THE STRANGLERS

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Zoom The Stranglers

Les Stranglers ont traversé les décennies, telle une comète, sans jamais perdre en luminosité ni en créativité. Jean-Jacques Burnel est désormais le dernier membre de la formation originale. Séance de karaté verbal avec lui, dont la verve savoureuse est toujours instructive.

Quel regard portez-vous sur l’ensemble de la carrière des Stranglers ? Vous étiez souvent incompris dans le milieu punk, surtout depuis l’arrivée du clavier au sein du groupe ?

Il y a eu une fracture momentanée au sein du mouvement punk, cela m’a un peu blessé, mais cela nous a permis de ne pas être dévorés par les modes, et de ne pas suivre une orthodoxie. On a évolué à notre façon et cela nous a permis de rester intègres avec des hauts et des bas. 

Le groupe ne s’est jamais enfermé dans un style particulier, peut-on parler d’une volonté de rupture avec une quelconque classification ou de liberté artistique commune ?

Beaucoup de groupes font la même chose. Nous, dès qu’on obtenait un certain succès, on essayait d’aller à l’inverse de ça. Le succès, c’est très séduisant, mais dès que tu trouves une niche, le fait de l’exploiter sans en sortir, je trouve ça malsain. Il faut que ça reflète la personnalité, je ne suis plus le jeune punk d’il y a 40 ans, sinon c’est la queue qui remue le chien et non l’inverse. 

Je ne sais pas quel est ton secret de jeunesse éternelle, tu as toujours ce côté beau gosse ! 

(rires) Peut être qu’on arrive encore à me reconnaître oui ! D’ailleurs j’en parle dans le dernier album dans le titre « The Lines » . 

Votre premier album solo “Euroman Cometh” reste encore une influence majeure pour de nombreux groupes pratiquant le Do It Yourself, que penses-tu de ce retour aux sources analogiques, aux sons bricolés en home-studio ?

Je trouve cela merveilleux, comment peut-on critiquer les gens qui font avec ce qu’ils ont, sinon de retourner au skiffle ? Tu sais, c’est facile avec toute la technologie de faire du son mais il faut le faire primitivement, la technologie ne remplace pas l’inspiration.

Vous avez travaillé avec Les Polyphonic Size et Taxi Girl, ces jeunes gens modernes, comment perceviez-vous ce qui se passait en France durant cette période ?

J’avais découvert pleins de groupes français : Metal Urbain, Taxi Girl, Charles De Goal, Asphalt Jungle. J’ai eu l’idée de faire une compilation qui devait s’appeler “Frogs”. Je venais souvent en France pour récupérer les bandes, j’étais aidé par Francis Dordor, un journaliste. Un jour, une maison de disques a demandé une avance financière pour ajouter les Edith Nylon sur la compilation et je n’avais pas le budget. J’étais tellement énervé que j’ai abandonné. Par contre, j’ai été en contact avec Taxi Girl et on a enregistré leur album “Seppuku”. 

Sur le dernier album, Dave Greenfield est présent sur huit titres, est-ce l’album le plus abouti de votre carrière ?

90 % du disque on l’a fait ensemble, et jusqu’à maintenant, même si c’est un peu tôt pour faire cette contestation, c’est le meilleur album depuis 30 ans. Dans ce disque il y a beaucoup de profondeur au niveau des textes, j’espère qu’il touchera les gens. Je ne veux pas perdre l’essence de la musique, ce n’est pas comme un job, mais c’est comme une mission. J’avais beaucoup à prouver aux Anglais et je crois que je poursuis cela.

Est-il prévu que vous produisiez des artistes prochainement ?

Pour le moment j’ai quelques propositions, mais vu le retard avec le confinement, j’aimerais pouvoir rejouer. Pourtant, j’aime bien travailler avec les autres, ça permet d’apprendre des autres en dehors de ta zone de confort. Quand je produisais d’autres artistes, cela me permettait de renforcer aussi les Stranglers par l’apport de nuances, de techniques. En ce moment, j’écoute Adrienne Pauly, une jeune chanteuse française qui m’a envoyé ses démos. 

Franck Irle

Le 03/12/2021 au Rockstore – Montpellier (34).

www.thestranglers.co.uk

 

 

 

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