sa diversité. Nous recevons et soutenons des artistes émergents (compositeurs, interprètes, dessinateurs etc.) qui redonnent vraiment de l’espoir et du smile.










