THE JACKSONS

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Le 25/08/2022 dans le cadre du Festival Mouratoglou, au Mouratoglou Resort – Biot (06).
Certes, on peut toujours railler « qu’est-ce qu’un groupe de septuagénaires réduits à l’état de trio sans la présence de leur frère-devenu-idole Michael ni même celle de leur autre frère à succès Jermaine peut bien encore offrir d’autre qu’un piètre spectacle d’une tristesse nostalgique affligeante ? » Il est vrai que cette question, on est en droit de se la poser. Mais n’oublions pas une chose: ceci n’est pas un groupe anodin. Peu sont aussi habilités qu’eux à pouvoir défendre les lettres de noblesse de la fonction d’Entertainer avec un grand E, c’est-à-dire de savoir rendre heureux un public. Et en 53 ans d’expérience depuis leur premier tube, veuillez croire qu’ils connaissent bien les ficelles qui feront toute la différence entre eux et un autre groupe lambda. Et cette expérience scénique était bien là ce soir.
Curieusement, un prélude vidéo vantant les mérites de ce auquel on va assister se déroule sous nos yeux avant de démarrer directement sur « Can You Feel It ? », avec un arrangement bluffant de fidélité avec l’original. On a des pros à bord, c’est d’une évidence fulgurante. Inutile de prier le public qui quitte d’emblée les tables auxquelles il était sagement assis pour se ruer au devant de la scène. À peine une vingtaine de minutes plus tard, le concert fait une pause (!) pour faire place à un second interlude vidéo en mode mini-docu rose bonbon sur tous les membres de la dynastie Jackson et les proches de sa galaxie (inclus, les notoirement adorables Joe Jackson et Berry Gordy (hum hum), arborant leurs rares sourires pour l’occasion). On nous met dans le bain, on nous vend du rêve à la Disney: le show à l’américaine dans toute sa splendeur, ça fait partie de l’expérience Jacksons. Ils savent visiblement ce qu’ils font en faisant cela car en revenant sur scène, le public est encore plus en fusion avec eux. Bien joué, les frangins !
S’enchaînent donc les classiques attendus des Jackson 5 et Jacksons (avec, par contre, une impasse totale et difficilement compréhensible sur tout ce qu’ils ont sorti post-1981, soit: pas de « Torture » ou de « Body », et encore moins de « State Of Shock » ou de « Nothin' »), mais plutôt des clins d’œil au frérot disparu en interprétant intégralement son « Rock With You », et plus surprenamment son « Can’t Let Her Get Away » (dont le Marlon Jackson suractif sur un funk façon 80’s épique ne sont pas sans étrangement évoquer le style de Morris Day & The Time !), clôturant même le show sur « Wanna Be Startin’ Somethin' » au rappel. « I Want You Back » et « ABC » ont beau être des favoris, ils seront inexplicablement expédiés au sein d’un medley spécial Jackson 5 – mieux valait être fan des années ultérieures (même si « I’ll Be There » a, lui, été joué en entier). Le tout évidemment exécuté avec les pas de danse et la chorégraphie rodés depuis toujours, mais aussi l’assistance de musiciens ultra-carrés, leurs grooves funk si profondément enracinés dans leurs gènes que c’en serait presque injuste, qui en ont tellement sous le pied qu’on sent bien qu’ils se brident et qu’un concert de ce type n’est pour eux qu’un tour de chauffe. On aurait bien aimé les laisser partir en freestyle, il y a fort à penser qu’on n’aurait pas été déçus du voyage.
1h15 de show au total, auquel on soustrait les interludes vidéos, ça peut faire un peu court, en effet, mais chacun a donné son maximum, même Jackie qui s’est platement excusé de ne pas se sentir au top suite à un récent triple pontage. On ne pouvait que l’applaudir d’être venu quand même et d’avoir de surcroît chanté à tue-tête. Tout cela dans un cadre magnifique et une météo sous les meilleurs auspices: La magie Jackson est bien réelle !
Christopher Mathieu

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